Le directeur général du RTC, Alain Mercier, et son président, Rémy Normand, en conférence de presse, mardi matin

Le RTC hausse son budget et prévoit un plus grand achalandage en 2020 [VIDÉO]

Le Réseau de transport de la capitale (RTC) poursuit ses investissements en marge du grand projet de tramway-trambus de plus de 3,3 milliards $. En 2020, le budget régulier grimpera de 3,2 % à 238,5 millions $. La mairie espère une hausse de l’achalandage à l’avenant.

«Déjà on prévoit une hausse d’achalandage de 5,5% en 2019», a indiqué Rémy Normand, président du RTC. Quelque 34 millions de passages auraient donc été enregistrés dans les autobus municipaux.

«[L’an prochain,] on a budgété une hausse d’achalandage de 4,3%. Ça représente une quatrième année de hausse d’achalandage.» Il y aura donc environ 1,4 million déplacements de plus.

M. Normand impute l’accroissement notamment à l’implantation d’un laissez-passer universel pour les étudiants universitaires, aux navettes événementielles et au partenariat développé avec l’entreprise de partage de voitures Communauto.

Les «travailleurs» seraient aussi plus nombreux à embarquer: un sur trois prendrait le bus au moins une fois par mois.

Beauport

Les besoins seraient en croissance particulièrement dans Beauport. Le RTC annonce des consultations publiques au cours de l’année afin de mieux desservir le secteur.

En réponse à une question du conseiller de Québec 21, Stevens Mélançon, le directeur général du RTC a d’ailleurs indiqué que ce secteur de la Ville présente des défis quand vient le temps d’accroître le service. «Le terminus Beauport, par exemple, présentement il est saturé», fait valoir Alain Mercier.

En plus, toujours à l’est de la ville, le CHU de Québec a interpelé le RTC. Il faudra améliorer les services en direction du Nouveau complexe hospitalier en construction sur le site du pavillon de l’Enfant-Jésus, à la jonction de Limoilou et Beauport. «Ce sera scruté à la loupe», note M. Normand.

La popularité du bus n’est toutefois pas la même partout. De l’autre côté de la cité, le service nouveau offert à l’aéroport de Québec n’a pas atteint sa vitesse de croisière. Environ 200 personnes embarquent quotidiennement dans ce parcours pour aller au boulot ou prendre l’avion. Mais Rémy Normand invite à la patience le temps du rodage.

Paiement automatique

Alain Mercier, directeur général du RTC, indique par ailleurs que le RTC poursuivra l’électrification de sa flotte. Il reste néanmoins un défi pour trouver des véhicules munis de batteries performantes.

Il espère, en outre, implanter dès le début de l’année le paiement mobile des titres de transport. Ce service devait être disponible il y a déjà quelques années. En gros, un usager pourrait utiliser une application sur cellulaire au lieu d’une carte Opus.

Notons qu’il coûte 6,54 $ transporter une personne en moyenne au RTC. Donc plus que le prix d’une utilisation. Le passager paie en moyenne 33 %.

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ACHALANDAGE EMBELLI

La Ville et le Réseau de transport de la capitale (RTC) ont embelli le tableau, critique le conseiller municipal Patrick Paquet, de Québec 21. Les années au cours desquelles l’achalandage du RTC a chuté drastiquement, de 2013 à 2016, ont été «oubliées» de la présentation budgétaire de mardi, critique-t-il. M. Paquet calcule que la hausse de l’utilisation des autobus n’est, en fait, que de 1,2 % depuis 2013. Cela malgré un nombre d’heures de service accru et l’expansion du territoire desservi, regrette-t-il. L’élu de l’opposition évalue que les travailleurs des couronnes de la capitale sont retournés à leur auto parce que le RTC aurait négligé les trajets nord-sud qui seraient populaires auprès de cette clientèle. Baptiste Ricard-Châtelain

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CONFLITS AUTO-BUS

La hausse de l’achalandage projetée par le RTC ne se fera pas sans heurt. Notamment avec l’implantation graduelle du Réseau structurant de transport en commun (tramway-trambus).

Dans Le Soleil de lundi, la collègue Céline Fabriès citait une étude commandée par le RTC à la firme INRO ; celle-ci stipule qu'en 2041, en période de pointe (6h-9h), la Ville de Québec devra gérer près de 20 000 autos solos de plus. 

Ça, c'est s'il n'y a pas de réseau structurant de transport en commun (RSTC).

Il y aura néanmoins plus d'autos sur la route. Et plus de bus-trambus-tramway. Le réseau structurant de transport en commun (RSTC) entraînera donc un chamboulement de la circulation automobile le long de son parcours et dans les rues adjacentes, écrivait la journaliste.

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L’étude prévoit une augmentation de l’achalandage du RTC de près de 13 millions de déplacements en 2041 par rapport à 2017. Dès la première année de la mise en service du RSTC (2026), cette croissance de l’achalandage porterait à 11 % la part modale du transport en commun, une augmentation de 2,4 % par rapport à 2017.