Catheryne Langford a remué ciel et terre pour prendre la mer. En deux mois et quelques, elle a réussi à récolter les sommes nécessaires, à coup de commandites et d'amour «de la communauté des îles».

Le rêve d'une Madelinienne devenu réalité

«Je ne pouvais voir un voilier sans y repenser toute la journée.» Le destin de Catheryne Langford était tracé. Elle guiderait un jour de grandes voiles. Le rêve de la Madelinienne est devenu réalité en avril, non sans peine. Trois mois plus tard, sans surprise, elle ne veut plus quitter les hauts mâts.
«Ç'a juste confirmé que c'était fait pour moi.» Dans un second entretien au Soleil - on vous la présentait au début du mois -, cette fois dans la petite salle commune de l'Atyla, la jolie brunette n'a aucun doute. Celle qui est parvenue à réunir 15 000 $ pour partir à l'aventure avec les grands voiliers du Rendez-Vous 2017 n'a pas envie de s'arrêter maintenant. Elle veut être de la course jusqu'à la fin. 
«J'ai réalisé en arrivant à Québec que j'étais triste que ça finisse. Je me disais que j'avais tellement travaillé fort, pourquoi je ne le ferais pas jusqu'à la fin. C'était important pour moi. Aussi bien finir ça en grand, arriver en France [escale finale] et avoir complété toute la route. [...] Si je termine ici, c'est comme s'il y a quelque chose qui va manquer.»
Renouer avec le Blue Clipper
Catheryne Langford a longtemps rêvé des voiles. Elle est montée à bord de son premier voilier en même temps qu'elle entamait son attendu périple avec le Blue Clipper, qui l'a mené dans six pays. «Le premier bateau, c'est comme son premier amour», illustre-t-elle. C'est avec ce voilier qu'elle espère finir l'histoire et retraverser l'Atlantique. 
La belle de 24 ans tente actuellement d'être recrutée comme «volontaire» pour renouer avec le Blue Clipper. Elle a hissé les voiles de l'Atyla en juin depuis Boston parce que c'était le seul voilier qui devait jeter l'ancre aux Îles-de-la-Madeleine. À la maison. La vingtenaire devait ensuite retourner à terre dans la capitale, selon son plan initial. 
Si elle monte comme «volontaire», avec l'expérience acquise d'apprenti-matelot depuis le printemps, elle n'aura pas de frais à assumer. Il faut dire que Catheryne Langford a remué ciel et terre pour prendre la mer. En deux mois et quelques, elle a réussi à récolter les sommes nécessaires, à coup de commandites et d'amour «de la communauté des îles». 
La piqûre 
Plus les vagues la bercent, plus elle prend goût à être en mer. Elle semble d'ailleurs bien chez elle, nous faisant visiter l'antre de l'Atyla et les cabines. Vingt-quatre matelots «au max» peuvent se corder dans les petits lits superposés. «On est dans des espaces confinés, alors c'est sûr qu'on crée des liens super forts», affirme la navigatrice. 
«Je veux vraiment que la voile soit partie intégrante de mes projets de vie», confie l'étudiante à la maîtrise en gestion du développement international et de l'action humanitaire à l'Université Laval. «Encore là, les voyages», dit-elle, ne niant pas son besoin vital de prendre le large. 
Pour l'avenir, les projets ne manquent pas pour Catheryne Langford qui mire être de l'expédition du Blue Clipper en Arctique l'an prochain. Mais pour l'heure, la jeune femme savoure chaque moment en mer. Elle accepte d'ailleurs de partager quelques-uns de ses «souvenirs les plus magiques» avec Le Soleil
«J'ai nagé à deux reprises dans l'Atlantique», lance-t-elle. «Sinon, il y a une nuit où c'était tellement magnifique. Nous étions cinq membres de l'équipage couchés sur le pont à regarder les étoiles. Un ciel infini à écouter de la musique classique. J'ai été à la roue pendant trois heures cette nuit-là, tellement j'étais bien.»
Évidemment, son arrivée au bercail où les Madelinots l'attendaient avec grand bonheur figure aussi sur sa liste de moments forts en émotion. Bien peu pour le négatif, dit-elle aussi. Peut-être parfois la mauvaise météo, mais «ça fait partie de l'aventure». Son moment préféré? Être à la barre pour le lever du soleil.