Même si Waste Robotic est une jeune pousse, sa croissance se poursuit, puisqu’elle compte neuf employés et de nombreux projets dans ses cartons.

Michel Laforest: le secret le mieux gardé à Québec

Michel Laforest, ingénieur et cofondateur de Waste Robotics, dirige une entreprise qui a remporté les honneurs du Défi des startups de Réseau Environnement à titre de «startup la plus innovante et prometteuse».

Même si la jeune pousse Waste Robotics a pu bénéficier de la vitrine technologique de la ville de Québec pour tester son système robotique de tri des sacs des matières organiques au travers des autres déchets, l’entreprise demeure un secret bien caché.

En plus de l’intelligence artificielle pour la gestion des robots et des systèmes de vision des produits sur un tapis roulant de déchets, le système peut faire beaucoup plus. 

Chaque produit de plastique, de bois, de métal ou d’autres composantes ayant une marque distinctive devant l’œil électronique, une multitude de bras pourrait séparer les éléments à récupérer dans des conteneurs différents et laisser passer ce qui ira à l’incinérateur.

Pour l’instant, l’ensemble technologique de Waste Robotic est seul au monde. «Nous sommes uniques. Personne n’a encore mis au point un système semblable même si des spécialistes en Scandinavie ont développé des techniques intéressantes», soutient l’ingénieur Marc Laforest, cofondateur de l’entreprise avec quatre autres Québécois en juillet 2016.

Technologie unique

Michel Laforest sait de quoi il parle. Il a passé sa vie dans la gestion des «matières résiduelles», dans les déchets, pour le ministère de l’Environnement et pour diverses entreprises, jusqu’à la création de Waste Robotics il y a à peine deux ans.

«Je venais de quitter une entreprise qui avait vendu au Français et qui n’avait pas d’intérêt pour le marché nord-américain. Je savais pourtant qu’il était possible de diminuer les coûts de gestion de la matière organique sans passer par les bacs bruns. Les solutions existaient, mais avec du tri manuel,» explique-t-il.

Michel Laforest n’a pas mis de temps à convaincre Pier Grenon, Jean-Pierre Thibodeau, Éric Camirand et Nicolas Bélanger, les cinq cumulant plus de 100 ans d’expérience dans le génie logiciel, en génie mécanique dans la robotique, dans les sciences de l’environnement ou avec l’intelligence artificielle.

Depuis l’an dernier, la ville de Delano, au Minnesota, utilise leur technique à l’incinérateur de la ville. C’est une solution de ramassage des déchets organiques avantageuse pour une ville, «moins polluante en termes d’émissions de GES, moins de pertes dans la récupération et moins de désagréments pour les citoyens, notamment avec les odeurs, continue M. Laforest.

Sans bac brun

C’est d’autant plus intéressant pour les citoyens qui n’ont pas à gérer un bac brun, car le sac des résidus organiques est mis dans le bac des déchets pour le tri au centre de déchargement. Quant à la gestion du plastique, il rappelle que les sacs peuvent être récupérés pour refaire des sacs recyclés. À moins que la municipalité opte pour des sacs biodégradables.

«À Victoriaville, la municipalité qui en fait le plus pour la récupération obtient des résultats de 65 % avec les bacs. En France, c’est 95 % de récupération avec les sacs. On pourrait atteindre des résultats intéressants ici avec les sacs, notamment dans les édifices à logements, car il n’y a pas de gestion des bacs ni une collecte additionnelle puis que tout va dans le conteneur des déchets», estime M. Laforest.

L’entreprise est en pourparlers avec plusieurs autres municipalités au Québec pour y implanter sa technologie. Elle est qualifiée pour les soumissions pour répondre aux appels d’offres de Québec. La technologie de Waste Robotics est promise à un bel avenir.

«Nous pouvons faire bien plus avec notre système qui peut analyser toute sorte de matières sur le convoyeur. Nous testons actuellement un système robotique pour traiter les déchets de construction. On peut faire la même chose pour le recyclage sur une même chaîne de convoyeur en ayant plusieurs bras robotisés. Pour une municipalité, il y aurait plusieurs avantages.»

Même si Waste Robotic est une jeune pousse, sa croissance se poursuit, puisqu’elle compte neuf employés et de nombreux projets dans ses cartons.