Bien que les conditions d'utilisation du Chronicle Telegraph visent à éviter la promotion d'une religion, l'éditeur a souvent utilisé ses pages pour faire valoir ses positions, comme par exemple le rétablissement de la «primauté de Dieu», inscrite au préambule de la Charte canadienne des droits et libertés, mais déclarée «lettre morte» par la Cour suprême.

Le Quebec Chronicle Telegraph victime de son idéologie traditionaliste

Le Quebec Chronicle Telegraph (QCT) a perdu un nombre important d'abonnés au cours de la dernière année, et des lecteurs de l'hebdomadaire estiment que la politique éditoriale, catholique traditionaliste et provie, en a éloigné plusieurs.
«Cet article ne sera pas publié dans le Quebec Chronicle Telegraph ou dans notre site Web. Les psychologues jungiens sont des militants anticatholiques...»
La petite équipe du Morrin Center n'en croyait pas ses yeux quand elle a reçu ce courriel de l'éditeur du journal, Pierre Little, pour justifier son refus d'annoncer la conférence d'une psychologue, à propos de... rêves d'enfant.
Le message de M. Little invoquait un article des Conditions d'utilisation du QCT, qui exclut tout contenu «pornographique» ou tout article qui «fait la promotion de, ou attaque une religion spécifique».
Les états financiers publiés dans l'édition du 13 octobre montrent d'ailleurs l'effritement de son lectorat. Pour les 10 premiers mois de 2009, les abonnements ont généré des revenus de 47 400 $, alors qu'en 2010, pour la période équivalente, les abonnements ne représentaient plus que 23 600 $, une baisse de 50 %.
Un lecteur du QCT qui nous a contactés attribue cette perte «à la publication régulière d'articles et d'éditoriaux ayant des points de vue néoconservateurs et religieux-charismatiques depuis 2009».
Le parti Héritage chrétien
En effet, bien que les conditions d'utilisation du Chronicle Telegraph visent à éviter la promotion d'une religion, l'éditeur a souvent utilisé ses pages pour faire valoir ses positions, comme par exemple le rétablissement de la «primauté de Dieu», inscrite au préambule de la Charte canadienne des droits et libertés, mais déclarée «lettre morte» par la Cour suprême.
Le QCT a largement ouvert les pages de son journal à l'ex-candidat du Parti de l'Héritage chrétien, Stefan Jetchick, pour y faire valoir ses vues.
Dans son site Internet (inquisition.ca), M. Jetchick dit «défendre la divine doctrine de Jésus-Christ», nie le droit au divorce, à l'union libre («fornication») et encore plus au mariage de même sexe, puisque selon lui l'homosexualité n'existe tout simplement pas.
M. Little et M. Jetchick étaient d'ailleurs allés protester ensemble à Ottawa lorsque l'on a décerné l'Ordre du Canada au Dr Morgentaler. L'éditeur du QCT avait alors déclaré qu'il considérait l'avortement comme un meurtre et Morgentaler comme un meurtrier.