Lucie Grenier pose fièrement devant le chantier qui intègrera les services des hôpitaux de l’Enfant-Jésus et de l’Hôtel-Dieu.

Lucie Grenier: les défis de l’infirmière gestionnaire

Lorsqu’elle a occupé son premier poste de cadre, Lucie Grenier venait d’avoir 26 ans. Elle passe sa carrière dans différents postes de responsabilités alliant les tâches administratives et les soins infirmiers jusqu’à ce qu’elle occupe un poste dans la haute direction du CHA de Québec regroupant les hôpitaux de l’Enfant-Jésus et du Saint-Sacrement en 2006.

Toutes les réformes du monde de la santé, elle les a vécues sur la ligne de front. Aujourd’hui, ayant presque 40 ans de services dans l’univers hospitalier, elle s’attelle à l’intégration des services et du personnel dans la nouvelle entité qui regroupera l’Enfant-Jésus et l’Hôtel-Dieu. Une tâche particulièrement complexe, mais dans laquelle elle met toutes ses énergies et son expertise pour que le projet final soit dans la ligne des meilleurs services dans les meilleures conditions tant pour les patients que pour le personnel.

Carrière en gestion 

Deux ans après avoir commencé son travail d’infirmière, elle songe à se donner des outils pour sa carrière. Pendant qu’elle travaille en soirée dans un régime de sept soirs de travail suivi de sept soirs de congé, elle s’inscrit au baccalauréat en administration à l’Université Laval. «Je voulais ajouter un volet gestion à ma formation d’infirmière», explique-t-elle en ajoutant que le goût de la gestion lui vient certainement de son père qui était dans le monde des affaires.

Après avoir obtenu son diplôme, des postes de gestion s’ouvrent à l’hôpital Saint-François d’Assise. «À cette époque, les postes de chef d’unité étaient occupés par les infirmières les plus expérimentées. J’étais la plus jeune à occuper un tel poste. C’était un virage avec la nouvelle génération qui avait aussi des compétences en gestion. Pour occuper ce genre de poste, ça prend pas mal d’outils; autant des habiletés comme clinicienne que des aptitudes en gestion en plus des qualités personnelles. J’ai eu ce premier poste en 1986», confie-t-elle.

Son plan de carrière se dessinait peu à peu. Elle ira compléter une maîtrise en administration publique à l’ÉNAP pour parfaire ses connaissances. «J’ai eu le meilleur des deux mondes, car comme gestionnaire des soins, je dois connaître autant le volet clinique que la gestion des opérations. Je mets en place de nouveaux services ou je les réorganise. Je parle avec les médecins et je dois être capable de les challenger. J’ai intérêt à connaitre la musique avec un bon bagage clinique pour poser les bonnes questions», affirme-t-elle.

Elle occupera différents postes, que ce soit aux urgences ou à la coordination du bloc opératoire, avant de devenir directrice adjointe aux soins infirmiers à l’Hôtel-Dieu de Lévis, puis directrice. Elle aura travaillé dans tous les hôpitaux du CHU de Québec sauf à l’hôpital Laval devenu l’IUCPQ.

Expériences diversifiées

«Dans ma philosophie de vie, révèle-t-elle, je me suis toujours dit qu’il fallait développer son plein potentiel et se rendre jusqu’où l’on veut aller. C’est pour cela que j’ai pris des expériences diversifiées en gestion avec des niveaux de complexité  différents. Ça me sert aujourd’hui» dans la gestion des changements pour le nouvel hôpital en chantier.

Pour savoir ce qui se passe dans l’hôpital, chaque semaine elle est sur le terrain pour visiter un département, rencontrer les gens afin de savoir ce qui se vit au jour le jour. Et si quelqu’un l’appelle, elle se rend accessible, pas question de laisser quelqu’un en plan ou sans réponse.

Recevoir le Prix Rachel-Bureau, c’est une fierté pour Lucie Grenier. «C’est une grande reconnaissance par mes pairs, car ce sont des collègues qui ont proposé ma candidature. Mais c’est aussi un prix que je partage avec ceux avec qui je travaille. Lorsqu’on réussit dans les projets, c’est que l’on travaille ensemble. Je suis entourée d’une équipe de gens compétents qui donnent le meilleur d’eux-mêmes. Je suis fier de mon parcours et, dans les prochaines années, je veux laisser de bons legs à ceux qui suivront.»