Situé en bout de ligne, dans un environnement boisé, le local de service de Marly est le seul aménagé dans un bâtiment isolé. Les chauffeurs demandaient depuis des années des améliorations. Des photos fournies par le RTC permettent de comprendre pourquoi : le bâtiment précédent avait des airs de bécosse.

Le RTC justifie le prix de ses stations tempérées et d’une toilette pour ses chauffeurs

Dans une contre-attaque visant l’opposition, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a justifié jeudi la facture de ses stations tempérées — une seule a coûté plus de 750 000 $ — et d’une toilette pour ses chauffeurs en mettant l’accent sur la complexité des sites aménagés et la robustesse des installations.

Le président du RTC a retenu les journalistes qui se sont présentés au conseil d’agglomération de Québec, mercredi, afin de faire le point sur ce dossier qui traîne dans l’opinion publique.

Rémy Normand n’a pas caché qu’il s’est senti personnellement attaqué par les assauts répétés de l’opposition sur la gestion du RTC.

«Il faudrait commencer par appeler les stations tempérées par leur nom», a répliqué le conseiller municipal, qui en a marre d’entendre le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, parler d’«abribus».

M. Normand a fait remarquer que la plus chère des stations tempérées, celle à l’intersection de la 41e rue ouest et de la 1re avenue ayant coûté 754 000 $, est grande comme 20 abribus et comprend du chauffage, des écrans, des bornes interactives et du mobilier. Pour la construire, il a fallu drainer le terrain, déplacer les services publics (électricité, câble, internet, etc.) et modifier deux entrées de stationnement.

M. Normand a insisté sur le choix de matériaux durables, «résistants au gel, aux intempéries et malheureusement aussi au vandalisme». «Ça se compare davantage à un édifice d’utilité publique» qu’à une résidence privée, a-t-il illustré, récupérant l’image utilisée par l’opposition.

Le président du RTC a présenté une liste de 20 stations tempérées avec un prix pour chacune. Quand il assume toute la facture, le RTC paie généralement entre 500 000 et 700 000 $. La majorité des projets sont toutefois réalisés avec des promoteurs privés, propriétaires d’immeubles adjacents, ce qui réduit considérablement la note et la porte même à zéro à l’occasion.

«Nous sommes les seuls au Québec, peut-être même au Canada, à avoir développé ce modèle de partenariat avec le privé. En matière de gestion de fonds publics, on est plus en avant de la parade que derrière», a martelé M. Normand.

Il a ensuite rappelé que l’organisme public est tenu d’aller en appel d’offres et de retenir le plus bas soumissionnaire. Pour la station tempérée de la 41e rue, quatre entreprises ont levé la main et les offres étaient très semblables.  

Pour la toilette mise à la disposition des chauffeurs dans le secteur de Marly, 14 entreprises ont répondu à l’appel d’offres. La plus basse totalisait 188 647 $ et la plus élevée, 252 524 $.

M. Normand a souligné que plus de la moitié des toilettes où s’arrêtent les chauffeurs sont situées dans des commerces ou des lieux publics. Grâce à des ententes, l’utilisation est gratuite. Situé en bout de ligne, dans un environnement boisé, le local de service de Marly est le seul aménagé dans un bâtiment isolé. Les chauffeurs demandaient depuis des années des améliorations. Des photos fournies par le RTC permettent de comprendre pourquoi : le bâtiment précédent avait des airs de bécosse.

«On n’est pas hors normes, on ne fait pas exprès. (…) On ne peut pas construire une cabane, un shack pour accueillir les gens. Ça coûterait moins cher, c’est sûr, mais ça serait pas jojo et on se développerait pas une image de marque pour rendre ça attrayant le transport en commun», a conclu l’élu, non sans écorcher le style de politique que Québec 21 pratique depuis son entrée à l’hôtel de ville. 

10 à 20 pour le même prix, persiste l’opposition

Ignorant complètement les informations dévoilées par le RTC, l’opposition continue de trouver «inacceptable» que «des abribus» soient construits au coût de 750 000 $ et avance qu’il y aurait possibilité d’en construire 10 à 20, chauffés, pour le même prix. «Est-ce qu’on a besoin de se payer la Ferrari des abribus à Québec?» a demandé le chef Jean-François Gosselin lors d’un point de presse en après-midi. 

Invité à donner des exemples de stations tempérées à bas prix, M. Gosselin a d’abord répondu que «des exemples, il y en a un et un autre» dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il a fallu plusieurs relances pour qu’il balance quelques noms sans fournir de preuves. 

Le leader de Québec 21 a dû admettre qu’il était prêt à sacrifier un peu de confort pour économiser, son but étant de protéger les usagers des intempéries et les «chauffer un peu». M. Gosselin entend vider la question lors d’une rencontre avec le RTC programmée le 21 février. Quant à sa demande d’enquête au vérificateur général, elle sera formulée lors du prochain comité de vérification de la Ville de Québec.