Le site d’injection supervisé serait installé dans Saint-Roch, près des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency, dans un édifice neuf.

Le site d'injection supervisée dans Saint-Roch en 2018?

EXCLUSIF / Le site d’injection supervisée (SIS) de Québec aurait finalement pignon sur rue dans le quartier Saint-Roch, près des bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency. Il serait situé dans un édifice neuf sur un terrain appartenant à la Ville, a appris Le Soleil.

Selon nos informations, le SIS avoisinerait le site où Lauberivière projette de déménager, rue Xi’an, et le futur centre communautaire et sportif YMCA, qui ouvrira à l’automne 2019 sur le terrain de l’ancien cinéma Odéon.

L’adresse exacte et le coût précis du projet, qui s’élèverait à quelques millions de dollars, ne nous avaient pas été confirmés au moment d’écrire ces lignes.

Outre les locaux de Point de repères, qui s’occupera, en collaboration avec le CIUSSS de la Capitale-Nationale, du volet injection supervisée, le nouvel édifice abritera des espaces pour l’organisme PECH (pour Programme d’encadrement clinique et d’hébergement), qui y développera notamment des activités pour les personnes utilisatrices de drogues intraveineuses (UDI), et la clinique SPOT, dont les services de santé sont destinés aux patients marginalisés, non rejoints par le réseau.

Il ne s’agit pas d’un «mariage» entre les trois organismes, qui conserveront tous trois leur autonomie et leur mission respective, mais la proximité leur permettra de travailler en «synergie» auprès des personnes UDI, nous a-t-on expliqué. Le projet respectera l’incontournable critère d’acceptabilité sociale, ont également confié nos sources.

Le CIUSSS a refusé lundi de confirmer les informations du Soleil. Selon une porte-parole du CIUSSS, Catherine Chagnon, «il est prématuré d’avancer des lieux possibles». «Au moment opportun, la proposition développée sera présentée aux personnes concernées. De plus, le lieu doit faire l’objet d’une consultation. [...] Ces rencontres viseront également à informer les personnes concernées le plus adéquatement possible quant à la nature de l’offre de services d’injection supervisée dans leur quartier», a indiqué Mme Chagnon. 

En entrevue au Soleil, en octobre, l’organisateur communautaire Marc De Koninck et la Dre Nathanaëlle Thériault, qui chapeautent le projet pour le CIUSSS, avaient laissé entendre que le futur SIS serait situé au centre-ville, au sein d’un organisme communautaire ou dans un nouveau local entièrement consacré à cette mission, et qu’il serait développé autour d’infirmières, d’intervenants et de pairs aidants. 

«Il y a une hypothèse très sérieuse que ce soit [dans] des locaux opérés par un organisme communautaire, mais que ce ne soit pas nécessairement dans les locaux actuels», avait dit Marc De Koninck. Mais le SIS, avait-il insisté, «ce n’est pas juste une adresse civique, c’est une opportunité de développer un corridor de services, de permettre aux personnes UDI d’avoir accès à d’autres services de santé ou psychosociaux». 

La Dre Thériault et M. De Koninck s’étaient montrés prudents durant l’entrevue, non seulement parce que des ficelles restaient encore à attacher, que l’étape de la consultation n’avait pas encore eu lieu et qu’ils voulaient d’abord échanger avec la population concernée, mais aussi pour éviter toute récupération politique pendant la campagne électorale.

Toujours en octobre, le CIUSSS disait vouloir tenir la consultation en novembre ou décembre et présenter sa proposition au ministère québécois de la Santé avant la fin de l’année. Le projet, qui doit ensuite obtenir l’approbation de Santé Canada, se concrétiserait quelque part en 2018.