«Nous sommes une compagnie clairement axée sur la croissance», indique Pierre-Hugues Allard, président d Eddyfi Technologies.
«Nous sommes une compagnie clairement axée sur la croissance», indique Pierre-Hugues Allard, président d Eddyfi Technologies.

Pierre-Hugues Allard: transformer les défis en opportunités

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
Le mois d’octobre n’aura pas été synonyme de morosité pour Eddyfi Technologies. Le contexte était plutôt à la fête au sein de l’entreprise québécoise qui a réalisé un tour du chapeau en remportant deux prix fidéides de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec et un Mercure remis par la Fédération des chambres de commerce du Québec, des honneurs qui confirmaient son rayonnement et son excellence.

«Nous sommes très honorés d’avoir récolté ces prix», a mentionné Pierre-Hugues Allard, qui assume la présidence d’Eddyfi Technologies en juillet dernier. «Nous sommes une entreprise qui investit beaucoup en recherches et développement et dans son expansion internationale. Et nous avons gagné des fidéides dans les catégories de la haute technologie et du rayonnement hors Québec et un Mercure au niveau de l’entrepreneuriat grande entreprise [entreprise qui a mis en place une stratégie de croissance gagnante de ses activités ou qui a élaboré un plan de relève efficace ou encore réussi le transfert entre des générations de chefs d’entreprise]. Cette reconnaissance reflète tout le travail de nos équipes et notre succès. C’est très valorisant. Nous en sommes très fiers.»

Fondée il y a une dizaine d’années et ayant son siège social à Québec, Eddyfi Technologie emploie près de 500 personnes. L’entreprise fait des affaires dans plus de 110 pays. Mais en cette période de pandémie, elle a dû faire face à des défis importants à la suite de la chute des marchés pétroliers et des difficultés de l’industrie aérospatiale, deux domaines dans lesquels elle était très présente.

«Il a fallu s’ajuster. Mais on a aussi vu la situation comme une opportunité de transitionner vers une ère encore plus numérique. On s’est adapté au niveau marketing. Et parce que les salons et les foires commerciales ont été annulés, il a fallu être créatif pour trouver des façons alternatives pour pallier à ça. Nous avions aussi l’habitude de faire la démonstration de nos produits en personne chez nos clients. Et nos lancements étaient aussi faits en personne. Mais à cause de la crise, il a fallu le faire via le Web. Ces nouvelles façons de faire nous serviront cependant dans la période post-COVID.

«La crise nous a aussi permis de restructurer l’entreprise afin de la rendre plus efficace avec de meilleures pratiques d’affaires à tous les niveaux, elle nous a poussés à diversifier nos marchés. Et comme nous ne pouvions pas aller rencontrer nos gens dans nos bureaux à l’extérieur du Québec, elle nous a obligés à créer via le Web des évènements mobilisants afin d’augmenter le niveau de communication et de transparence pour garder nos employés connectés et motivés.»

Nommé président d’Eddyfi en juillet, M. Allard n’a pas caché que les honneurs remportés par l’entreprise québécoise augmenteraient probablement les attentes envers l’entreprise. Il a cependant ajouté que la pression qui en résulterait était un facteur de motivation pour tout le monde.

«Nous sommes une compagnie clairement axée sur la croissance. Ç’a toujours été et on va continuer de cette façon-là. Et nous pouvons compter sur de solides partenaires comme la Caisse de dépôt et Novacab. Nous avons les reins solides et les moyens de nos ambitions. Et nous avons fait le nécessaire pour nous restructurer et nous préparer à relancer la croissance dans les mois à venir.»

Même s’il s’est dit très optimiste face à l’avenir, M. Allard a mentionné que son entreprise devait rester prudente, car une certaine incertitude planait toujours quant à la reprise de l’économie mondiale après la crise. 

«Selon nos plans, nous relancerons notre croissance de façon modérée, un pas à la fois. Il faudra s’assurer de créer des fondations solides. Avant de nous lancer trop fortement dans nos initiatives, il faudra être le qui-vive et attendre de voir la situation évoluer. Une chose est sûre, quand l’économie ira mieux, nous serons prêts à mettre de l’avant le plan que nous avons élaboré.»