Même si le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, est en droit de reprendre ses fonctions avec le règlement de la plainte, plusieurs conseillers auraient aimé qu’il se garde une certaine gêne jusqu’à la fin de l’enquête de la Commission municipale du Québec.

Le retour du maire Loranger crée un malaise

Le maire Émile Loranger a repris possession de son bureau à l’hôtel de ville de L’Ancienne-Lorette quelques jours après la signature d’une entente à l’amiable pour une plainte pour harcèlement psychologique le concernant. Ce retour n’est pas apprécié par certains de ces collègues.

La mairesse suppléante, Sylvie Falardeau a eu toute une surprise, lundi matin, alors qu’elle occupait le bureau de M. Loranger. «Je savais qu’il allait revenir, mais je lui avais demandé de me prévenir dans un délai de 24 h pour que je puisse vider le bureau et prévenir les employés», a-t-elle expliqué.

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Même si le maire est en droit de reprendre ses fonctions avec le règlement de la plainte, plusieurs conseillers auraient aimé qu’il se garde une certaine gêne jusqu’à la fin de l’enquête de la Commission municipale du Québec.

En effet, le 30 octobre, le conseil municipal a demandé au maire Loranger de rester à la maison et il a voté une résolution pour que la Commission municipale du Québec, qui relève du ministère des Affaires municipales, fasse la lumière sur les comportements du maire depuis 2016.

«Le droit de savoir»

Le conseiller municipal Gaétan Pageau était furieux en apprenant la nouvelle. «C’est son droit, mais est-ce que c’est éthique et déontologique, je ne le crois pas. Ça a créé un malaise», a dénoncé M. Pageau, qui est très inquiet des conditions de travail dans les prochaines semaines. «J’ai entendu le maire parler aux nouvelles et il a dit qu’il ne changerait pas de comportement», s’est-il indigné.

M. Pageau souhaite contourner la clause de confidentialité et rendre publique l’entente entre la Ville et la plaignante si les deux parties sont d’accord. «J’en ai parlé avec des collègues, il y a des choses que le conseil municipal sait sur le comportement de monsieur Loranger et le public devrait savoir, a-t-il indiqué. Les gens sont fâchés, ils m’en parlent, et ils veulent savoir pourquoi la Ville va utiliser leurs taxes pour payer les 330 000 $ de la cause.»

Quelques jours après la signature de l’entente, l’ancienne directrice de cabinet d’Émile Loranger, Marie-Ève Lemay a révélé dans une publication publique sur Facebook qu’elle était la plaignante contre le maire de L’Ancienne-Lorette.