Il y a maintenant 615 travailleurs qui travaillent dans les restaurants et les bars du Centre Vidéotron, alors qu’il y en avait 900 à l’inauguration en 2015.

Le nombre d’employés au Centre Vidéotron a fondu

EXCLUSIF / Signe que l’achalandage au Centre Vidéotron est en dessous des prévisions de la direction, le nombre d’employés a fondu de près du tiers depuis l’ouverture de l’établissement, a appris Le Soleil.

En 2015, quelques semaines avant l’inauguration de l’amphithéâtre de Québec, environ 900 travailleurs figuraient sur la liste des Teamsters du Canada, selon des données fournies par le responsable des communications du syndicat, Stéphane Lacroix. «Nous en dénombrons actuellement 615 dans notre liste de membres», dit-il. Il s’agit d’employés à temps plein et à temps partiel. 

Ils travaillent pour la firme AEG et Levy Restaurants. Ce dernier est une division du géant britannique Compass, qui gère les services de restauration et de bars dans l’édifice.

Mentionnons toutefois que lorsque la direction de Québecor a élaboré son plan d’affaires pour opérer l’établissement de 370 millions $, les négociations pour le retour des Nordiques n’étaient pas au point mort. La Ligue nationale de hockey (LNH) avait un plan d’expansion sur la table. On connaît la suite, les Golden Knights de Vegas ont vu le jour. Et la direction de l’amphithéâtre multifonctionnel mise présentement sur une offre de spectacles, quelques matchs hors-concours de la LNH ainsi que les Remparts — une quarantaine de parties par année — pour faire ses frais. 

Comme pour toute entreprise, une période de rodage a aussi été nécessaire. Ce qui a probablement entraîné un ajustement des besoins.

«Il y a plusieurs raisons qui peuvent expliquer la baisse du nombre d’employés, mais premièrement, il n’y a pas d’ouvrage au Centre Vidéotron. Il n’y a pas beaucoup de spectacles. Lorsqu’il n’y a pas de travail, les gens se cherchent des emplois ailleurs», avance M. Lacroix, notant que les 900 travailleurs représentaient «les besoins anticipés» par les responsables de l’édifice avant son ouverture. Il s’agit de la liste de noms qui avait été transmise au syndicat. 

«À Québec, c’est presque le plein emploi, alors ce n’est pas difficile pour une personne de trouver un autre travail où elle aura un nombre d’heures suffisant. Aussi longtemps qu’il n’y aura pas d’équipe de hockey professionnel dans la capitale, les heures de travail ne seront pas augmentées», poursuit-il.

Lorsque la direction de l’amphithéâtre a dressé le bilan de sa première année en septembre 2015, l’édifice avait été occupé 93 soirs, ce à quoi s’ajoutaient 30 événements corporatifs.

Huit heures par mois

Selon des calculs du syndicat, un employé du Centre Vidéotron travaille actuellement en moyenne seulement huit heures par mois. M. Lacroix assure toutefois que les relations entre l’employeur et les employés sont très bonnes.

Les Teamsters représentent les travailleurs des cuisines, des concessions alimentaires, magasiniers, barmans ainsi que les hôtesses et hôtes dans les loges d’entreprise. Selon nos informations, la majorité des employés auraient quitté d’eux-mêmes le navire. Dès décembre 2015, lors de la signature du premier contrat de travail, une centaine de personnes ne figuraient déjà plus sur la liste. 

Selon M. Lacroix, cette situation pourrait s’avérer néfaste si un jour les Nordiques reviennent dans la capitale. Il pourrait être plus difficile pour l’entreprise de dénicher des bras pour répondre aux clients. 

«Il y a un aspect de réputation. Lorsqu’une entreprise embauche un certain nombre de personnes et que seulement une partie des gens travaille, cela se parle dans le milieu. Est-ce que ces gens vont vouloir travailler après pour cet employeur?[...] Ce qu’on me dit actuellement, c’est que plusieurs travailleurs ont le moral à terre, car ils voient que le projet ne décolle pas», ajoute-t-il.

Chez Québecor, le directeur des communications et du marketing du Groupe sports et divertissement, David Messier, a indiqué au Soleil dans un courriel que «lors d’un événement, les besoins en personnel sont à peu près les mêmes depuis l’ouverture du Centre Vidéotron. Ils varient selon la configuration de l’amphithéâtre, le nombre de spectateurs présents et le type d’événement qui est présenté.»

Du côté du syndicat IATSE (Alliance internationale des employés de scène et de théâtre) qui représente environ 150 employés au Centre Vidéotron, aucun changement n’a eu lieu. Le porte-parole, Robert Masson, affirme que le nombre de travailleurs sur le site varie en fonction de l’importance du spectacle.

Cet automne, la direction du Groupe sports et divertissement de Québecor a procédé à d‘importants changements au sein de l’équipe de responsables du bâtiment et de ses activités.