Rock Picard est entraîneur de volleyball des Titans du Cégep de Limoilou depuis 20 ans.

Rock Picard, formateur d’adultes responsables

Être choisi le meilleur entraîneur au Canada parmi tous ceux qui ont été reconnus par l’Association canadienne du sport collégial (ACSC), «c’est une très belle récompense», avoue Rock Picard, à la tête de l’équipe de volleyball des Titans du Cégep Limoilou depuis 20 ans.

Pourtant, tous les succès de l’équipe au cours de l’année, il ne se les attribue pas. 

«C’est à cause des efforts de tout le personnel d’encadrement», insiste-t-il. Ils sont 12, avec lui, à voir au bien-être des joueurs. Le préparateur physique, le psychologue préparateur mental, la nutritionniste, le chiropraticien, le physiothérapeute, les deux aides pédagogiques, les trois aides-entraîneurs, le statisticien, ils font tous partie de ces grands honneurs.

«Le travail, ça ne se limite pas aux parties. Ce sera beaucoup de préparation et de planification avec toute l’équipe de soutien pour que les joueurs soient au sommet de leur forme en février-mars, au moment le plus important de l’année», souligne M. Picard. Ce seront les préparatifs en vue des championnats. Les gens de l’entourage sont avec l’équipe depuis 2004. Ce sera un travail d’équipe, car personne ne peut faire le travail seul dans son coin.

Développement humain

Comme il s’agit d’un programme de sport-études, les joueurs doivent être performants en classe pour s’assurer une place sur le terrain. L’un ne va pas sans l’autre. Il y a des entraînements sur le terrain quatre après-midis par semaine, des séances de musculation en gymnase. Sans compter les heures obligatoires d’étude sous supervision par l’entraîneur, qui a aussi accès à tous les dossiers scolaires des joueurs.

Mais ce qui le réjouit le plus dans cette aventure, qui dure depuis 25 ans comme membre de l’équipe des entraîneurs, c’est le développement humain des athlètes. «Dans plusieurs cas, les gars étaient des décrocheurs au secondaire. Ils finissent leur secondaire parce qu’ils veulent jouer au volleyball. Ils avaient tous une passion pour le volleyball. C’est le sport qui les a tous menés au cégep. Et c’est aussi le sport qui les mène à performer en classe. Plusieurs visent à faire partie de l’équipe du Rouge et Or de l’Université Laval. C’est le sport qui les fait grandir et les rend adultes», expose M. Picard.

Vivre ensemble

Les jeunes arrivent à l’âge de 17 ans, ils passeront trois ou quatre ans, parfois cinq ans à étudier et à s’entraîner. L’encadrement, raconte l’entraîneur Picard, va plus loin que le sport. «Ses gars», comme il les nomme, apprennent à se discipliner, à bien se nourrir, à avoir l’esprit clair et alerte. Lors des tournois et des nombreuses parties à l’extérieur, ils doivent apprendre à vivre ensemble, à se respecter les uns les autres. Ils sont plusieurs heures, des fois une semaine à tout faire ensemble, à tout partager. 

«Toute cette vie collective, ça les fait grandir comme personne, mais sur le coup ils ne s’en rendent pas compte», précise-t-il. «Lorsqu’un ancien vient me voir ici sur le terrain avec ses enfants et qu’il me dit : “Rock, j’ai compris ce que tu voulais me dire”, ça fait chaud au cœur. Nous avons eu une année exceptionnelle, et ils ne se rendent pas compte à quel point c’est énorme ce qu’ils ont vécu cette année. Dans quelques années, ils le comprendront.» Et ça, ça fait sa grande fierté, répète M. Picard à plusieurs reprises pendant l’entrevue.

«La victoire sur le terrain, c’est une chose. Voir les gars réussir leurs études et devenir des adultes responsables, c’est ce qui me rend le plus fier. J’ai vu un jeune décrocheur en secondaire 4 réussir à faire l’équipe pour devenir ingénieur huit ans plus tard. Chaque année, selon une étude que l’on mène ici, j’ai entre sept et neuf gars qui ne seraient plus à l’école s’il n’y avait pas le sport.»

Son équipe a terminé au premier rang de la ligue en saison régulière, en plus de gagner l’or au championnat provincial collégial et de remporter la Coupe de l’Est du Canada et le tournoi senior A de Moncton. En mars, l’équipe des Titans remportait la médaille d’or du championnat canadien.