Un photo radar sur l'autoroute Henri-IV, à Québec

Le radar compte double sur Henri-IV

Les amendes générées par le radar photo de l'autoroute Henri-­IV sont doublées pour trois mois. Le secteur est considéré comme un chantier routier en raison de travaux de réfection du système d'éclairage et de la bande médiane. La limite de vitesse est abaissée en tout temps, même si les ouvriers sont actifs seulement du dimanche au mercredi de nuit.
C'est la règle au Québec depuis 2011 : les excès de vitesse constatés en zone de travaux routiers sont punis doublement, du moins financièrement. La mesure a été mise en place pour mieux protéger les travailleurs de chantier. Les points d'inaptitude demeurent les mêmes. Avec les radars photo, ils ne sont pas attribués de toute façon, car il n'y a pas de policier sur place pour attester de l'identité du conducteur.
Quand un cinémomètre fixe se retrouve en zone orange en raison d'un chantier à proximité, les amendes sont donc multipliées par deux. C'est ce qui se passe sur Henri-IV, à la hauteur du boulevard Hochelaga, depuis le 1er mai et jusqu'au début du mois d'août. 
«Le système d'éclairage est en fin de vie utile et doit être reconstruit. Au cours des dernières années, on a dû retirer les lampadaires qui étaient les plus affectés pour assurer la sécurité des usagers. Cet été, on remplace 25 massifs de fondation et on va pouvoir remettre l'éclairage», explique Guillaume Paradis, porte-parole du ministère des Transports du Québec (MTQ). Le contrat a été accordé à l'entreprise Arthur Roussel inc., de Québec, pour 975 000 $. 
La limite de vitesse est normalement fixée à 90 kilomètres/heure dans cette portion d'autoroute. À cause des travaux, elle est réduite à 70 km/h quand les ouvriers sont au travail, soit du dimanche au mercredi de nuit. Cette plage horaire a été choisie pour ne pas nuire à la circulation, souligne M. Paradis. 
Les cônes oranges et la signalisation de chantier demeurent toutefois en place à longueur de semaine. En conséquence, la vitesse maximale est bloquée à 80 km/h le reste du temps. Tous les automobilistes qui roulent plus vite que cette limite recevront un constat d'infraction avec une amende majorée. 
Habituellement, les cinémomètres affectés aux zones de travaux routiers sont mobiles et se promènent d'un chantier à l'autre. Dans le cas qui nous occupe, comme l'équipement est fixe, la surveillance se fait sans relâche, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. 
Le plus payant
Le radar photo de l'autoroute Henri-IV est actuellement le plus prolifique de la région de Québec. En opération depuis juillet 2016, il a déjà permis l'émission de 4590 constats d'infraction pour un total de 756 084 $, selon le dernier bilan du ministère de la Justice datant du 30 avril 2017. 
À titre de comparaison, l'autre «petit nouveau» installé sur l'autoroute Félix-Leclerc Ouest, près de l'avenue d'Estimauville, a généré 1346 constats d'infraction représentant des revenus potentiels de 246 135 $ pour l'État québécois. 
En 2014, le radar photo fixe situé sur l'autoroute 20 Ouest, à Lévis, s'est aussi retrouvé en zone de chantier. Le ministère des Transports avait alors publié un communiqué de presse pour aviser les automobilistes que les amendes étaient doublées. Cela n'a pas été fait cette fois.