Selon les plans initiaux du ministère des Transports du Québec, l'autoroute Félix-Leclerc (40) est inachevée. Dans l'ouest de Québec, elle s'arrête à l'autoroute Henri-IV (73), ce qui oblige à un détour nord-sud pour rejoindre les voies rapides en direction de Montréal.

Le prolongement de la 40 avant le troisième lien, souhaite le patron de l'aéroport

Dans la liste des projets routiers prioritaires pour l'aéroport de Québec, le prolongement de l'autoroute Félix-Leclerc vers l'ouest vient avant un troisième lien routier entre Québec et Lévis, a indiqué mardi le grand patron de l'aéroport de Québec, Gaëtan Gagné.
Le président et chef de la direction d'Aéroport de Québec inc. (AQi), la société à but non lucratif qui gère les installations de l'aéroport international Jean-Lesage, prenait la parole devant la Chambre de commerce de Lévis, mardi midi. Difficile de ne pas évoquer le sujet de l'heure sur la Rive-Sud, soit l'ajout d'un tunnel ou d'un pont pour la traversée du fleuve Saint-Laurent.
M. Gagné a liquidé la question en partant. «Nous, à l'aéroport de Québec, ce qui nous intéresse principalement, c'est d'avoir l'autoroute 40 qui va être connectée avec le boulevard [l'autoroute] de la Capitale. C'est un projet qui, dans les années 70, avait démarré. Ça a changé de gouvernement et le projet est tombé à l'eau. On en reparle encore aujourd'hui. Si jamais le troisième lien passait à l'est [de Lévis], ce serait le temps pour nous de réactiver ces intérêts-là», a fait savoir le président de l'aéroport. 
Selon les plans initiaux du ministère des Transports du Québec, l'autoroute Félix-Leclerc (40) est en effet inachevée. Dans l'ouest de Québec, elle s'arrête à l'autoroute Henri-IV (73), ce qui oblige à un détour nord-sud pour rejoindre les voies rapides en direction de Montréal.
Le ministère des Transports est déjà propriétaire d'un corridor qui permettrait d'éviter ce noeud autoroutier en traversant L'Ancienne-Lorette, puis en se faufilant entre le Collège Champigny et l'aéroport de Québec pour gagner Saint-Augustin-de-Desmaures. Il n'est toutefois pas dans les plans de boucler le réseau. La priorité dans le secteur est plutôt à l'élargissement d'Henri-IV, à la reconfiguration de la tête des ponts et, depuis peu, à la construction d'un troisième lien.
Pour Gaëtan Gagné, l'intérêt du parachèvement de l'autoroute 40 serait surtout d'avoir une bretelle pour accéder facilement aux installations aéroportuaires, a-t-il précisé au Soleil. Il n'a toutefois pas déposé de demande formelle aux gouvernements. Pour le reste, le gestionnaire appuie tout projet susceptible d'améliorer la fluidité de la circulation et donc de minimiser le temps de déplacement vers l'aéroport.
Prédédouanement
M. Gagné a par ailleurs fait le suivi du projet de centre de prédédouanement américain. Son organisation attend toujours que le parlement canadien formalise l'entente conclue avec les États-Unis et entérinée par l'administration Obama en fin d'année 2016. 
Cela n'empêche pas les pourparlers de se poursuivre en vue de la construction de la bâtisse, qui sera adjacente au terminal en cours d'agrandissement, et de son occupation, assure le patron de l'aéroport de Québec. «On parle de 25 douaniers qui s'en viendraient ici à Québec sur une base de 24 heures», a-t-il révélé. 
Impossible encore de savoir qui paiera leurs salaires. M. Gagné refuse d'assumer cette facture même si c'est une condition des Américains et il demande l'aide des gouvernements.
De passage à Québec au début de janvier, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a refusé de s'engager. «Ce sont les autorités aéroportuaires qui décident si elles veulent être considérées pour le prédédouanement. L'entente est basée sur le fait qu'elles seraient responsables pour les paiements pour les transformations à l'aéroport et également pour les frais des douanes américaines qui seraient mises en place», a-t-il rappelé.
M. Gagné ne s'embarrasse pas de cette déclaration. «Leur position publique, c'est une chose. Maintenant, tout le monde est d'accord qu'à partir du moment où le premier ministre annonce qu'il y a un centre de prédédouanement à l'aéroport, je n'ai pas de doute que ça va se faire», laisse-t-il tomber.
Selon les chiffres qui ont circulé, les installations coûteront 30 millions $ et les opérations entre 3 et 4 millions $ par année. AQi a refusé de dire mardi si l'objectif d'une ouverture en 2018 était encore atteignable.