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«J’ai vraiment la chance d’être témoin d’un exceptionnel vivre ensemble», témoigne Virginie Leblanc, qui tient le poste d’intervenante interculturelle chez Motivaction Jeunesse depuis neuf ans.
«J’ai vraiment la chance d’être témoin d’un exceptionnel vivre ensemble», témoigne Virginie Leblanc, qui tient le poste d’intervenante interculturelle chez Motivaction Jeunesse depuis neuf ans.

Virginie Leblanc: en mission pour faire briller les immigrants

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
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Voici Virginie Leblanc, notre lauréate du mois de mars. Pour la décrire, certains vous diront que c’est la meilleure intervenante à Québec. Les nouveaux arrivants sont chanceux de l’avoir.

«Je suis honorée, je pense aussi que ce prix-là revient à la communauté qui brille à travers mes projets. J’ai envie de le partager collectivement avec les jeunes», exprime-t-elle. 

Virginie Leblanc tient le poste d’intervenante interculturelle chez Motivaction Jeunesse depuis neuf ans. Elle travaille aux côtés du directeur général de l’organisme, Luc Richer. 

«Virginie est une véritable bougie d’allumage. J’ai pas mal d’expérience et j’ai rarement vu une coordonnatrice-intervenante se démener et se démarquer dans sa communauté comme elle le fait», soutient-il.

Luc Richer salue entre autres son travail impeccable pendant la pandémie. La COVID-19 est loin d’avoir ralenti «sa meilleure intervenante».

«Elle fait partie intégrante des succès de l’organisme et des bons coups dans le domaine de l’intégration des immigrants au Centre Louis-Jolliet et à Québec», ajoute M. Richer. 

Virginie Leblanc a entre autres réalisé la tenue du Challenge Polaire pendant le mois de février, malgré la situation pandémique. Il s’agit d’une campagne de sensibilisation au vivre ensemble, propulsée par de jeunes ambassadeurs qui se lancent dans une grande expédition sur la route.

«Dès l’automne, j’ai compris qu’il fallait renouveler le concept parce qu’on n’allait nulle part. Le Challenge Polaire est vraiment une campagne de sensibilisation pour mettre en lumière la beauté de l’immigration», rappelle Virginie Leblanc.

Elle s’est donc mise au travail. Activités réinventées, bulles-classes respectées et mesures sanitaires obligées : l’intervenante a mis sur pied un tout nouveau Challenge Polaire, mais qui dégageait les mêmes impacts positifs.

«Le chemin facile était de dire qu’on prend des vacances et qu’on reviendra quand on pourra faire nos activités normalement. Mais les besoins sont tellement présents, les jeunes en ont besoin. Il fallait trouver une solution. Je ne cesse de redoubler de créativité pour mettre en scène les jeunes et la place qui leur revient», insiste Virginie Leblanc.

Une mission

L’essence du travail de Virginie Leblanc est de valoriser l’intégration des nouveaux arrivants par le plein air, créer une rencontre interculturelle positive.

«Tout ça pour que les nouveaux arrivants vivent de bonnes expériences, qu’ils se sentent bien accueillis. Ça dépasse le 9 à 5 du travail. Pour moi, c’est une mission qui a plein de sens.»

Virginie croit sincèrement qu’elle a le meilleur travail du monde, impossible de la faire changer d’avis.

«C’est un emploi gratifiant parce que tu vois au quotidien des étoiles dans les yeux, des rires, des sourires. Voir un jeune Ivoirien faire sa première descente en crazy carpet sur une butte de neige, je souhaite ça à tout le monde. C’est un emploi d’une richesse inestimable. Côtoyer la diversité au quotidien, ça nuance toutes mes réflexions. Côtoyer la différence nous rend moins polarisés, il y beaucoup de gris, moins de noir ou de blanc», confie-t-elle.

L’intervenante travaille surtout avec les jeunes réfugiés, une «clientèle trippante». Ses groupes sont toutefois formés de plein de couleurs. Les premières conversations qu’ils ont tous ensemble concernent la gentillesse et l’accueil des Québécois, plus que tout le reste.

«J’ai vraiment la chance d’être témoin d’un exceptionnel vivre ensemble. Il ne faut pas aller très loin à Québec pour découvrir que les quartiers sont multiculturels. Au Centre Louis-Jolliet par exemple, on ne se concentre pas sur ce qui nous divise. On utilise le français comme langue commune. Le point de départ c’est un objectif de groupe, puis on avance là-dedans. Je vois tellement de tolérance.»

«Les réfugiés, ils sont conscients que la vie est fragile. Ils arrivent et ne veulent plus perdre de temps. Ils veulent saisir les opportunités. Ils apprennent à connaître la culture dans laquelle ils viennent d’arriver, ils pratiquent le français et deviennent éventuellement des leaders. Ils redonnent au suivant», ajoute Virginie Leblanc. 

Avant de prendre la direction de l’université, Virginie était déjà interpellée par la différence. Elle a ensuite réalisé que l’éducation était la porte d’entrée idéale pour saisir les nouveaux arrivants dans un état d’ouverture. 

Cette étape devient déterminante pour influencer le reste de leur vie et assurer une intégration complète. L’intervenante compte donc ouvrir le plus de portes possible.