Samuel Huot, un arboriculteur âgé de 21 ans, a plaidé coupable à l’accusation d’avoir fomenté la haine à l’égard des musulmans.

Le racisme comme facteur aggravant

Être raciste n’est pas un crime. Mais ceux qui le sont devraient être punis plus sévèrement, plaide le ministère public, en réclamant 90 jours de prison pour Samuel Huot, jeune «troll» de l’Internet qui a publié des propos haineux contre les musulmans, moins de 12 heures après la tuerie à la Grande Mosquée.

Dans la nuit du 29 au 30 janvier, Huot rentrait d’une soirée «rave». Selon ses dires, il était «complètement arraché» après avoir consommé des drogues chimiques.

Il ouvre son ordinateur et voit le statut Facebook d’une amie, catastrophée par la tuerie qui vient de se produire au Centre culturel islamique de Québec.

Huot se met à écrire des commentaires qu’il qualifie encore aujourd’hui d’humour noir. «Qui crève toute tes caliss de voilé», «Homme, femme et enfants! Criss moi sa au vidange» et autres déclarations violentes.

Samuel Huot, un arboriculteur âgé de 21 ans, a plaidé coupable à l’accusation d’avoir fomenté la haine à l’égard des musulmans.

Lors des représentations sur la peine vendredi, le jeune homme a dit ne pas être fier de ses propos. Il a insisté sur le fait qu’en raison d’une humeur dépressive et surtout de la consommation de stupéfiants, il n’était pas lui-même au moment où il écrivait. «J’étais arraché sur un moyen temps!» a indiqué le mince jeune homme, qui affirme avoir cessé de consommer de la drogue dure.

Questionné par le procureur de la Couronne Me Jean-Simon Larouche, Samuel Huot a admis être «un petit peu raciste» et plutôt anti-immigration. «Je ne suis pas pour qu’on en accueille autant chez nous», a affirmé l’accusé.

Impulsif, le jeune homme rougit de colère lorsque le procureur lui demande s’il sait ce qu’est l’empathie. Samuel Huot donne la défintion du mot et affirme être quelqu’un de plutôt empathique.

Le Code criminel qualifie de «facteur aggravant» le fait qu’une infraction soit «motivée par des préjugés ou de la haine fondés sur des facteurs tels que la race, l’origine nationale ou ethnique, la langue, la couleur, la religion».

Me Jean-Simon Larouche ne s’est pas privé d’invoquer cette disposition devant le juge Mario Tremblay de la Cour du Québec. «Le fait que les commentaires sont contemporains à la tuerie démontre une insensibilité de M. Huot», évalue Me Larouche.

En 2017, il y a eu deux fois plus de plaintes pour des crimes haineux envers les musulmans dans le district judiciaire de Québec, a invoqué la Couronne. «Les commentaires haineux doivent céder le pas à la tolérance dans le contexte social dans lequel on est, a soumis Me Larouche, Et ça passe aussi par les tribunaux.»

Demande d'absolution

L’avocat de Samuel Huot, Me Mathieu Giroux, réclame pour son client une absolution conditionnelle à un don de 500 $. «On a ici un jeune homme de 19-20 ans [au moment de l’infraction] qui a fait une erreur, plaide Me Giroux. Peut-être qu’il devrait revoir sa conscience sociale, mais être raciste n’est pas un crime.»

Les agents de probation qui ont rencontré Samuel Huot n’ont relevé aucun indice probant de violence ou de haine et qualifient le risque de récidive de faible.

Samuel Huot connaîtra sa peine le 6 juillet.