Charles Morin, lauréat du 21 août 2016

Science et recherche: Charles Morin gagnant

Rares sont les chercheurs qui peuvent se targuer d'être parmi les meilleurs au monde. Charles Morin, lui, le peut. C'est qu'il a été nommé scientifique de l'année dans le domaine du sommeil avec le Distinguished Scientist Award, remis par la Sleep Research Society.
Depuis 30 ans, le psychologue se spécialise dans les problèmes de sommeil et dans les manières de les contrer sans médication. À ses débuts, «il n'y avait pratiquement rien d'autre que les somnifères pour contrer les problèmes de sommeil et l'insomnie, se souvient-il.
Aujourd'hui, le Centre d'études des troubles du sommeil [où il travaille] porte sur une approche sans médication avec la psychologie et les changements de comportement. C'est la personne qui se prend en main en modifiant ses habitudes et en ayant des horaires de sommeil plus réguliers.»
Car après tout, personne n'est immunisé contre l'insomnie. Un tiers de la population en souffrira d'ailleurs à un moment ou à un autre de sa vie, les femmes étant particulièrement atteintes. Dans certains cas, dit-il, la médication peut être utilisée pour stabiliser le sommeil, mais elle doit être perçue comme une béquille temporaire. Le changement d'habitudes et la modification des comportements apporteront plus de succès à long terme, ajoute-t-il.
Gabriel Gagnon-Turcotte, lauréat 17 janvier 2016
Gabriel Gagnon-Turcotte, lauréat 17 janvier 2016
En retournant aux études à l'âge de 21 ans, Gabriel Gagnon-Turcotte a reçu tardivement sa formation en génie électrique. Il n'a par contre pas chômé pour se distinguer des autres étudiants dans le domaine, et ce, dès la maîtrise, en concevant un dispositif sans fil à peine plus gros qu'un ongle servant à étudier l'activité électrique du cerveau des souris de laboratoire.
Recelant un potentiel commercial important, la puce s'est vendue «comme des petits pains chauds» depuis sa présentation aux États-Unis en 2015, se réjouit l'étudiant. C'est que son invention permet d'ouvrir de nouveaux horizons à l'étude des maladies dégénératives du cerveau.
M. Gagnon-Turcotte est aujourd'hui étudiant au doctorat au génie électrique à l'Université Laval, et compte pousser plus loin ses travaux de miniaturisation.
Stéphane Leman-Langlois, lauréat du 28 février 2016
Stéphane Leman-Langlois, lauréat du 28 février 2016
Son expertise, le terrorisme, nous a été grandement nécessaire récemment, et elle le sera malheureusement plus que jamais dans les années à venir.
Stéphane Leman-Langlois est chercheur en criminologie à l'Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en surveillance et construction sociale du risque. Il a reçu en 2015 le prix Beccaria pour son apport à la criminologie, aussi bien dans le domaine de la recherche fondamentale que dans celui de la recherche appliquée.
Depuis 16 ans, il travaille plus particulièrement à mieux comprendre le terrorisme au Canada. Il a notamment mis sur pied une banque de données d'actes terrorismes commis sur le territoire canadien, et a réalisé une étude sur la vulnérabilité des infrastructures canadiennes et les moyens disponibles pour les protéger.
Salma Taktek, lauréate du 8 mai 2016
Salma Taktek, lauréate du 8 mai 2016
Les résultats de recherche de l'ingénieure en biotechnologie Salma Taktek sont si prometteurs qu'ils ont mérité le titre de découverte de l'année 2015 selon le magazine Québec Science.
Réalisés entre 2010 et 2014 à l'Université Laval, ses travaux ont permis l'élaboration d'une solution de remplacement aux engrais chimiques et aux superphosphates en utilisant des bactéries et des champignons mycorhiziens, qui s'associent aux racines des plantes. Une méthode offrant un rendement pour les plantes égal à celui obtenu avec des engrais phosphatés.
Cette découverte réalisée par Salma Taktek, chargée de projet chez Premier Tech à Rivière-du-Loup, permet d'entrevoir une diminution de l'utilisation d'engrais chimiques et de superphosphates, dont la production occasionne beaucoup de déchets.
Yvan Girouard, lauréat du 26 juin 2016
Yvan Girouard, lauréat du 26 juin 2016
Yvan Girouard enseigne les sciences en quatrième secondaire à l'école secondaire Les Etchemins, à Lévis. Mais il ne le fait pas comme tout le monde.
Dans sa classe, des dizaines d'animaux naturalisés lui servent de modèles d'enseignement, et dans sa tête fourmillent des tonnes d'expériences visant à intéresser les jeunes à la science.
Sachant communiquer sa passion à ses élèves, M. Girouard, cumulant 22 ans d'expérience en enseignement, a récemment été désigné comme l'un des 50 professeurs d'exception de la planète par la prestigieuse Fondation Varkey.
Celui dont la classe est toujours ouverte le midi - pour ses élèves qui souhaitent faire du rattrapage ou continuer une expérience - a également reçu le Prix du premier ministre du Canada pour l'excellence dans l'enseignement.
Josée Lupien, lauréate du 6 novembre 2016
Josée Lupien, lauréate du 6 novembre 2016
Elle est la seule femme au Canada et la deuxième personne au Québec à recevoir le titre de LEED Fellow, la plus haute distinction dans l'industrie du bâtiment durable. Un honneur qui n'a rien de bien surprenant si l'on sait que Josée Lupien travaille depuis près de 20 ans selon les principes LEED.
D'après elle, «nous devons avoir une vision d'avenir pour diminuer notre empreinte de carbone et notre consommation d'énergie». En ce sens, elle a contribué à l'un des premiers projets LEED au Québec lors de la construction des pavillons Lassonde de l'École Polytechnique de Montréal.
Et en 2008, elle a cofondé l'entreprise Vertima, qui est devenue au fil du temps une référence à cause de son expertise comme tierce partie capable d'évaluer les produits des manufacturiers pouvant être utilisés dans les projets LEED.
Gaétan Laroche et Diego Mantovani, lauréats du 11 décembre 2016
Gaétan Laroche et Diego Mantovani, lauréats du 11 décembre 2016
En mai 2016 s'est tenu à Montréal le 10e Congrès mondial sur les biomatériaux, le deuxième à se tenir au Canada après celui de Toronto, 20 ans plus tôt. «Nous avions 4065 participants provenant de 60 pays, l'une des plus gra­­ndes audiences pour ce congrès international», affirme le chercheur Gaétan Laroche, organisateur de l'événement avec son collègue Diego Mantovani et Sophie Lerouge, de l'École de technologie supérieure.
Pour cet apport au domaine des biomatériaux, ils ont tous les trois remporté le prix Club des Ambassadeurs du Palais des congrès de Montréal - Fonds de recherche du Québec, remis pour la première fois.
Les spécialistes des biomatériaux ont par ailleurs reçu une bourse de 10 000 $ qui servira notamment à la mise sur pied d'écoles de formation d'été pour les étudiants gradués.