Le lobby des armes à feu perçoit un engouement au Québec

Portée par la croissance de son effectif au Québec, l'Association canadienne des armes à feu (ACAF), un groupe de pression pour l'assouplissement des contrôles en la matière, s'installe dans la capitale pour deux jours.
«C'est notre réunion annuelle», explique le codirecteur pour le Québec, Claude Colgan, joint dans sa voiture pendant le trajet vers Québec. «Et c'est la première fois que la NFA va tenir son congrès au Québec, c'est la première fois dans son histoire depuis 1978.»
Claude Colgan est électromécanicien. Il est aussi le frère d'Hélène Colgan, une des victimes de la tuerie de l'école Polytechnique de Montréal, en 1989. Et c'est justement parce que ce drame est à l'origine du resserrement des lois encadrant la possession des armes à feu qu'il s'implique au sein de l'ACAF (NFA en anglais, pour National Firearms Association). 
«C'est la raison principale qui m'a amené à faire de l'activisme pour les armes à feu; les lois draconiennes qui ont été mises en vigueur suite aux événements de Polytechnique. [...] On s'est servi de la tragédie de Polytechnique, on s'est servi d'un crime odieux pour tenter de criminaliser une catégorie de gens qui n'avaient absolument rien à voir dans cette tragédie-là.»
Il sera donc à Québec pour le congrès avec ses collègues de l'Association. «Habituellement, c'est entre 50 et 100 personnes. Ce sont les directeurs et les coordonnateurs régionaux des autres provinces. Puis, il y a quelques membres locaux qui se joignent.»
Pourquoi avoir choisi la capitale? «Parce que c'est une ville magnifique.» Il ajoute : «L'année dernière, la réunion générale était à Vancouver, l'année d'avant, elle était à London en Ontario. Il était temps que la NFA fasse sa réunion annuelle au Québec.»
L'ACAF revendique 75 000 membres. M. Colgan évalue qu'autour de 8000, peut-être 10 000, proviennent du Québec. «Dans les trois dernières années, on double à chaque année. Nous sommes beaucoup plus présents et visibles au Québec et ça paraît énormément.»
«La culture des armes à feu est très présente et très vivante au Québec», selon lui. Pour la chasse, mais aussi pour la collection, le tir olympique, la défense personnelle, l'armurerie, la reconstitution de batailles historiques... énumère Claude Colgan.
Nouveau souffle
C'est d'ailleurs parce qu'il perçoit un nouveau souffle en faveur des armes à feu qu'il ne craint pas de réactions négatives par rapport à la tenue du congrès à Québec. «Ça devient de plus en plus grand public. Il y a une recrudescence et un intérêt extrêmement fort pour les armes à feu partout à travers le Canada. Il y a une nouvelle génération de tireurs en train de se développer.»
«La NFA est une organisation qui était surtout concentrée en Colombie-Britannique et en Alberta», poursuit-il. «Depuis les deux, trois, dernières années, l'Association est vraiment devenue une association nationale avec une présence partout à la grandeur du Canada, incluant le Québec.»
«On a nos propres pages Web, nos propres émissions de radio, nos propres publications écrites», ajoute-t-il. L'ACAF fait également du lobbying auprès des politiciens afin d'éliminer les lois sur le contrôle des armes à feu.
Des politiciens seront d'ailleurs dans la capitale pour le congrès : le chef des conservateurs québécois et celui du Parti libertarien du Canada. Aussi des «sommités» en matière d'armes à feu et des experts en tir, bien sûr. On attend en outre Éric Duhaime, l'animateur. Le Dr Caillin Langmann, également, un chercheur qui étudie la corrélation (ou la non-corrélation) entre des législations sur les fusils, pistolets ou carabines et le taux d'homicides.