Le président du RTC, Remy Normand, a plaidé que la période de rodage des Midibus présente une meilleure performance que celle des autobus hybride articulés achetés en 2015.

Le RTC défend les Midibus

Le président du Réseau de transports de la Capitale (RTC), Rémy Normand, pointe «l’ignorance, la méconnaissance ou le jeu politique» pour expliquer les nombreuses critiques émises envers la fiabilité des Midibus depuis leur entrée en service. Selon le RTC, la moyenne parcourue entre deux pannes est similaire à celle enregistrée pour d’autres types d’autobus lors de leur période d’intégration.

Chose certaine, le petit autobus hybride de 24 places ne laisse pas indifférent depuis son arrivée dans la capitale au début 2018. En janvier dernier, Le Soleil titrait que le premier des 64 Midibus achetés par le RTC passait autant de temps au garage que sur la route pendant sa mise à l’essai. Le président du RTC, Rémy Normand, avait alors évoqué qu’il s’agissait d’une tête de série (véhicule modèle). Il était donc normal, répondait-il, d’ajuster le véhicule à l’environnement de Québec et aux besoins du réseau de transport.

En octobre, un reportage de Radio-Canada rapportait que les 40 premiers Midibus mis en service graduellement depuis mars 2019 avaient nécessité 350 ajustements. D’autres médias ont aussi fait état en cours d’année de diverses difficultés mécaniques, électroniques et ergonomiques rencontrées comme des portes qui ouvraient trop lentement ou des sièges qui se relevaient trop rapidement.

C’était suffisant pour obliger le RTC à faire le point sur le choix du Midibus lors d’un comité plénier tenu jeudi. «À l’heure actuelle, nos Midibus atteignent un niveau de fiabilité comparable à celui vécu avec les 40 pieds hybrides lors de la même période d’intégration», a confié aux élus le directeur général du réseau, Alain Mercier.

Pas pire, pas mieux

Pour évaluer la performance de ce véhicule, le RTC utilise le MDBF, acronyme qui, en français, indique la moyenne parcourue entre deux pannes. Après huit mois d’intégration, l’autobus hybride Nova 40 pieds acquis en 2015 affichait un MDBF d’une panne par 5178 km parcourus. Pour la même période, le MDBF du Midibus est meilleur avec 5394 km. Plus encore, sa période d’intégration doit durer encore quatre mois.

M. Mercier a précisé que 261 des 350 signalements ont été sans effet sur la clientèle et que 89 ont nécessité un retard ou une annulation de parcours. Il y a eu un épisode plus tumultueux ou des Midibus ont été remorqués à neuf reprises en autant de semaines (14 en huit mois). Le dg attribue la situation à une pièce défectueuse d’un fournisseur. Depuis, elle a été changée sur tous les hybrides.

Réponse tardive

À la lumière de ces chiffres, c’est à se demander pourquoi le RTC n’a pas répondu plus tôt aux interrogations sur le manque de fiabilité des Midibus. «Peut-être que je ne communique pas bien, mais j’ai tenté à plusieurs reprises de faire ces démonstrations. Il fallait faire appel à l’administration pour étayer la preuve sur la base de faits», justifie M. Normand. 

Malgré tout, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, n’est toujours pas convaincu.

«La démonstration est faite sur le territoire de la Ville de Québec avec des Midibus qui tombent en panne un peu partout. Pour moi, c’est ça la démonstration.»

Plus nuancé, le conseiller Jean Rousseau considère le produit «fragile» et espère que le prochain hiver ne jettera pas d’ombre sur l’hybride. M. Normand a aussitôt répondu. «La première tempête a été assez costaude et ils sont passés au travers comme tous les autres bus en service. On n’a pas eu de problème majeur plus que les autres.»

Le président croit que cette tourmente autour des Midibus est née du mauvais souvenir laissé par les Écolobus. Achetés 400 000 $ chacun en 2008, les huit minibus électriques ont connu de nombreux bris et ont nécessité de coûteuses réparations, notamment pour le remplacement des batteries.

La première commande de Midibus remonte à mars 2016, après un appel d’offres public. Son utilité est qu’il est déployé dans des secteurs où l’achalandage est moindre, sans compter l’économie d’essence qui équivaut à l’acquisition d’un autobus gratuit par an. Le fabricant belge Van Hool, seul soumissionnaire, a remporté la mise. Le coût total de l’achat est de 64 millions $. Le RTC assume 15 % de la facture. Le reste est séparé en parts égales entre les gouvernements fédéral et provincial, par le biais notamment du Fonds fédéral de la taxe sur l’essence.