Pour l’instant, 68 des 197 pays signataires de l’Accord de Paris sur le climat se sont engagés à hausser leur objectif, soit un peu plus du tiers.
Pour l’instant, 68 des 197 pays signataires de l’Accord de Paris sur le climat se sont engagés à hausser leur objectif, soit un peu plus du tiers.

Le Québec peut réduire ses GES de 45 % pour 2030 au lieu de 37,5 %, selon l’IREC

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Au lieu des 37,5 % visés par le gouvernement Legault, le Québec est capable de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 45 % pour 2030 par rapport au niveau 1990, affirme l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) du Québec.

«On a plein de ressources renouvelables et toutes les compétences nécessaires ici. On a tous les ingrédients, mais il nous manque à la fois le chef et la recette», illustre le chargé de projet à l’IREC, Noël Fagoaga, coordonnateur de la rédaction du document dont Le Soleil a pris connaissance avant sa publication.

La note d’intervention de 10 pages pleines propose une panoplie de solutions. Leur addition permettrait de couper de 7,5 % de plus les émissions de GES dans la province au cours des 10 prochaines années. «On a tout devant nous, on peut être ambitieux!» assure M. Fagoaga.

Son équipe et lui se questionnent sur la ligne directrice du Plan pour une économie verte 2030 dévoilé il y a trois semaines par le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette. Ils y voient beaucoup plus un plan d’électrification des transports qu’une approche globale de transformation de l’économie par la transition énergétique.

1200 km de monorail

Parmi les propositions de l’IREC, on retrouve un réseau de monorails à grande vitesse reliant Québec à Montréal, mais aussi aux autres grandes villes du Québec : Gatineau, Sherbrooke, Trois-Rivières, Saguenay, Saint-Georges et Rimouski. Projet évalué en 2010 à 12 milliards $ pour environ 1200 km de rail.

Alors que le plan gouvernemental s’attarde surtout à augmenter l’utilisation des transports collectifs urbains, M. Fagoaga déplore l’absence totale d’un projet de transport interurbain n’émettant pas de gaz carbonique.

Plus que l’interdiction de vente de véhicule neuf à essence à compter de 2035 promise par le ministre Charette, l’IREC ferait un pas de plus en obligeant la présence minimale d’un moteur hybride dans chaque véhicule neuf dès 2030.

Et d’ici là, l’Institut plaide en faveur de l’imposition d’une teneur en éthanol d’au moins 30 % dans l’essence et de biodiesel à hauteur minimale de 20 % dans le diesel.

Tout le volet industriel et agricole demande à être revu, selon eux.

«La valorisation de la biomasse, issue des résidus forestiers, agricoles, de cultures dédiées ou de déchets organiques, ne doit pas seulement répondre à une demande en biocarburants. Elle doit être capable de substituer une multitude de produits issus de produits pétroliers», indique le document, où l’on souligne de plus comment «les sols agricoles québécois peuvent aussi devenir d’importants puits de carbone», comme dans les prairies canadiennes.

Des obligations vertes garanties par l’État et un grand chantier de rénovation écoénergétique des habitations comptent parmi les autres propositions de l’IREC. 

Déjà à 40 % en 2017

L’IREC avait déjà fixé une réduction de 40,3 % comme cible réaliste, en 2017. «Si l’on tient compte des nouvelles propositions formulées depuis 2018, que nous reproduisons dans la présente note, il nous apparaît possible d’atteindre une cible de réduction de 45 % par rapport à 1990», lit-on dans la nouvelle publication.

Rappelons que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), regroupement international réunissant scientifiques et représentants de 195 pays, recommande pour 2030 une réduction des GES de 50 % par rapport au niveau de 1990.

La note précise que lors de la 21e Conférence des parties (COP-21), en 2015, les participants à l’Accord de Paris sur le climat devaient communiquer une mise à jour de leur cible de réduction en 2020. Cela devait se faire à la COP-26 de Glasgow, remise en 2021 à cause de la pandémie. Pour l’instant, 68 des 197 pays signataires se sont engagés à hausser leur objectif, soit un peu plus du tiers.

Pour lire en détail la note d’intervention de l’IREC: https://irec.quebec/publications/notes-intervention/un-plan-pour-une-economie-verte-ou-une-politique-de-transition