Selon Robert Vandewinkel, ingénieur civil de formation et spécialisé en gestion de projet et développement durable, pour le même prix qu’un tramway, 3,3 milliards $, Québec peut s’offrir un métro.

Le rêve d’un métro souterrain

Une coalition de citoyens, provenant de différents domaines professionnels, rêve d’un métro à Québec. Ils ont tenté de convaincre une vingtaine de personnes venues les écouter, mardi soir, à La Barberie.

La Ville de Québec a choisi d’aller de l’avant avec le projet de tramway après consultations des experts et de la population, mais certains citoyens de Québec aimeraient que la Ville prenne quelques mois pour réaliser une étude comparative entre le métro et le tramway.

Selon Robert Vandewinkel, ingénieur civil de formation et spécialisé en gestion de projet et développement durable, pour le même prix qu’un tramway, 3,3 milliards $, Québec peut s’offrir un métro. «La durée de vie d’un métro est d’environ 89 ans alors que pour un tramway, c’est 36 ans. Avec la durabilité du métro, on va économiser 1,7 milliard $ avec lequel on pourrait se payer un trambus», a-t-il expliqué.

Le métro partirait de la 55e Rue pour se rendre au chemin des Quatre-Bourgeois en passant par le Centre Vidéotron, place D’Youville, l’avenue Cartier, l’Université Laval et Le Phare. Au total, il y aurait 19 stations de métro le long d’un parcours de 16,3 kilomètres.

Le collectif se base sur le fait que le métro est plus sécuritaire, plus fiable, plus confortable et à l’abri des intempéries. Il pourrait embarquer également plus de personnes et proposer une fréquence de passage plus élevée. Le métro serait automatisé, donc sans conducteur.

«Avec un tramway, on peut faire 25 000 déplacements par jour alors qu’avec un métro c’est 125 000», a mentionné M. Robert Vandewinkel. «Il va avoir un impact très important pendant la durée des travaux du tramway, mais avec un métro, les travaux ne vont déranger personne en utilisant un tunnelier», poursuit-il.

M. Vandewinkel avoue tout de même qu’un tunnelier coûte cher, entre 100 et 150 millions $.

Les élus interpellés

Les gens présents ont posé plusieurs questions sur la faisabilité, le prix et les différences entre le tramway et le métro. Marc Roussin a voulu savoir qu’elle était la stratégie pour convaincre les élus. «Si le maire n’est pas d’accord, pas un ministre ne va écouter ça», a-t-il lancé. 

Pour M. Vandewinkel, il y a des élus au-dessus de M. Labeaume qui peuvent prendre la décision de lancer le débat. «Depuis qu’on a publié notre lettre ouverte dans Le Soleil, des députés fédéraux nous ont appelés. M. Bonnardel [ministre des Transports du Québec] s’est engagé à nous rencontrer», a-t-il fait valoir. «Mais ce qui va faire passer le message, c’est que la population nous aide. Il faut que le maire nous entende», a-t-il insisté en faisant référence au collectif J’ai ma place qui a convaincu Régis Labeaume de construire le Centre Vidéotron.

Des villes de 600 000 habitants ou moins ont fait le pari du métro comme Rennes en France, Gênes en Italie et Lausanne en Suisse.

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