Depuis l’abolition des «frais accessoires», les cliniques médicales ne peuvent plus facturer pour l’inoculation. Certaines ont donc cessé d’offrir le service de vaccination.

Le «parcours du combattant» pour faire vacciner les enfants

Plusieurs jeunes familles doivent se taper un «réel parcours du combattant» pour faire vacciner leurs enfants, dénonce une médecin de famille du secteur Duberger. La Dre Sylvie Chateauvert demande l’intervention du ministre de la Santé pour alléger le fardeau des parents.

Depuis l’abolition des «frais accessoires», les cliniques médicales ne peuvent plus facturer pour l’inoculation. Certaines ont donc cessé d’offrir le service, explique-t-elle.

La clientèle de ces établissements doit maintenant prendre des rendez-vous au CLSC pour que les enfants de moins de 6 ans reçoivent la panoplie de vaccins remboursés par l’État. En plus des rendez-vous chez le médecin. 

Au CLSC, il n’y a toutefois pas de place n’importe quel jour. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS-CN) a choisi de vacciner les enfants l’été et durant les journées pédagogiques; des journées différentes selon les secteurs de la Ville, selon la commission scolaire.

«Comme la majorité des cliniques ne vaccinent pas en raison de la lourdeur de la gestion des produits immunisants, les parents qui font vacciner leurs enfants doivent aller au CLSC», résume la Dre Chateauvert dans une lettre publiée dans la section Opinions du Soleil. «Ils ont donc déjà deux rendez-vous à gérer impliquant des déplacements et des absences au travail.»

Ce n’est pas tout, poursuit la médecin. Un vaccin pour enfant n’est pas remboursé par Québec. Celui-ci protège contre la méningite de souche B.

Avant la loi interdisant les «frais accessoires», le patient pouvait l’acheter au prix coûtant au CLSC ou l’acquérir à sa clinique médicale. On lui injectait en même temps que ses autres vaccins. «Mais avec la loi, c’est devenu illégal.»

Les parents qui tiennent à protéger leurs petits doivent donc se le procurer à prix plus élevé à la pharmacie après avoir pris un rendez-vous chez le médecin pour l’ordonnance.

Puis il faut trouver quelqu’un pour l’injecter, note Mme Chateauvert. Des CLSC refusent toutefois d’administrer des produits achetés à l’extérieur. Les parents doivent alors trouver un autre rendez-vous dans une clinique qui accepte de le faire… ou aller au privé.

«Ça n’a pas de bon sens, c’est le parcours du combattant», critique Sylvie Chateauvert. «C’est un non-sens, c’est une aberration incroyable!»

Meilleur accès

Le Directeur de la Santé publique régionale, le Dr François Desbiens convient que des CLSC refusaient d’injecter un produit acquis en pharmacie. Il assure néanmoins que les directives seront ajustées pour que les enfants puissent y recevoir le vaccin contre le méningocoque de type B. Les parents devront cependant toujours se le procurer en pharmacie après être passés chez le médecin.

Le Dr Desbiens ajoute que les CLSC ont «augmenté les plages horaires» dédiées à la vaccination des petits depuis que des cliniques privées ont cessé d’offrir ce service.

Il juge ainsi pouvoir répondre à la demande accrue et maintenir un haut niveau de vaccination.

La Dre Sylvie Chateauvert demande malgré tout au ministre d’intervenir pour simplifier le processus.