Marianne Spear veut que la conférence «Ton nom à crédit» revienne au programme l’an prochain.

Quand les finances n’ont rien de sorcier

Même si elle n’a que 17 ans, Marianne Spear veut prendre ses finances personnelles en main et montrer aux autres que ce n’est pas sorcier. Elle se souvient d’avoir commencé à gagner des sous à l’âge de 12 ans en vendant des fraises. Et plus tard en travaillant dans un commerce de beignes et café.

Au début de ses études en septembre dans le programme «conseil en assurances et en services financiers», elle a pris conscience qu’elle aurait pu faire des économies, peut-être même des petits placements. Comme les autres jeunes de son âge, faire un budget, distinguer les avantages d’un compte CELI de ceux des REER, tout cela ne faisait pas partie de son horizon de consommatrice. Elle n’a jamais eu de cours sur les finances personnelles durant son secondaire. Une grosse lacune selon elle.

Dans les premières semaines au cégep, Julie Malo, instigatrice en entrepreneuriat, fait le tour des classes pour parler du Club d’entrepreneuriat du collège. Elle s’y engage, travaille avec les autres à améliorer la structure de l’organisation. Et la voilà assise à la table du conseil d’administration à titre de vice-présidente au marketing. Ouf! Les choses déboulent.

Elle trouve dans le groupe la motivation qui la pousse à voir plus loin. «Oui, dit-elle, un engagement comme cela peut affecter un peu la performance scolaire. Mais cela ouvre tellement de portes pour l’avenir.»

Les notes ont un poids dans le processus d’admission à l’université, mais l’expérience qu’elle a vécue semble bien valoir un pourcentage élevé dans la confiance en elle et la détermination pour la poursuite du parcours.

Elle présente alors un projet de conférence pour démystifier le crédit, l’épargne le budget. Elle a constaté que les autres cégépiens sont aussi méconnaissants qu’elle l’était, il n’y a pas si longtemps.

Dans une page Facebook «Ton nom à crédit», elle réalise des entrevues sur le vif en posant une question simple du genre : un REER ça sert à quoi? Un CELI? Les réponses sont de longues hésitations. Le terrain était donc propice à cette conférence visant à faire la lumière sur des sujets financiers, moins stressants selon l’angle abordé.

Enjouée lorsqu’elle parle du déroulement de l’événement. Confiante, malgré la charge de l’organisation, elle demeure convaincue : il faut qu’il y ait une suite. Motivée, avec une voix ferme et déterminée elle envisage une reprise de la conférence en trois volets l’an prochain.

Pourquoi ne pas faire le tour des écoles secondaires, ou créer un organisme sans but lucratif capable de donner plusieurs vies à cet événement ? Pour Marianne Spear, permettre aux jeunes de devenir non seulement des consommateurs avertis, mais de bons gestionnaires de leur finance personnelle, c’est presque une mission.

Fin mars, ils étaient au moins 70 étudiants dans les salons de la salle Albert-Rousseau. Ils auraient pu être plus nombreux. La prochaine fois peut-être. Mais son projet en trois volets : l’épargne, le budget et le profil de consommateur dans une cadre ludique et simple à comprendre lui a valu l’un des deux coups cœurs l’Association des clubs d’entrepreneurs étudiants du Québec, toutes régions confondues, et une bourse de 1000$ pour réaliser ce premier rêve.

Parlant de rêve, après son parcours de trois ans au cégep et de deux ans à l’université, Marianne se voit planificatrice financière dans sa propre entreprise. Mais son côté humaniste pourrait l’entrainer ailleurs dans le monde de la finance, pour aider les gens à se prendre en main avec le budget et faire les bons choix d’épargne ou d’investissement. Pour elle, toutes les options sont possibles. Elle ne semble pas craindre d’ouvrir telle porte plutôt que telle autre.

Marianne Spear voulait donc partager ses connaissances avec les autres cégépiens de Sainte-Foy. C’est fait, mais elle ne s’arrêtera pas là.

Lauréate: Marianne Spear étudiante au Cégep Sainte-Foy

Occasion : son projet de conférence «Ton nom à crédit» a reçu le prix Coup de Cœur de l’Association des clubs d’entrepreneurs étudiants du Québec (ACEE).