Michel Laplante insiste sur l'importance des bonnes relations, de l'amitié, de la nécessité de faire confiance, d'être simple dans son approche et de donner l'exemple.

Michel Laplante: simplicité, passion et confiance

La saison de baseball au Stade Canac est terminée. Le président des Capitales de Québec, Michel Laplante, n'est pas encore en congé après une année remplie de rebondissements et d'émotions.
Il y a un an à peine, l'hélicoptère dans lequel il prenait place s'écrasait. Il est le seul survivant, mais il est blessé gravement. Le pilote Frédérick Décoste et le chansonnier Roberto «Bob» Bissonnette sont morts dans l'accident. Un coup dur qui n'a pas mis cet homme K.-O.
Puis, ce sera la grève dans le monde de la construction qui empêche le parachèvement des travaux et l'installation du gazon synthétique à quelques heures du match d'ouverture. Et la pluie abondante dans l'est du continent qui s'amuse à défigurer le calendrier des parties. Ainsi que la venue de l'équipe nationale cubaine de baseball en tournée au Québec et aux États-Unis, suivie de celle de l'équipe des juniors cubains, avec toutes les tracasseries des visas et du vieil embargo des États-Unis contre Cuba.
Du brouhaha et du travail à la tonne, une série d'émotions qui se poursuit avec des records d'affluence et l'apothéose de gagner un championnat pour couronner l'année.
Si la saison est terminée, il est temps de préparer la prochaine. Il y a aussi le dôme pour le stade à mettre en place. N'importe qui aurait besoin d'un peu de repos. Mais Michel Laplante est un passionné de sport... et de la vie.
«Des proches me disent : "Après tout ce qui t'est arrivé, tu mériterais de te reposer". Moi, je réponds qu'après tout ce que j'ai vécu, j'en dois une à la vie. Alors, je redonne à la vie. Je n'ai pas l'impression d'avoir été malmené au point de devoir me reposer. J'ai été chanceux, j'en profite et je redonne le plus possible.»
Michel Laplante pourrait parler pendant des heures de la passion qui le fait vivre. Il insiste sur l'importance des bonnes relations, de l'amitié, de la capacité et de la nécessité de faire confiance, d'être simple dans son approche, de donner l'exemple dans de petites et de grandes choses.
Une poignée de main en guise de contrat
Il raconte la venue de l'équipe cubaine. Il présente le projet aux dirigeants de la Ligue Can-Am. Les gens disent que c'est une bonne idée, qu'une telle chose ne s'est jamais vue en 50 ans. À Cuba, il était seul avec son interprète. Pas d'avocat, pas de spécialistes des relations internationales. Quelques rencontres, et les accords se concluent par une poignée de main.
À son retour, les patrons de la Ligue veulent voir le contrat. «Sans contrat, si les Cubains ne viennent pas, on fait quoi?» lui demandent les dirigeants. «Avec un contrat, s'ils ne viennent pas, vous ferez quoi?» répond Michel Laplante. Les éclats de rire règlent la question. Il faut faire confiance.
De la passion d'une part, et de la confiance mutuelle d'autre part, c'est ce qui façonne l'univers de Michel Laplante.
Dans le monde des affaires, il est rare de voir un président effectuer les tâches d'un subalterne débordé. Lors de plusieurs parties, il s'est transformé en placier pour dénicher trois, quatre ou cinq bancs libres pour un groupe ne trouvant pas de place pour tous dans la section de l'admission générale.
«Quelques textos à des abonnés pour savoir s'ils viendraient plus tard ou s'ils étaient absents. Les places étaient libres. Alors, je faisais le petit train jusqu'à l'endroit libre. Les gens me disaient : "Ce sont les places de M. Tremblay." Oui! Mais ça lui fait plaisir de vous les laisser. Je n'étais pas seul les soirs d'affluence, d'autres membres de la direction faisaient de même», avance M. Laplante.
Pour lui, le succès se fait en équipe sur le terrain comme dans l'administration. Il refuse de porter quelque gloire que ce soit tout seul. Ça fait partie de son concept d'équipe. Mais il faut toujours un leader pour montrer la voie.