Le néphrologue Paul René De Cotret avec des élèves à l'Hôtel-Dieu de Québec. «Mon rôle consiste non seulement à leur faire aimer la discipline, mais à les intéresser à aimer apprendre.»

Paul René De Cotret, médecin passionné par l'enseignement

L'enseignement est une passion, tout autant que son engagement comme néphrologue à l'Hôtel-Dieu de Québec. Paul René De Cotret exerce les deux professions conjointement depuis un peu plus de 30 ans.
«Les étudiants en première année de médecine sont fascinés par le cours sur le coeur et la circulation sanguine. Le rein, c'est moins séducteur. Alors, je dois rendre passionnante cette portion de l'enseignement. J'y arrive en me mettant à l'écoute des étudiants et en utilisant différentes méthodes d'interaction. Si je fournis leur connaissance en médecine, eux, ils sont mes professeurs pour développer la pédagogie.»
Son talent de professeur clinicien vient d'être reconnu par l'Association médicale du Québec, qui lui a décerné un honneur bien particulier qui «reconnaît et récompense l'engagement d'un médecin membre de l'AMQ ayant contribué de façon exceptionnelle à la formation des futurs médecins du Québec». Cet honneur s'ajoute au Prix carrière remis chaque année à un professeur choisi parmi toutes les facultés et disciplines de l'Université Laval.
Paul René De Cotret est originaire d'Ottawa, mais a étudié à Montréal en néphrologie. C'est un confrère de classe à McGill, Serge Langlois, qui lui a vendu l'idée de s'établir à Québec, à l'Hôtel-Dieu, hôpital universitaire qui regroupait alors tous les services, toutes les spécialités, ainsi que la recherche et l'enseignement autour des problèmes rénaux. Et il a pris goût à l'enseignement dès 1986.
Sens de l'humour
Aujourd'hui, il retrouve dans ses classes les enfants de ses premiers étudiants. «Ça me garde jeune», raconte-t-il en se rappelant une conversation récente avec une étudiante à qui il demandait son âge. «J'ai 22 ans», répondit-elle. «Moi aussi, j'ai 22 ans, mais depuis un peu plus longtemps que vous», a-t-il rétorqué avec humour.
L'humour semble être un trait marquant de son enseignement. Il fait partie des clés pour établir un bon contact avec ses étudiants. «Mon rôle consiste non seulement à leur faire aimer la discipline, mais à les intéresser à aimer apprendre. Je veux voir dans leurs yeux le ''je veux apprendre'' qui m'indique que le lien est bel et bien établi.» Un lien essentiel pour le reste de l'apprentissage, assure-t-il.
«Habituellement, au retour de la pause, je leur raconte des anecdotes arrivées dans ma carrière ou dans mes premières années de médecine. Ça rend l'enseignement intéressant avec des cas concrets», continue-t-il.
Bien sûr, il y a toute la connaissance à inculquer, mais il ajoute des touches de couleur dans sa façon de faire. Par exemple, si le côté compassion du rôle du médecin n'est pas tout à fait dans son plan de cours, Paul René De Cotret  fait réaliser à ses étudiants le rôle de cette compassion nécessaire devant le patient.
«Chaque session, j'amène un groupe de jeune rencontrer des patients. Ils ont vu et lu sur la maladie. Mais, en ayant le point de vue du patient qui vit la maladie, ils entrent en contact avec des émotions, celles du patient et les leurs. C'est essentiel pour la suite de leur parcours.»
Et pour lui, la relation maître-élève doit être sympathique et plaisante au point de créer des liens forts qui feront que lorsqu'il dira : «Viens voir ça, ça va t'intéresser», l'étudiant aura un intérêt réel avant même d'avoir vu le cas. C'est ce lien fort, estime-t-il, qui rend l'enseignement intéressant. Et c'est le coeur de sa passion d'enseignant.