Un couple de Québec a payé une pleine page de publicité dans Le Soleil samedi pour dénoncer la détérioration du pont de Québec.

Le NPD comprend l'exaspération de la population envers le pont de Québec

Le député du Nouveau Parti démocratique (NPD) Denis Blanchette n'a pas été surpris de voir des citoyens se payer une pleine page de publicité pour appeler au secours du pont de Québec. «La population est exaspérée», assure l'élu fédéral.
«Continuez à me délaisser jusqu'à ce que je tombe, BANDE DE CAVES...» Samedi, deux citoyens de la capitale lançaient un cri du coeur dans Le Soleil en achetant une pleine page de publicité pour dénoncer l'inaction dans le dossier du pont de Québec.
«Combien de fois dans une vie on voit un citoyen acheter une publicité pour dénoncer une situation? Ailleurs dans le monde, c'est déjà arrivé. Mais ça n'arrive pas à Québec!» fait valoir le député de Louis-Hébert du Nouveau Parti démocratique, Denis Blanchette. «Combien de gens auraient bien aimé le faire, mais n'ont pas les moyens? Il y a quelque chose qui ne va pas. Ce que ça devrait dire au gouvernement conservateur, c'est que la population est exaspérée.»
Maintes interventions
Depuis son arrivée à Ottawa, Denis Blanchette a interpellé à plusieurs reprises le gouvernement conservateur au sujet du pont de Québec, qui rouille à vue d'oeil. «Tous se cachent derrière l'imbroglio juridique. La première cause sera peut-être entendue au printemps, après neuf ans. C'est tout à fait inacceptable de se cacher derrière ça.»
Le pont de Québec était anciennement la propriété du gouvernement fédéral par le Canadien National. Le fédéral a toutefois privatisé le CN en 1995. Depuis quelques années, le CN a cessé certains travaux sur le pont. La peinture n'a jamais été complétée. Le dossier se réglera probablement devant les tribunaux.
De quoi pousser les citoyens de Québec à bout, soutient à ce propos Denis Blanchette. «Les gens de Québec sont tolérants, ils sont patients. Mais là, je pense qu'on a peut-être atteint un point de non-retour dans la patience des gens de Québec dans ce dossier-là.»
Dans l'attente, le député de Louis-Hébert s'inquiète de la détérioration du plus long pont cantilever au monde. «On n'a même pas un entretien essentiel. Le pont, il tient. On fait le strict minimum, et on attend de voir qui va payer quoi. Pendant ce temps-là, ça rouille et ça se détériore tranquillement.»
Les contribuables feront les frais un jour ou l'autre de cette inaction, plaide le néo-démocrate. «Il n'y a personne de gagnant là-dedans. Tout le monde a besoin de ce pont-là, que ce soit le transport ferroviaire, les cyclistes, les automobilistes, le transport collectif. Et la prévention coûte moins cher que la réparation. Personne ne calcule ce que ça coûtera, le non-entretien du pont de Québec.»