Afin d’avoir le droit de continuer à les utiliser, le ministère des Transports paiera 5,8 millions $ de plus sur cinq ans au consortium piloté par CGI qui lui a vendu les appareils à l’époque.

Le MTQ paiera 5,8M$ de plus pour des radars photo de 2009

Les 15 premiers radars photo installés au Québec en 2009 coûtent encore cher à l’État. Afin d’avoir le droit de continuer à les utiliser, le ministère des Transports paiera 5,8 millions $ de plus sur cinq ans au consortium piloté par CGI qui lui a vendu les appareils à l’époque.

Octroyé sans appel d’offres, le nouveau contrat est essentiel pour que les autorités puissent poursuivre la distribution d’amendes, plaide au Soleil la relationniste et porte-parole du MTQ, Émilie Lord. «Sans un renouvellement de cette entente avec le consortium […], les équipements devront alors être mis hors service.»

Reculons dans le temps pour comprendre. «[En 2009], dans le cadre d’un projet pilote, le Québec a déployé 15 appareils de contrôle automatisé (ACA), aussi appelés radars photo», rappelle Mme Lord. Ils ont été installés dans les régions de Montréal, de la Montérégie et de Chaudière-Appalaches, notamment à Lévis, à Saint-Georges et à Thetford Mines.

«Un consortium dirigé par la firme CGI [avait] remporté un appel d’offres public pour l’acquisition, l’inspection, l’entretien et le support technique de ces 15 ACA», poursuit-elle. Le «consortium» regroupait également le fabricant des radars photo, Jenoptik, et une firme mandatée pour les soigner, les réparer, Technologie Routière 2000. Ils ont touché quelque 9 millions $.

Et le contrat stipulait que le calibrage des appareils ainsi que leur entretien doivent être réalisés par une compagnie «autorisée» par le consortium tant que Québec voudra les utiliser, indique Mme Lord.

Ces entreprises ont donc bénéficié deux fois depuis 2009 d’un renouvellement de gré à gré de leur contrat. «Au moment de l’expiration de [la première] entente, en 2013, et après une analyse des coûts, le Ministère a déterminé que le maintien en service des appareils de la phase 1 pour cinq années supplémentaires était plus avantageux que de procéder à l’achat de nouveaux ACA», explique Émilie Lord. «Ce faisant, un contrat de gré à gré d’une durée de cinq ans a été octroyé au consortium dirigé par la firme CGI le 7 octobre 2013.» Valeur? Autour de 6,5 millions $.

«Cette entente est venue à échéance le 7 octobre 2018», ajoute-t-elle. «Une nouvelle analyse des coûts a déterminé que le maintien en service des appareils était plus avantageux que de procéder à l’achat de nouveaux ACA, d’où le nouveau contrat de gré à gré.» Donc, 5,8 millions $ de plus pour CGI et ses partenaires.

Le MTQ soutient qu’il est autorisé à renouveler sans appel d’offres puisque l’accord initial stipule qu’«un seul contractant est possible».

53 cinémomètres

Le projet pilote lancé en 2009 avait été jugé concluant par le gouvernement de l’époque. D’autres radars photo ont donc ensuite été achetés. «Depuis l’automne 2015, 39 nouveaux appareils ont été graduellement mis en service sur le territoire des villes et des régions ciblées. Ceux-ci sont venus s’ajouter aux 14 déjà en service», expose le site du MTQ. CGI et ses associés avaient de nouveau raflé la mise. Un mandat de 15,7 millions $ pouvant atteindre 30 millions $ avec les options.

«Près de la moitié des nouveaux appareils sont déployés sur des chemins publics desservant certaines municipalités dont l’entretien relève du Ministère et dont la surveillance est assurée par la Sûreté du Québec. Ces municipalités sont situées dans les régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches, de la Montérégie, de Montréal, de Laval, des Laurentides et de Lanaudière. Les autres appareils sont déployés dans les agglomérations de Québec et de Longueuil ainsi que dans les villes de Montréal, Laval et de Gatineau.»