Le Salon de jeux déménage à Beauport

François Bourque
François Bourque
Le Soleil
Le gouvernement Legault va déménager le Salon de jeux de Loto-Québec de Fleur de Lys au Méga Centre de Beauport, le long de l’autoroute Félix-Leclerc.

Le bail a été signé il y a quelques semaines avec le propriétaire Great-West pour une occupation dans les anciens locaux du magasin Future Shop prévue en novembre 2021.

Loto-Québec y déménagera aussi son centre de paiement aux gagnants et des bureaux administratifs.

Les coûts de l’opération de déménagement ne sont pas connus encore, mais devraient être similaires à ceux du déménagement-réaménagement précédent (9 M$), estime Loto-Québec.

Le Salon de Fleur de Lys demeure ouvert d’ici là.

Le déménagement du Salon de jeux avait été promis par la CAQ lors de la dernière campagne électorale. L’objectif était alors d’éloigner celui-ci du voisinage défavorisé de Vanier et de Limoilou.

La CAQ songeait aussi à le rapprocher d’un secteur touristique, au centre-ville de Québec ou à Sainte-Foy pour attirer une nouvelle clientèle et générer de l’argent «neuf».

Dans les faits, les dommages au quartier Vanier que la direction de la Santé publique avait redouté au moment de l’installation du Salon de jeux à Fleur de Lys en 2014 ne se sont jamais concrétisés.

Les candidats de la CAQ avaient quand même pris l’engagement de déménager le Salon, engagement qu’elle honore aujourd’hui en s’appuyant sur un rapport commandé à KPMG.

Déception à Fleur de Lys

Le copropriétaire de Fleur de Lys, Jonathan Trudel, est évidemment très déçu de la décision du gouvernement.

«On ne comprend pas», dit-il. Le nouveau secteur à Beauport est un «endroit aussi vulnérable» au plan social que pouvait l’être Vanier, plaide-t-il.

Dans les faits, le rapport de KPMG estime que «l’indice de défavorisation» actuel de Vanier est de «5» alors que celui de Beauport est de «3» et celui du voisinage immédiat du Méga Centre Beauport de «1».

Ce portrait statistique n’a cependant qu’une portée théorique dans la mesure où la grande majorité des visiteurs au Salon de jeux ne provient pas du voisinage immédiat et que la présence d’un salon ne semble pas avoir d’impact négatif sur ce voisinage.

Le départ des 335 machines à sous du Salon Fleur de Lys ne sera pas «compensé» par le retour de vidéos poker dans les bars de Vanier, le quartier ne se qualifiant pas pour l’ajout d’appareils.

Le déménagement du Salon de jeux avait été promis par la CAQ lors de la dernière campagne électorale.

M. Trudel plaide que le secteur du Méga Centre Beauport n’est pas davantage une destination touristique que Fleur de Lys. C’est un fait.

Loto-Québec note pour sa part que le nouvel emplacement est situé le long d’un «parcours touristique» vers la chute Montmorency, l’île d’Orléans et Sainte-Anne-de-Beaupré.

Le départ du Salon de jeux représentera une «grande perte financière» pour Trudel Alliance.

Non seulement en raison des revenus de loyer perdus, mais aussi en raison de l’achalandage qu’il générait pour le centre commercial. Environ 600 000 visiteurs fréquentent ce salon chaque année.

M. Trudel n’a pas voulu quantifier cette perte financière «pour ne pas inquiéter ses banquiers», mais indique que le loyer perçu auprès de Loto-Québec depuis le début de la pandémie a permis de «soutenir de plus petits commerçants» qui n’avaient plus les moyens de payer le leur.

M. Trudel dit constater que «l’engagement électoral a été plus fort que la logique» dans cette décision.

Une décision d’autant plus décevante que «l’engagement de la CAQ n’est pas du tout respecté» avec le choix de Beauport pour le nouveau salon, estime-t-il.

Décevante aussi, ajoute-t-il, parce que le gouvernement qui dit prôner l’achat local, délaisse les locaux d’une entreprise propriété de citoyens de Québec pour s’installer chez un propriétaire ayant son siège à Toronto.

Le départ du Salon aura un impact sur la suite des choses à Fleur de Lys. Il forcera les frères Trudel à revoir le plan de réaménagement qu’ils s’apprêtaient à rendre public.

Le Salon de jeux était le «joueur majeur» du pôle de divertissement qu’ils espéraient y développer .