D'anciens appareils de la marque Polaroid se vendent parfois pour plusieurs centaines de dollars sur un site comme eBay et le fabricant Fujifilm fait un carton avec la gamme Instax.

Le Polaroid fait son grand retour à l'heure des réseaux sociaux

Dans l'atelier Cleveland Print Room, Nicole Follen n'a aucun mal à susciter l'enthousiasme des apprentis photographes. Une fois imprimés façon «Polaroid», leurs clichés pris avec des téléphones intelligents se déclinent sur le papier à l'emblématique liseré blanc avec une touche de nostalgie devenue tendance.
Pour réaliser la manoeuvre, ils n'ont besoin que d'une imprimante commercialisée récemment par un spécialiste de la photo instantanée qui fait son grand retour dans les métropoles branchées d'Europe et d'Amérique du Nord, et est arrivée jusqu'à Cleveland, dans le nord des États-Unis.
Ces photos développées instantanément avaient été popularisées dans les années 70 avec la marque Polaroid, avant de perdre de leur superbe à l'heure du tout numérique.
Mais les mariages et autres célébrations ont récemment remis les petits cartons carrés et rectangulaires au goût du jour, comme en témoigne une jeune mariée sur le réseau social Reddit : «Les photos Polaroid ont quelque chose de si cosy», se réjouit-elle.
«J'adore les photos qu'on a : nos invités en ont emporté quelques-unes, mais nous avons de magnifiques souvenirs!» indique un autre membre.
Les appareils à développement instantané permettent d'obtenir des images «un peu plus insouciantes et détendues» que celles prises dans l'intention d'être publiées sur les réseaux sociaux, remarque Nicole Kaney, organisatrice de mariages en Floride.
Le résultat est plus personnel, ce qui convient parfaitement aux photos de mariage, estime-t-elle.
Appareils vintage au prix fort
Avec ce nouvel engouement, d'anciens appareils de la marque Polaroid se vendent parfois pour plusieurs centaines de dollars sur un site comme eBay et le fabricant Fujifilm fait un carton avec la gamme Instax.
Au moment où ses ventes d'appareils numériques déclinent, ce dernier a écoulé un total de cinq millions d'appareils à développement instantané à travers le monde en 2015 et anticipe d'en vendre 6,5 millions en 2016.
Une autre entreprise, The Impossible Project, fondée par un biologiste autrichien, Florian Kaps, a, elle, racheté la dernière usine de pellicules instantanées de la marque Polaroid aux Pays-Bas, évitant ainsi sa fermeture.
The Impossible Project fabrique ses propres appareils qui allient techniques vintage avec des options modernes - Bluetooth, application pour téléphone intelligent - et a développé l'imprimante prisée par Nicole Follen à Cleveland. 
Mark Appleton, directeur des ventes pour l'Amérique du Nord chez The Impossible Project, insiste sur la démarche visionnaire de Florian Kaps qui s'est lancé «avant que nous n'utilisions les [téléphones intelligents], lorsque les appareils numériques marchaient vraiment fort». Il a «vraiment vu que ce genre de produit de niche ne disparaîtrait jamais».
Le groupe Polaroid lui-même, qui avait cessé de produire ses pellicules en 2008, est optimiste sur l'avenir du marché. «Il va y avoir de plus en plus de produits dans différents formats, différentes tailles d'impression», s'est réjoui son pdg Scott Hardy, alors qu'un nouvel appareil photo portant le nom de sa marque est sorti en janvier, avec une version mise à jour en septembre.