S’ils peuvent difficilement continuer à habiter dans leur monastère, les pères rédemptoristes ne remettent pas pour autant en question leur statut de «gardiens» du sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré où ils sont présents depuis la fin des années 1800.

Le monastère des rédemptoristes appelé à être vendu

Avec des travaux à y réaliser dont les coûts dépasseraient le million de dollars et seulement 10 pères rédemptoristes qui y résideront d’ici la fin de l’année, le monastère de Sainte-Anne-de-Beaupré est appelé à être vendu.

Assunta Bouchard, vice-rectrice du sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, a indiqué vendredi que les pères rédemptoristes ne remettaient pas en question leur statut de «gardiens» du sanctuaire où ils sont présents depuis la fin des années 1800. 

Cependant, le déménagement à court terme de plus de la moitié des 27 pères vers des résidences rendra difficile le maintien du monastère comme résidence des pères restants. «Nous avons présentement une infirmerie dans le monastère et nous sommes en train de la fermer et de faire déménager ceux qui y habitaient vers des résidences spécialisées», explique Mme Bouchard.

Le plus vieux des pères rédemptoristes est en effet âgé de 103 ans alors que le «jeunot» du groupe est le père Charles Duval, supérieur de la province rédemptoriste de Sainte-Anne-de-Beaupré. Au total, 18 pères sur 27 devaient quitter le monastère. Six ont déjà trouvé un nouveau logis, un est décédé récemment et 11 autres partiront à court terme pour une résidence.

«C’est dur pour nous de voir partir des pères qu’on côtoyait tous les jours, c’est sûr que ça nous attriste, mais c’est un mal pour un bien», résume Assunta Bouchard au sujet des sentiments qui animent le personnel du sanctuaire. 

Il restera donc une dizaine de pères «assez jeunes», certains ayant entre 75 et 80 ans, pour s’occuper de la basilique et du sanctuaire. Ils demeureront au monastère jusqu’à la fin de l’année, mais une firme spécialisée a été mandatée afin de déterminer d’ici le printemps ce qui sera fait du monastère et d’autres installations comme celles du Séminaire Saint-Alphonse, du Musée de Sainte-Anne et de l’auberge de la basilique, des infrastructures qui sont aujourd’hui fermées.

Impossible à conserver

C’est un secret de polichinelle que la communauté sera incapable de conserver ces bâtiments. «À dix, ce sera difficile de garder le monastère. On ne garde pas une grande maison comme ça pour dix personnes!» concède Mme Bouchard, qui est loin d’écarter la possibilité de voir les pères restants quitter le monastère d’ici la fin de l’année. 

«Pour la saison des pèlerinages, qui débute après Pâques, ils devraient continuer d’habiter ici, mais par la suite, il n’est pas impossible qu’ils aillent demeurer ailleurs tout en restant près du sanctuaire. Au fond, c’est comme dans les paroisses d’aujourd’hui: un curé peut en avoir six sous sa responsabilité et il n’habite pas nécessairement à l’endroit où il travaille», illustre la vice-rectrice.

Mme Bouchard fait aussi remarquer que les bâtiments ont presque 100 ans et qu’ils coûtent cher à entretenir. «Pour l’auberge, si on l’a fermée avant les Fêtes, c’est qu’il aurait fallu mettre 800 000 $ seulement pour les travaux d’urgence de mise aux normes. Pour le monastère, le montant qu’on devrait y investir pour le maintenir dépasse le million $.»

Assunta Bouchard a aussi parlé des coûts d’électricité et de chauffage «très élevés» du monastère et de la difficulté à maintenir en place une infirmerie, gérée par une entreprise privée de Québec, à Sainte-Anne-de-Beaupré. «Honnêtement, c’était devenu difficile de trouver du personnel pour se déplacer à Sainte-Anne-de-Beaupré».

La situation vécue par les rédemptoristes est celle que plusieurs autres communautés religieuses du Québec vivent depuis de nombreuses années :  manque de relève, infrastructures anciennes qui nécessitent des travaux importants et trop grandes pour un effectif vieillissant et de moins en moins nombreux.

La vice-rectrice assure cependant que les pères rédemptoristes poursuivront leur mission de gardiens du sanctuaire avec l’appui de rédemptoristes d’ailleurs dans le monde. «Le père Paul Bombardier, un Américain, travaille avec nous depuis un an et demi et on attend aussi prochainement un père africain et un père sri-lankais qui viendront aussi nous aider», conclut-elle.