Homme discret, Louis Paquet a été conseiller en placements pour plusieurs entreprises québécoises à succès.

Louis Paquet, dans l’ombre de plusieurs succès d’entreprises

Recevoir le titre d’Officier de l’Ordre national du Québec a été toute une surprise pour Louis Paquet. Une grande surprise, insiste-t-il, lorsqu’il a reçu l’appel du bureau du premier ministre. Il ne savait pas que le mécène Pierre Lassonde et Annie Talbot, présidente-directrice générale de la fondation du Musée national des Beaux-Arts, étaient à l’origine de sa mise en candidature.

Mais en se rappelant la lecture des lettres d’appui, la voix devient plus hésitante, la gorge se noue et les émotions font surface, démontrant à quel point il est touché par cet honneur inattendu.

Dans sa vie de gestionnaire de portefeuilles d’investissements, le comportement des marchés, les facteurs de risque, le potentiel de croissance, la capacité d’innover des compagnies faisaient appel à ses capacités d’analyse, à une certaine logique plus qu’aux émotions.

Et pourtant, lorsqu’il décrit son travail, on comprend que ses analyses faisaient aussi appel au côté humain des affaires, à la capacité des grands patrons de bien gérer les relations dans leur entreprise.

«Lorsque je rencontrais les chefs d’entreprise pour la recherche d’investisseurs, 80 % de l’analyse portait sur le management (la gestion de l’entreprise) et 20 % concernait le produit.» C’est ainsi qu’il évaluait le potentiel des investissements à risque qui pouvaient rapporter gros, ajoutant que «90 % des fonds des clients ne sont pas dans le capital de risque. Il n’y a que de 10 % pour les investissements plus risqués, mais ayant un fort potentiel de rendement», explique-t-il.

Premiers pas

«J’ai bâti ma clientèle de zéro. En 1985, j’ai rencontré Charles Sirois de Télésystème à la demande d’un de mes clients, se souvient Louis Paquet. J’ai fait son premier financement privé de 1,5 million $ distribué au travers de mes clients. Mon idée était de bâtir des portefeuilles sécurisés au maximum avec un petit pourcentage dans des compagnies plus à risque, mais avec de bonnes perspectives d’avenir. La compagnie est devenue un grand succès pour devenir National Paget en 1985 avant de devenir publique en 1986 pour être rachetée par Bell Mobilité. Le rendement a été excellent pour les premiers investisseurs».

C’est ce qui lui a donné la piqûre, de sorte qu’il a participé au premier financement de Franco-Nevada, fondée par Pierre Lassonde. La compagnie était dans l’exploration minière, pour devenir, peu de temps après, une compagnie de redevances minières sur des propriétés. Leur premier achat a été un immense succès, se rappelle M. Paquet.

Des bons coups

«Dans mes bons coups, il y a Mine Virginia avec l’ingénieur-géologue André Gaumont. Je lui ai demandé de prendre la présidence de la compagnie. J’ai mis en place son premier financement et plusieurs autres par la suite jusqu’à la découverte du gisement Éléonore, acheté par Goldcorp. Cette exploitation a créé de nombreux emplois. André Gaumont a généré 1 milliard $ en revenus pour les actionnaires en quelques années.

Médicago fait aussi partie de ses bons coups, comme BioChem Pharma, DiagnoCure, Laboratoires Aeterna et TSO3. Il a canonné de gros coups de circuit, même des grands chelems, mais il précise que la vie courante en finances a été surtout faite de coups sûrs. Parfois quelques échecs aussi concernant les produits, mais de bons rendements boursiers malgré tout.

Louis Paquet a permis la création de richesse, mais il a aussi appris à redonner dans la société. Ça fait partie de ses valeurs. Comme philanthrope, il a soutenu diverses organisations comme le club Kinsmen, la Fondation de l’hôpital Laval, la maison Revivre, la Fondation du MNBAQ et le Challenge Bell.

Louis Paquet a suivi les traces de son père qui avait fondé la succursale de Lévesque-Beaubien à Québec en 1950. À l’âge de 19 ans, en 1969, il travaille avec son père dans différents postes pendant ses études pour l’obtention de sa licence en valeurs mobilières. Conseiller en placements en 1972, il devient directeur de la succursale, en 1981. Elle sera vendue à la Financière Banque Nationale en 1988. Aujourd’hui, sa fille Sophie continue dans le sillon familial.