Arrivée au Québec il y a six ans, la Colombienne Olga Milena Peña Velasquez a dû non seulement apprendre une nouvelle langue, mais aussi faire d’autres études, car sa formation n’a pas été reconnue.

Olga Milena Peña Velásquez, un exemple pour les immigrants

Olga Milena Peña Velásquez est arrivée au Québec en novembre 2011, il y a six ans, avec son conjoint et ses quatre enfants. Orthophoniste dans son pays d’origine, la Colombie, elle a dû non seulement apprendre une nouvelle langue, mais aussi faire d’autres études, car sa formation universitaire n’a pas été reconnue.

Ce fut le cas aussi pour son mari, architecte de formation, qui a dû prendre une toute nouvelle orientation. Et ce, même si les deux parents avaient été acceptés comme immigrants parce qu’ils étaient des travailleurs qualifiés.

Le fils aîné et les deux sœurs jumelles ont eu à prendre le taureau par les cornes pour les études, la culture et la langue. La cadette n’avait que deux ans et elle a vécu une intégration plus aisée dans son nouveau pays.

«Nous voulions un meilleur avenir pour nos enfants. Et nous avons choisi Québec à cause des espaces verts, de la tranquillité et, surtout, parce que les occasions d’emploi étaient très bonnes», affirme Mme Peña Velásquez.

À son arrivée au pays commençait un parcours semé d’embûches, mais sa réussite lui a valu le premier prix reconnaissance Pascale-Clément, remis à une personne immigrante dont le parcours a été exceptionnel tant pour son installation et son insertion professionnelle. Une bourse de 1000 $ est remise à la personne ayant obtenu sa résidence permanente au Canada depuis cinq ans ou moins et qui demeure dans la grande région de Québec.

Pendant quatre ans, elle a dû désapprendre pour réapprendre non seulement une nouvelle langue, mais également pour entreprendre une nouvelle carrière. Les premiers cours d’apprentissage du français ont duré 10 mois. «Mais c’était un français de base», avoue-t-elle. Elle s’inscrit au Centre Louis-Jolliet pour parfaire ses connaissances pendant six autres mois. Elle s’inscrit au cégep Garneau dans la formation pour les immigrants. Malheureusement, elle a dû suivre les cours de base en éducation physique, la philosophie et d’autres cours alors qu’elle est une adulte ayant déjà vécu cet apprentissage.

Persévérance

C’est alors qu’elle choisit d’aller au privé, au Collège Mérici, en éducation spécialisée après avoir été refusée au cégep de Sainte-Foy. Même si elle est entourée de jeunes de moins de 20 ans qui sont moins enclins à faire des travaux en équipe avec une «vieille de 40 ans». Elle persévère.

À la maison, la télévision et la radio s’écoutent en français pour que la famille s’intègre dans sa nouvelle patrie. Et c’est la plus jeune des filles de la famille qui reprend sa mère sur la prononciation de certains mots.

C’est alors qu’arrive le stage au centre L’Évasion Saint-Pie X et que tout débloque. Après son stage, elle est embauchée comme éducatrice spécialisée auprès des enfants de 0 à 5 ans. Le milieu où elle exerce, dans Saint-Pie X, au complexe Bardy, compte plus de 400 logements et une population composée à 68 % de gens provenant de l’immigration. Et elle est la première immigrante embauchée par l’organisme.

Depuis peu, Mme Peña Velásquez a été promue chargée de projet auprès des familles. C’est dans ce contexte qu’elle devient une source d’inspiration et un exemple, car elle peut témoigner des difficultés du parcours, «mais ça se fait avec des efforts et du temps».

Mère de famille, elle sait comprendre les femmes et les immigrants qui font affaire avec L’Évasion en racontant son parcours et ses réussites. Et elle les encourage en étant la preuve d’une réussite d’intégration.

Récipiendaire du premier prix reconnaissance Pascale-Clément, du nom de la directrice du Salon Carrière Formation de 2006 à 2016, remis lors du Salon à une personne issue de l’immigration qui s’est démarquée par son parcours exceptionnel, Mme Peña Velásquez s'est dite «très fière d’avoir reçu cet honneur». «Je sais que je peux aider les autres à prendre leur place ici.»