C’est mercredi soir que le nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale sera officiellement inauguré.

Le pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale payé à même des surplus

Terminés à temps et sans dépassement de coûts, les travaux d’agrandissement de l’Assemblée nationale ont été payés en majeure partie grâce à des surplus engrangés depuis plusieurs années.

Ce grand chantier de 60,5 millions $ a en quelque sorte été payé comptant par l’Assemblée nationale, qui s’est constituée une enveloppe de revenus autonomes au fil du temps.

«Le pavillon a été financé par les revenus générés par l’Assemblée nationale et grâce à des économies réalisées : transferts de surplus politiques, transferts de surplus administratifs, revenus de loyers, des restaurants, de la boutique, etc.», explique Julie Champagne, conseillère en communications de l’Assemblée nationale.

Ces surplus proviennent de la différence entre le budget qui est octroyé chaque année à l’Assemblée nationale et ce qu’elle dépense réellement, notamment en salaires. Mme Champagne explique que du côté administratif, les salaires non versés de gens qui ont quitté leurs fonctions, ont été en congé parental ou dont le poste a pris du temps avant d’être pourvu ont été alloués au chantier.

Même procédé pour les surplus politiques, qui sont quant à eux constitués de masses salariales, de budgets de fonctionnement et de budgets de déplacement non utilisés par les députés et leurs employés.

Mais dans quelle proportion exacte ces surplus ont servi à financer les travaux, par rapport aux véritables revenus? L’Assemblée nationale est incapable de le détailler. «Puisque la composition du compte de revenus autonomes fluctue constamment, il n’est pas possible de déterminer dans quelle proportion chacune des trois sources de revenus a servi à financer le projet», indique Mme Champagne.

Au début du projet il y a quatre ans, l’ancien président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon avait défendu cette façon de gérer les fonds publics.

Les seuls chiffres que l’Assemblée nationale a pu fournir au Soleil sont les montants qui se trouvaient dans l’enveloppe des revenus autonomes au 31 mars 2019. Ce compte affichait un solde de 13 millions $, dont 7 millions $ vont servir à terminer les paiements du nouveau pavillon.

Au 31 mars 2019, l’enveloppe était constituée à 34 % de revenus de loyers et autres, à 42 % de surplus administratifs et à 24 % de surplus politiques.

En étude des crédits il y a quelques semaines, le secrétaire général de l’Assemblée nationale Michel Bonsaint a laissé savoir que les surplus qui continuent de s’accumuler dans cette enveloppe serviront à payer les futurs travaux de rénovation, dont ceux du restaurant Le Parlementaire.

Lors de la même étude des crédits, l’actuel président de l’Assemblée nationale François Paradis s’est dit très «fier» du travail des employés de l’Assemblée nationale, qui ont conçu à l’interne ce pavillon et l’ont mené à bon port en redoublant d’ardeur durant le chantier qui a duré trois ans. «Le projet aurait été plus coûteux si les employés n’avaient pas été là», a soutenu M. Paradis.

Le président convient toutefois que de façon générale, il reste «du travail à faire» en matière de transparence des dépenses à l’Assemblée nationale et qu’un comité est présentement à l’œuvre pour lui faire des recommandations.

C’est mercredi soir que le nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale sera officiellement inauguré. François Paradis coupera le ruban après avoir procédé à une visite médiatique des lieux, qui comprend entre autres une agora, un espace d’exposition et deux salles de commissions parlementaires.

Le public est quant à lui convié à visiter gratuitement ce pavillon de même que toute l’Assemblée nationale les 1er et 2 juin, de 10h à 16h, lors de journées portes ouvertes.

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PROCHAINS CHANTIERS: LE PARLEMENTAIRE ET LE SALON BLEU

Si le chantier du pavillon d’accueil est terminé, l’Assemblée nationale ne perdra pas de temps avant de se plonger dans d’autres travaux. Le restaurant Le Parlementaire, qui a récemment fêté ses 100 ans, sera restauré d’ici quelques mois. Un budget de 3,9 millions $ est alloué à ce chantier, qui devra toutefois conserver le cachet historique du restaurant. En étude des crédits, le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a indiqué que les appels d’offres seront lancés en juin. En octobre, le restaurant sera fermé pour la durée des travaux, qui devraient se terminer en mars 2020.

Par la suite, l’Assemblée nationale a l’intention de rénover complètement le Salon bleu, ce lieu central du parlement où sont votées les lois. Le budget et l’échéancier de ce chantier ne sont pas encore connus parce qu’il s’agit de très grands travaux qui vont inclure de nouvelles technologies et de nouveaux moyens de communication. M. Paradis croit que la disposition des pupitres des députés pourrait être entièrement revue, alors que le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Michel Bonsaint, évoque l’installation de «pupitres intelligents», qui reconnaîtraient le député qui l’occupe et lui permettraient par exemple d’enregistrer son vote.