Le lauréat

Louis St-Gelais: l’ouverture sur les marchés mondiaux

Se présenter pour la première fois à un concours international de design et remporter le premier grand prix dans sa catégorie fut toute une surprise pour Louis St-Gelais.

Une surprise pour l’équipe de Vitrines Zone, mais surtout des occasions d’affaires avec une grande ouverture sur le marché international pour leur produit, des vitrines spécialisées destinées aux musées et aux grandes expositions.

«Nous avons participé au concours en écoutant les conseils de Québec International, explique le président de la compagnie. Nous n’avions aucune attente, mais ce prix ne pouvait mieux tomber. C’est une possibilité d’expansion de notre marché qui apportera de l’argent neuf dans la région de Québec.»

Ce concours comprend 47 catégories et réunissait 6300 projets, dont ceux de Bombardier qui ont obtenu des prix de design, Ferrari, Apple, Samsung et plusieurs autres parmi les participants réguliers d’année en année.

Une entreprise ne peut être plus québécoise que Vitrines Zone avec ses 35 employés dans le parc industriel de Charlesbourg. «Nos produits sont à 99,8 % québécois. Nos cadres en acier sont produits à Québec, notre verre aussi. Il n’y a que certaines pentures spéciales provenant de la Nouvelle-Zélande et parfois des systèmes d’éclairage achetés aux États-Unis. Toute la conception est faite ici, comme l’assemblage dans notre usine», explique Louis St-Gelais avec fierté.

Un fournisseur majeur

Plus grand fournisseur de vitrines spécialisées sur mesure en Amérique du Nord en 2016, Vitrines Zone est toujours parmi les fournisseurs majeurs. 

Lous St-Gelais mentionne les grands musées du Québec, que ce soit celui de la civilisation, le Musée national des beaux-arts ou encore Pointe-à-Callière à Montréal, sans compter plusieurs autres au Canada parmi les 5000 lieux d’exposition au pays. 

Il n’oublie pas les grands musées des États-Unis avec plusieurs projets dans les pavillons Smithsonian à Washington. Actuellement, l’entreprise travaille sur des projets au Palais présidentiel à Abou Dhabi et d’autres à Dubaï.

Les débuts

L’entreprise Concetti Design, dont Vitrines Zone, a été fondée en 1985 par Louis St-Gelais et trois autres amis finissants de l’école du meuble de Victoriaville. «Nous avons investi chacun 3000 $ pour créer notre compagnie avec notre petit atelier de 600 pieds carrés, se souvient-il. Mais c’est en 2000 que le virage a été pris avec un premier contrat pour le Musée de la civilisation de Québec. 

«En voyant les besoins pour la conception des vitrines pour les expositions, poursuit M. St-Gelais, nous avons développé une spécialité comme entrepreneur en exposition. Notre première vitrine conçue et construite ici a vu le jour en 2000. C’est un de mes amis, Pierre Giguère, qui s’est joint à l’équipe pour développer ce volet de l’entreprise. J’avais le choix de prendre de l’expansion en allant à Montréal, en développant des kiosques pour les entreprises ou prendre le virage dans le secteur de vitrines. Lorsque Pierre a vu ce que nous avions réalisé, c’était clair pour lui que nous devions nous lancer dans la production de vitrine. Je lui en dois une, car c’est lui qui nous a fait prendre la bonne voie pour la croissance de la compagnie.»

Dans les prochains mois, l’entreprise grandira en ajoutant plus d’espace pour développer son volet design de produit. «La conception et le design sont soumis à la fonction. Nos produits doivent être étanches, à atmosphère contrôlée, avec de l’éclairage spécifique. Il faut que nos vitrines soient presque invisibles, car le but c’est de mettre en valeur les artéfacts exposés», conclut-il.

Dans cette aventure, le prix Reddot arrive à point nommé pour donner un élan à la compagnie.

Le lauréat

Roland Martel: toute une vie au service de la musique

Roland Martel a beau dire qu’il range sa baguette de chef d’orchestre, il a toujours la musique dans le sang. La musique, le jazz, la danse, c’est au moins 60 ans de sa vie. Jamais, il ne tournera le dos à la musique. Le feu sacré est toujours vivant.

Il a cédé la baguette de chef à sa fille Katee Julien, mais celle-ci veut qu’il dirige encore son band avec elle pour un temps.

Formé au conservatoire de musique comme trompettiste et en chant classique, le chef d’orchestre est aussi un excellent conteur. Des souvenirs, des histoires sur son amour de la musique, sur ses succès, mais aussi celle d’un incident qui a failli lui couper tous ses espoirs de musicien.

Lorsqu’il était gardien de but pour les Citadelles de Québec, à l’époque de Jean Béliveau, un joueur adverse décoche un puissant lancer frappé au lieu de tenter de le déjouer.

Fracture de la mâchoire supérieure, du sang partout. Il doit se faire opérer. Un prof du conservatoire lui dit qu’il ne jouera plus de trompette : impossible. Dans la tête de Roland Martel, les rêves s’assombrissent.

Pourtant, un rayon de soleil vient raviver les espoirs. Marc Boivin, un musicien de son orchestre et pour le Royal 22e Régiment lui dit : «Tu vas rejouer de la trompette.» Il lui raconte l’histoire d’un trompettiste des États-Unis qui a continué à jouer en déplaçant l’embout sur un côté de sa bouche.

Persévérance

«J’ai vécu trois mois difficiles. Trois mois de persévérance à cause de Marc Boivin. J’ai rejoué de la trompette, relate-t-il. Et j’ai continué de garder les buts. J’ai même joué deux parties hors concours pour les As de Québec.» Rien ne pouvait plus l’arrêter.

Il raconte alors sa passion de la musique. Sa mère jouait du piano. Son père, du violon. Lui, à 16 ans, pendant son travail dans un restaurant au Colisée, écoutait les grands orchestres et les revues musicales qui se produisaient dans l’amphithéâtre.

Pendant Expo-Québec, alors que l’orchestre de Samy Key se produisait, il y avait un concours. Les jeunes étaient invités à diriger l’orchestre pour une pièce musicale. Le gagnant remportait une coutellerie.

«J’avais déjà mon band, se souvient-il. Mon patron me dit d’enlever mon tablier et d’aller sur scène. J’avais le rythme, je connaissais le morceau. Je me lance et les musiciens avaient les yeux grand ouverts d’étonnement. Ils m’ont suivi et ils m’ont fait signe de continuer.»

Qui a gagné la coutellerie? Roland Martel. Plus encore, Samy Key lui a remis sa baguette de chef. «Je l’ai donnée à ma mère en arrivant à la maison», lance-t-il, tout sourire.

Les succès

Et les succès s’enchaînent. Sa notoriété s’établit peu à peu au travers des autres orchestres de Québec. À 21 ans, sa carrière prend une nouvelle tournure. «Les soupers dansants avaient commencé au Château Frontenac dans la grande salle Jacques-Cartier. Moi, je jouais dans une petite salle. Le directeur de l’hôtel, M. Jessop, n’était pas satisfait du genre de musique de l’orchestre. Ce n’était pas le style pour la danse. Il congédie l’orchestre. Il téléphone à la maison vers 22h pour me demander si j’étais libre avec mon orchestre pour le lendemain soir.»

Sa carrière était lancée. Il jouera pendant des années au Château Frontenac, pendant le Carnaval de Québec devant les grands de ce monde. «Lors du Bal de la Régence, Grace de Monaco arrive. Oui, Grace Kelly. Alors j’ai joué sa pièce préférée, True Love, pour qu’elle entame la valse. À la fin, elle a demandé à me voir. Elle m’a donné la main en me disant dans un français impeccable : ‘‘Vous êtes merveilleux. Votre musique me plaît !’’ Le chef du protocole a même permis à mon frère de filmer ce moment.»

Les succès se suivront les uns après les autres. Il se rappelle avoir fait un tabac à Paris, à l’Hôtel Méridien. C’est ce que les journaux ont rapporté.

Plusieurs fois pendant l’entrevue, celui qui a quatre fois 20 ans répète que si l’orchestre Roland Martel a pu exister et durer si longtemps, «c’est à cause des musiciens. Sans eux, il n’y aurait jamais eux d’orchestre» portant son nom.

Maintenant, sa fille reprend la baguette pour que l’histoire se perpétue.

Le Lauréat

Marie-Philippe Benoît: l'engagement comme mode de vie

Lorsqu’elle regarde son agenda chargé de notes et de rendez-vous tous les jours, Marie-Philippe Benoît affirme qu’elle aura une belle semaine. Ce sont des activités, mais aussi des rencontres. Pour elle, l’engagement ce n’est pas du temps partiel, c’est un mode de vie.

Lorsqu’elle arrive pour l’entrevue, la jeune femme de 17 ans marche d’un pas déterminé, le feu dans les yeux. On sent dès le départ qu’elle a du tempérament et qu’elle veut aller le plus loin possible.

Chose certaine, toutes ses activités sont tournées vers les autres, que ce soit les Sentinelles de l’aide pour favoriser l’intégration des jeunes de première secondaire dans la polyvalente. Ou encore les Aidants secrets, ceux et celles qui dénoncent l’intimidation, voire la Fondation de la polyvalente de L’Ancienne-Lorette, un organisme qui lui tient à cœur, car c’est un moyen d’aider les élèves ayant des difficultés financières.

«Fais suer ton prof»

Elle a organisé une campagne de financement originale : «Fais suer ton prof». Ce sont des défis sportifs amicaux lancés aux profs par les élèves qui mettent un 2 $ dans la cagnotte. Si le prof réussit à battre l’élève ou à égaler sa performance, tant mieux. Sinon, il y aura une conséquence composée de redressements assis, de push-ups, et quoi d’autre pour faire suer l’enseignant un peu plus.

«Rien dans les défis ne doit humilier ou abaisser le professeur, lance Marie-Philippe. C’est pour le plaisir de participer, d’amasser de l’argent pour les autres.»

Elle qui a toujours des liens avec la fondation, Marie-Philippe Benoît voit plus loin encore. Elle veut entraîner d’autres écoles secondaires dans son sillage, même des écoles du primaire pour que l’activité «serve à des causes qui leur tiennent à cœur» en faisant suer les profs.

«Il faut que cela s’étende à tout le Québec.» Alors, elle décuple ses efforts pour que tout cela se réalise.

Son secondaire est à peine derrière elle qu’elle s’est déjà engagée dans le Club Entrepreneuriat Sainte-Foy comme vice-présidente au partenariat.

Inscrite en Technique en gestion commerciale au Cégep de Sainte-Foy, elle sait que ce sera une étape vers les études à l’Université Laval en management, ou une autre branche connexe la menant vers l’entrepreneuriat et le monde des affaires. Car le prix de Forces Avenir était accompagné d’une bourse de 10 000 $ pour ses cours universitaires. Travailler dur pour réussir ne lui fait pas peur. Au contraire, elle carbure aux défis.


Plus loin

«L’engagement fait en sorte que je veux pousser toujours plus loin, réaliser de nouveaux projets chaque année, m’épanouir en tant que personne, et grandir à travers les expériences, explique Marie-Philippe. Ça me permet de créer de nouveaux contacts, de rencontrer de nouvelles personnes et de me faire de nouveaux amis.»

Dynamique, elle veut réaliser de nombreux projets. «Pas question de faire toujours la même chose, lance-t-elle. Je veux toujours aller plus loin. Je ne veux pas m’arrêter là, dans un seul emploi, mais découvrir d’autres expériences.»

Habituée aux engagements dans le Programme d’études internationales (PEI), elle croit bien avoir dépassé les 100 heures en bénévolat à l’école et en dehors de la polyvalente. «Je connaissais tout le monde dans l’école. Tout le personnel me connaissait aussi. Le directeur de la polyvalente, Marc Chamard, m’encourageait, il approuvait mes projets et participait aux événements en encourageant les professeurs à participer aussi. Ça créait un sentiment d’appartenance dans l’école et ça mettait une belle ambiance.»

Marie-Philippe estime devoir à ses parents cette propension à l’engagement envers les autres : «C’est une question de valeurs familiales qu’ils m’ont transmises. Ils m’encourageaient me soutenaient et m’aidaient à peaufiner mes projets.»

Pour elle, la limite de l’horizon, ce n’est pas un mur, mais une simple étape à franchir.

Le lauréat

Éric Dupont: les dons planifiés, une voie d’avenir

Entrepreneur à succès, scientifique dans le secteur de la santé, Éric Dupont ne dirige plus d’entreprise, mais il s’adonne à ses passions dans cette nouvelle portion de sa vie active.

Outre les arts martiaux, le pilotage de son avion ou de son hélicoptère, entre les cours de musique et de chant, il met ses énergies dans la philanthropie.

«Je m’implique depuis 25 ans dans la philanthropie, explique-t-il. Au début, je donnais de mon temps. Par la suite, avec mes entreprises et les revenus qui augmentaient, je pouvais donner de l’argent. Avec le temps, la crédibilité se bâtit et les organisations me demandaient d’être président d’honneur pour des collectes de fonds.»

Au fil des ans, il estime avoir dépassé les 50 présidences d’honneur pour différentes causes, que ce soit les hôpitaux de la région de Québec, la fondation du cœur et bien d’autres encore. C’est d’ailleurs ce qu’il fera le 2 octobre avec Christine Michaud comme coprésident du cocktail-bénéfice de la Faculté de médecine de l’Université Laval.

«Avec des collègues, j’ai pu aider des fondations et des institutions à amasser des millions de dollars, relate-t-il. Mais il y a un quatrième type de philanthropie très important : la philanthropie planifiée. J’en ai fait mon cheval de bataille. C’est ce que j’ai fait il y a deux ans en annonçant que lèguerais 5 millions $ à huit causes qui me tiennent à cœur dont l’Université Laval, le Musée national des beaux-arts et quelques autres.»

Cent-associés

Ce dont il est le plus fier, c’est d’avoir été la bougie d’allumage du programme de dons planifiés Les Cent-Associés visant à réunir 100 donateurs qui verseront au moins un million de dollars dans un fonds au profit de futures générations d’étudiants. Il est convaincu que 100 donateurs, même plus, viendront dans l’organisation au point de dépasser les 100 millions espérés.

«J’aimerais que le million de dollars que je lèguerai à ma mort serve au développement de l’entrepreneuriat dans toutes les facultés de l’Université Laval. Nous sommes actuellement 25. Nous sommes comme les Cent-Associés du début de la colonie. Ils ont donné 1000 écus. Ces 1000 écus aujourd’hui valent aujourd’hui 1 million $.»

Il a aussi légué un autre million au fonds Alfred-Pellan pour les dons planifiés. Le fonds veut amasser 25 millions $ de cette manière dans les prochaines années.

Pour lui, la philanthrope planifiée permettra d’amasser des sommes colossales au profit des arts, de la culture et de l’éducation.

Dons planifiés

«La plupart des gens ayant une bonne indépendance financière pourraient léguer jusqu’à 10 % de leurs avoirs au décès sans pénaliser leur famille ou leur descendance pour aider des causes qui leur tiennent à cœur», estime-t-il.

Cette année, il a voulu aider d’autres facultés de l’Université Laval. Il a fait don de guitares qu’il avait collectionnées à la faculté de musique. Il a fait de même avec plusieurs tableaux offerts à la faculté des arts, des tableaux qu’il a peints, pour que cela puisse servir à financer leurs projets.

«J’ai eu le privilège d’être formé dans trois facultés de l’Université Laval, celles de l’administration, des sciences et de la médecine», ajoute-t-il en précisant l’importance de redonner. «J’essaie d’appliquer les principes des grandes étapes dans la vie, le learn, earn and serve. J’ai appris. J’ai obtenu mon indépendance financière avec les quatre compagnies fondées avec mon frère Luc, dont trois ont été vendues. Et maintenant je peux être au service de causes qui me tiennent à cœur, dans mon après-carrière dans les affaires, où je peux faire une différence parfois modeste et parfois plus importante», conclut-il.