Le Saaremaa a traversé l’Atlantique avant de jeter l’ancre à Québec où il doit subir des travaux de mise aux normes.

Le Saaremaa prêt à naviguer à la mi-juillet [VIDÉO]

Le Saaremaa, récemment arrivé d’Allemagne, devrait être prêt pour remplacer le F.-A. Gauthier sur la traverse Matane–­Baie-Comeau–Godbout dès la mi-­juillet. Le bateau est en très bon état, aucun travail majeur n’est à faire. Ce qui demeure complexe est de répondre à toutes les réglementations de Transports Canada.

«C’est un navire extrêmement propre, on est très satisfaits de son état. L’important est de faire les travaux réglementaires pour le Canada, étant donné qu’il a été construit sous les normes européennes», souligne le directeur du bureau des grands projets de la Société des traversiers de Québec (STQ), Benoit Cormier, lors de la visite du navire présentement ancré au Port du Québec.

Ces travaux réglementaires impliquent des modifications aux sorties de secours, aux systèmes d’incendie et à l’éclairage de navigation. Toutes les consignes d’urgence et la signalisation doivent être indiquées en français (présentement toutes inscrites en allemand). Également, tous les éléments devront être fixés au sol, comme les chaises ou les tables.

«Ce sont des petits travaux à gauche et à droite qui sont sujets à inspection, il se peut que Transports Canada trouve d’autres travaux à faire également. La deuxième grande partie, c’est l’entraînement de l’équipage. On ne prendra pas de chances, je veux m’assurer, au-delà de tout ce qui est technique, qu’on soit capable de l’opérer de façon sécuritaire. Mes équipages vont pratiquer avec le navire, entre autres au niveau des procédures d’accostage», informe pour sa part le président-directeur général, Stéphane Lafaut.

Le plus important, maintenant que le voyage vers le Canada est terminé, est de mettre le navire en service pour les citoyens de la Gaspésie et de la Côte-Nord.

«J’espère qu’ils seront satisfaits, c’est une excellente nouvelle. Maintenant, ils vont pouvoir bénéficier d’un navire de relève moderne, de grande capacité», exprime le PDG.

L’objectif de la STQ est donc la mise en service du navire, le plus rapidement possible. 

L’un des enjeux plus complexes est d’ailleurs l’électricité, toutes les prises électriques étant européennes. M. Cormier informe que pour la mise en service, des adaptateurs seront à la disposition des passagers. La situation amène aussi un défi pour Internet et les télévisions.

Phase deux

Après la mise en service, une phase deux de remise à niveau sera effectuée plus tard, probablement en 2020, afin de rendre le navire conforme pour la STQ. On parle ici de l’aspect esthétique du navire et l’organisation de la cafétéria qui doit être aux normes de Santé Canada, entre autres. La finition sera la même que celle du F.-A.-Gauthier.

«Le Saaremaa est construit pour la glace, il a la puissance et la résistance qu’il faut. Dans l’entente de l’achat, tous les dommages causés par l’accident devaient être réparés, et tout est parfait», assure aussi M. Cormier. Le Saaremaa avait entré en collision avec un autre bateau en mars dernier, en Allemagne, ce qui avait inquiété quelque peu la population.

M. Lafaut avait parlé d’un délai de huit semaines, pour des travaux qui en nécessitent habituellement douze, avant la mise en service. L’échéancier est respecté pour l’instant.

Rappelons que le navire a été construit en 2010 et a une capacité de 600 passagers et de 150 véhicules.

Le point sur l’Apollo et le F.-A.-Gauthier

Le F.-A.-Gauthier est en arrêt depuis janvier dernier pour des problèmes de propulsion. La STQ est en discussion avec notamment ses assurances et procédera aux réparations dans les prochaines semaines. Les causes du problème n’ont pas encore été déterminées. 

L’idée de procéder à des travaux réglementaires prévus pour 2020 en même temps que ces travaux de réparation n’est pas écartée. Si la STQ a précédemment parlé d’un retour pour la fin du mois d’août, il se pourrait qu’il soit retardé. L’échéancier n’a pas encore été décidé.

Quant à l’Apollo, il se chargeait autrefois de la liaison Blanc-Sablon-Terre-Neuve. La STQ l’avait acquis en début d’année pour assurer la liaison Matane-Baie-Comeau-Godbout, en attendant le retour du F.-A.-Gauthier. Le navire n’a effectué que 17 jours de traversée avant d’être déclaré bon pour la casse en mars dernier. 

Le bateau construit en 1970 est présentement installé au Port de Québec. On connaîtra bientôt le sort qui l’attend.

«On a lancé un appel d’intérêt, on a eu des firmes qui nous ont contactés et il y a eu des visites. À la suite de demandes additionnelles d’information, on a étendu le délai jusqu’à la fin du mois pour que les firmes déposent leurs offres», a informé M. Lafaut.

Le pdg n’a pas pu préciser si la STQ allait récupérer de l’argent de la vente du navire. Il n’a pas non plus partagé le montant qu’il doit débourser chaque jour pour conserver le navire au port de Québec. 

«Dans le pire des cas, je vais devoir l’envoyer au recyclage. Cependant, si je peux le vendre à une firme qui est prête à l’opérer au Canada pendant un an, c’est ce qu’on s’est donné comme paramètre pour ne pas laisser le navire être opéré par une firme qui pourrait éventuellement en faire un déchet sur le bord d’une plage dans un pays», a-t-il ajouté.

Un nom féminin

Pour l’enregistrement rapide du navire, la STQ a choisi temporairement Saaremaa 1. Son identification officielle se fera lors de la deuxième phase de remise à niveau du bateau, qui se veut plus esthétique. Le nom n’a pas encore été trouvé par la STQ, mais M. Lafaut informe qu’il rendra honneur à une femme qui aura marqué son milieu.

«Éventuellement, il y aura un processus pour trouver un nom. On va le lancer lorsqu’on sera exactement à partir de quel port d’attache il pourra opérer. On a eu une certaine réflexion, et l’un des objectifs est de trouver un nom féminin.»

Un seul des bateaux de la flotte de la STQ porte un nom féminin jusqu’à maintenant.

Construit en 2010, le Saaremaa peut accueillir 600 passagers et 150 véhicules.