La médaille d’argent décrochée par Laurie Blouin a peut-être des allures de consécration, mais elle est aussi une confirmation. Celle de son indéniable talent, déjà manifeste depuis son titre aux Mondiaux 2017, qui lui avait valu sa première sélection comme lauréate, il y a moins d’un an.

Laurie Blouin: le triomphe de la «petite guerrière»

Rarement a-t-on vu la même personne nommée lauréate deux fois. Encore moins deux années de suite. Mais certains exploits sont impossibles à ignorer.

Comme remporter une médaille d’argent aux Jeux olympiques. Ce qu’a fait Laurie Blouin, dimanche dernier (lundi en Corée), lors de la compétition de slopestyle disputée en pleines rafales, à PyeongChang.

Contrairement à la grande majorité de ses rivales, l’athlète de Stoneham y a dominé le vent, choisissant la prudence lors de son dernier saut. Un calcul payant.

Elle a aussi maîtrisé l’imposant parcours du parc à neige Phoenix. Une descente aux rampes de six pieds de hauteur et aux sauts gigantesques. Un monstre, même sans le vent. La petite blonde de 5’4’’ a dompté la bête.

Tout ça après une dangereuse chute en fin de parcours à l’entraînement, trois jours plus tôt. La planchiste et ses proches ont craint le pire. Un œil au beurre noir et une petite coupure à la joue sont demeurés les seules preuves de l’accident. Et n’étaient sans doute pas étrangers au commentaire de la championne de la compétition, l’Américaine Jamie Anderson : Blouin est une «petite guerrière».

Son entraîneur, Maxime Hénault, parle d’une athlète à la détermination incroyable. «Laurie, ce n’est pas quelqu’un qui va s’en faire, qui va hésiter. […] De se diriger vers ce saut-là et de le faire de cette façon, ça prend toute une drive», l’encense celui qui la dirige depuis près de 10 ans, en parlant du troisième envol de la descente olympique.

«C’est juste fou ce qui m’arrive, c’est malade», avait dit la guerrière en question, une fois sa médaille au cou. «Ça me prendra encore quelques jours pour le réaliser.»

Quelques jours plus tard, justement, impossible de l’ignorer : sa performance et toute l’attention médiatique vont changer sa vie, du moins un peu. La planchiste de 21 ans a constaté avoir beaucoup de partisans. «C’est fou! Je ne pensais pas qu’autant de personnes étaient derrière moi», a-t-elle dit au Soleil dans un échange virtuel. «J’ai vraiment reçu beaucoup de messages pour me féliciter. J’apprécie énormément!»

La médaille d’argent décrochée par Blouin a peut-être des allures de consécration, mais elle est aussi une confirmation. Celle de son indéniable talent, déjà manifeste depuis son titre aux Mondiaux 2017, qui lui avait valu sa première sélection comme lauréate, il y a moins d’un an.

Malgré son statut de championne du monde, Blouin n’était pas parmi les grandes favorites, en Corée. Peut-être en raison de quelques résultats moyens dans les mois précédents. Peut-être à cause de l’importance encore relative des Mondiaux dans ce sport aux nombreuses compétitions prestigieuses non gérées par la Fédération internationale de ski, comme les X Games ou le Dew Tour. Une question de constance et d’expérience, résume Maxime Hénault.

Mais la voilà médaillée olympique. Et les doutes, s’il en restait, sont dissipés.

Désormais, Blouin fait partie de la prestigieuse liste de médaillés olympiques d’hiver de la grande région de Québec. En compagnie notamment des Gaétan Boucher, Myriam Bédard, Philippe LaRoche, François Drolet, Manon Rhéaume, Dominique Maltais, Kalyna Roberge, Simon Gagné, Marie-­Philip Poulin, Patrice Bergeron, Kim Lamarre...

Et Blouin pourrait ajouter du précieux métal à sa collection: dimanche soir, heure de Québec, s’amorce la compétition de big air (grand saut), avec les qualifications.