Guy Plante et Jean-Luc Lepage forment la paire la plus ancienne des Petits Frères de Lévis.

Le Noël des vieux amis

Jean-Luc, 82 ans, aurait probablement passé Noël seul chez lui à écouter la télévision, faute d'avoir un autre choix. Dimanche midi, il était plutôt assis à table à la gauche de son ami Guy, entouré de près de 200 personnes partageant un repas de Noël à l'Hôtel Clarion.
Jean-Luc Lepage et Guy Plante forment la paire la plus ancienne des Petits Frères de Lévis, nés il y a quelques années en complémentarité avec la branche de Québec des Petits Frères. L'organisme international vient en aide aux ainés en situation d'isolement, principalement en associant chaque personne âgée membre à un bénévole.
Les Petits Frères visent à créer une famille autour des ainés isolés, explique le directeur régional de l'est du Québec, Pascal Fournier. Tout particulièrement dans les moments comme le jour de Noël, où être seul peut peser lourd. C'est pourquoi l'organisme convie annuellement ses membres des deux rives de Québec à un diner de Noël du 25 décembre. Certains en profitent pour chanter et danser entre deux services au son d'un accordéoniste invité. D'autres, comme Jean-Luc Lepage, apprécient seulement le fait de manger bien entourés.
«Ça fait changement parce que je ne voyais pas beaucoup de monde», lance à voix basse Jean-Luc Lepage sur son arrivée dans les Petits Frères, il y a plus de deux ans. L'octogénaire avoue être un «enfant de la crèche». Il n'a jamais connu sa mère ou son père. La famille peut paraitre un concept abstrait.
Les ainés en situation d'isolement sont généralement recommandés à l'organisme par des travailleurs sociaux. Guy Plante avait vu passer une publicité des Petits Frères et les avait approchés pour devenir bénévole. On l'a jumelé à Jean-Luc.
«Maintenant, c'est comme un chum pour moi. Ce n'est pas très demandant, il est autonome. Je l'appelle une fois par semaine et le visite aux deux semaines. On fait une petite sortie de temps à autre.»
C'est Guy qui a convaincu Jean-Luc de participer à des activités de groupe des Petits Frères. Certains membres profitent du diner de Noël ou de l'activité estivale de l'organisme à Oka pour se lier d'amitié et garde le contact par la suite.
Ce n'est pas nécessairement le cas de Jean-Luc Lepage. «Je suis indépendant. Je fais mes petites affaires à moi tout seul. Quelqu'un qui me parle, c'est correct, mais quelqu'un qui est rough avec moi, je trouve quelque chose pour éviter de lui parler», confie-t-il avec une pointe de méfiance.
Il vient au diner de Noël pour être avec Guy. Les deux sont allés aux chutes Niagara cet été, gracieuseté du programme Rêve d'ainés des Petits Frères. «Ce n'est pas difficile de créer un lien», assure Guy Plante. Il suffit de prendre le temps de connaitre à qui l'on a affaire. «Jean-Luc, si tu veux lui faire ouvrir grand les yeux, tu lui parles de lutte. Il capote là-dessus.»
Les membres des Petits Frères ont pratiquement doublé à Québec depuis cinq ans, explique Pascal Fournier. Les bénévoles aussi sont de plus en plus nombreux. «On a doublé notre famille, mais le financement, lui, n'a pas vraiment doublé», pointe le directeur régional, qui est néanmoins convaincu de pouvoir offrir des activités spéciales pour le 30e de la branche régionale des Petits Frères, en 2017. Sur la page accueil de leur site Internet, les Petits Frères offrent trois options bien visibles : «Donnez maintenant», «Devenez bénévole» ou «Vous êtes seul(e)?» L'appel est lancé.