Le maire de Québec Régis Labeaume a reconnu publiquement que le racisme érigé en système existe bel et bien dans la société québécoise.
Le maire de Québec Régis Labeaume a reconnu publiquement que le racisme érigé en système existe bel et bien dans la société québécoise.

Le maire Labeaume reconnaît le racisme systémique

Jean-François Néron
Jean-François Néron
Le Soleil
Le maire de Québec a reconnu publiquement que le racisme érigé en système existe bel et bien dans la société québécoise.

Si les politiciens reconnaissent généralement qu’il y a du racisme au Québec, tous ne font pas le pas d’affirmer qu’il y a une forme de racisme systémique au sein de la société.

Régis Labeaume a fait part de ses réflexions à ce sujet jeudi sur sa page Facebook à la suite d’une rencontre tenue la veille avec Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador. Le maire se sent interpellé d’autant plus que les Québécois cohabitent avec la nation huronne-wendat de Wendake.

«De mon point de vue, le racisme systémique est un phénomène insidieux qui persiste dans l’environnement social d’une population ou d’une communauté. À des degrés divers, ce phénomène induit des comportements empreints de préjugés négatifs à l’égard des personnes racisées. Ce racisme est aussi systémique parce qu’il perdure dans le temps et se reproduit», explique-t-il.

Le maire donne une piste d’explication qui aide à comprendre pourquoi plusieurs ne veulent pas reconnaître sa présence. «Je comprends que les réflexes qu’il provoque sont généralement de nature inconsciente ou irraisonnée, bien que certains soient lourds d’agressivité, et éventuellement de haine.»

M. Labeaume termine en précisant que cette définition du racisme systémique est la sienne et ne prétend pas être «LA définition». Elle découle, conclut-il, du résultat de la somme de ses observations quotidiennes dans la cité.

Cette déclaration publique survient dans la foulée du décès de Joyce Echaquan, mère de famille autochtone, décédée à l’hôpital de Joliette sous les insultes racistes de deux employés. 

Ce décès est survenu un an presque jour pour jour après le dépôt du rapport Viens qui fait état de la discrimination systémique au Québec envers les Autochtones, notamment dans les soins de santé.

Le premier ministre François Legault a adressé des excuses officielles à la famille, disant que «le service public québécois a failli à son devoir». Par contre, malgré les appels répétés, le PM refuse de parler de racisme systémique au Québec. Il dit préférer se «concentrer sur les actions» plutôt que sur un «débat sémantique».