Le terrain convoité par le CIUSSS se trouve à mi-chemin entre les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, juste en face de l’Hôpital général de Québec. Il est également situé à deux pas du parc Victoria et de la centrale de police.

Le site d'injection supervisée s'établirait près du parc Victoria

EXCLUSIF / Le choix du site des futurs services d’injection supervisée (SIS) de Québec serait pour ainsi dire arrêté. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale se dirigerait davantage vers le terrain bordé par les rues Saint-Anselme, Caron et Prince-Édouard, près du parc Victoria, que vers celui situé à l’angle des rues Sainte-Marguerite et Monseigneur-Gauvreau, près des bretelles Dufferin-Montmorency, a appris Le Soleil.

Selon nos informations, que le CIUSSS de la Capitale-Nationale ne confirme pas, les SIS verraient le jour dans un bâtiment neuf qui serait érigé sur un terrain appartenant au CIUSSS et qui sert actuellement de stationnement pour les employés de l’établissement.

Ce terrain se trouve à mi-chemin entre les quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, juste en face de l’Hôpital général de Québec, qui abrite maintenant un CHSLD. Il est également situé à deux pas du parc Victoria et de la centrale de police, voisin du commerce de meubles MA (Mobilier actuel), qui doit déménager (l’immeuble de MA est actuellement à vendre).     

L’organisme Point de repères, dont les locaux se trouvent déjà dans le secteur, sur Dorchester, pourrait déménager dans le nouveau bâtiment. Celui-ci abriterait aussi d’autres services de proximité reliés aux besoins des personnes utilisatrices de drogues par injection (UDI), selon ce qu’il a été possible d’apprendre. 

Le CIUSSS ne confirmant pas nos informations, il n’a pas été possible de connaître les coûts et les détails du projet, qui ne verrait pas le jour avant au moins deux ans. En attendant, un site d’injection supervisée temporaire pourrait être mis en place, nous a-t-on confié. Les personnes UDI pourraient donc être accueillies dans une roulotte installée sur le terrain du CIUSSS au cours de la prochaine année.

Au départ, le CIUSSS de la Capitale-Nationale devait installer les services d’injection supervisée plus à l’est, à l’angle des rues Sainte-Marguerite et Monseigneur-Gauvreau, près des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency. Ce choix avait soulevé les critiques de commerçants et de résidents du secteur, qui craignaient notamment la hausse du trafic de drogue et des rencontres plus fréquentes avec des personnes UDI.

Le «meilleur choix»

Selon le directeur général de Point de repères, Mario Gagnon, qui n’avait toujours pas reçu une confirmation des informations obtenues par Le Soleil, ce choix demeure le meilleur pour les utilisateurs de drogue par intraveineuse. 

«On espère que ça soit à cet endroit. Quand on a fait l’analyse des 23 sites potentiels, on leur a dit que c’était là qu’on voulait aller. Pour l’acceptabilité sociale et pour l’emplacement, on pense que c’est l’endroit idéal», explique-t-il.

Il rappelle que le précédent site près des bretelles rencontrait en fin de compte des problèmes techniques, principalement à cause de l’étroitesse des lieux. Il semble que l’endroit n’aurait pu contenir un bâtiment suffisamment grand pour offrir l’ensemble des services.

M. Gagnon a bien hâte de voir ce dossier réglé afin d’être mieux outillé pour venir en aide aux toxicomanes. Selon lui, il devient de plus en plus urgent d’aller de l’avant avec ce projet. «Ça fait 11 ans qu’on y travaille. Aujourd’hui, c’est pire que jamais. C’est l’été le plus rough en terme de besoins. On donne de la naloxone [arrête temporairement l’effet des opioïdes en cas de surdose] à tour de bras. Il y a de nouveaux produits sur le marché toujours plus forts. On en a plein les bras et les travailleurs de rue sont débordés», conclut-il.  Avec Jean-François Néron