Le premier ministre François Legault
Le premier ministre François Legault

Le plan de réouverture des écoles présenté lundi

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Le premier ministre François Legault présentera lundi son plan de réouverture des écoles, le ministre de l’Éducation sera à ses côtés pour le dévoilement. Rappelons qu’un pas en arrière est toujours possible dans ce mouvement vers le déconfinement.

Chaque fois que M. Legault parle d’un retour à l’école, il fait naître plus de questions que de réponses, selon la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE). Il insiste sur la nature «graduelle» d’un redémarrage de l’économie et du réseau scolaire, ce qui laisse entendre que des régions seront prêtre à «se déconfiner» avant d’autres, que des écoles pourront ouvrir avant d’autres. Il a aussi mentionné que les parents ne seraient pas obligés d’envoyer leurs enfants à l’école, tout dépend de chaque situation.

Ces détails amènent un problème d’équité, toujours selon la Fédération des syndicats de l’enseignement.

«Ça dépend du scénario qu’ils présenteront, on a parlé de région, de niveau de volontariat... Et il ne faut pas oublier les plus vulnérables. Il faudra un plan pour ceux à la maison et un plan pour ceux à l’école. L’enseignant devra faire le suivi et devra avoir des professionnels pour l’appuyer», exprime la présidente de la FSE, Josée Scalabrini.

Il y a aussi l’écart entre les écoles privées et les écoles publiques qui risque de s’agrandir. «L’écart était là avant. Certaines écoles auraient travaillé différemment, mais la santé publique c’est pour tout le monde.»

Rappelons que M. Legault avait précédemment envisagé un retour à l’école au début du mois de mai, avant de finalement repousser la date. 

Un message clair

Mme Scalabrini insiste : les enseignants doivent avoir des objectifs clairs. «La population veut savoir pourquoi on ouvre les écoles. Une question d’immunité? De gardiennage pour faire rouler l’économie? De consolidation? De nouveaux acquis?»

Selon Josée Scalabrini, les enseignants passent leur temps à rassurer les parents, plutôt que de se concentrer sur la matière scolaire depuis les derniers jours. Des réponses seront aussi attendues pour les spécialistes, les enseignants de musiques ou d’éducation physique. «Il ne sera certainement pas question de s’échanger un ballon ou des instruments de musique. On devra avoir des conditions sanitaires qui viennent sécuriser tout le monde.»

Mme Scalabrini évoque aussi un problème qui existait bien avant la crise sanitaire : le manque d’employés de soutien dans les écoles. «Il y avait déjà un problème de propreté. On doit aussi sécuriser les écoles pour ne pas manquer de personnel et avoir des lieux propres en tout temps», termine-t-elle.