Le PLQ et le PQ s'opposent à l’intervention policière dans les domiciles

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Les libéraux et les péquistes s’opposent aux interventions policières dans les domiciles pour faire respecter les règles imposées par la santé publique, mais Québec solidaire (QS) n’a pas fermé la porte, si un mandat est émis.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, devrait faire une annonce vendredi sur le recours possible aux forces policières, puisque les rassemblements privés illégaux et les fêtes sont le plus important vecteur de propagation de la COVID-19 au Québec.

Le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, a évoqué un effet dissuasif, comme la présence policière sur les autoroutes contribue à réduire la vitesse des automobilistes.

«Cela aiderait à réduire les chiffres (de la propagation), a-t-il dit en conférence de presse jeudi. Quand on voit la police, on ralentit. Mais il y a des analyses à faire par la ministre de la Sécurité publique.»

De l’avis de l’opposition officielle libérale et du Parti québécois (PQ), il est encore trop tôt pour faire appel à ces moyens coercitifs. Le gouvernement doit d’abord être beaucoup plus transparent, soutient la cheffe libérale Dominique Anglade.

«Quand on est rendu à dire qu’on veut envoyer la police chez les citoyens, il faut qu’on soit prêt à expliquer à la population la gravité de la situation, a-t-elle déclaré en conférence de presse à l’Assemblée nationale. (...) Le gouvernement a besoin de donner plus d’information à la population.»

Le Parti québécois (PQ) affirme qu’il faut d’abord bien informer les citoyens et leur faire confiance, pour pouvoir les conscientiser et les mobiliser.

«On ne peut pas demander aux gens d’obéir comme on l’a fait en période de confinement total, de façon aveugle, sur la base d’un discours qui repose sur la peur. (...) Je ne suis pas favorable à ce qu’on aille de la l’avant avec des mesures répressives ou coercitives», a dit le porte-parole péquiste en matière de santé, Joël Arseneau.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, n’a pas exclu le recours aux forces de l’ordre, mais elle a rappelé que les policiers devront toujours être munis d’un mandat pour intervenir.

«Si la police veut donner des contraventions, c’est possible, a-t-elle dit en conférence de presse au parlement. (Mais) Je pense que les policiers doivent et devront toujours avoir un mandat pour pouvoir rentrer dans les maisons. Ça, pour moi, c’est clair.»