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Laurent Dubreuil et ses médailles.
Laurent Dubreuil et ses médailles.

Laurent Dubreuil: un titre tant désiré, un rêve réalisé

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
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Laurent Dubreuil n’a plus besoin de présentation. Ce mois-ci, le patineur a raflé le titre de champion du monde, écrivant une page d’histoire au passage. Il vous prévient tout de suite : il ne compte pas s’arrêter là.

Dubreuil est monté sur la plus haute marche du podium le 12 février à Heerenveen, aux Pays-Bas, devenant le troisième patineur de Québec à s’imposer de la sorte après Gaétan Boucher (1984) et Sylvain Bouchard (1998).

«Je suis bon avec les chiffres, avec les dates, j’ai toujours été attiré par les statistiques, je le savais qu’il y avait juste deux Québécois qui avaient été champions. J’étais très au courant», exprime le patineur de 28 ans, connaissant bien l’ampleur de sa victoire.

«C’est sûr que je suis content. J’essaie de rester stable. Je ne connais pas de trop gros high ou de trop grosses périodes négatives. C’est revenu rapidement à la normale. Je suis quand même très heureux des deux derniers mois, je n’ai jamais aussi bien patiné», soutient-il.

Ce n’est pas la première fois que l’athlète de Saint-Étienne-de-Lauzon se retrouve dans les pages du Soleil en tant que lauréat du mois. En 2012, il devenait le champion du monde junior au sprint de 500 mètres sur longue piste.

Quelques années plus tard, il mérite le même titre pour la même distance, cette fois dans la cour des grands.

«J’ai souvent passé proche de la médaille d’or et là j’ai finalement été capable, raconte le patineur. J’espère que ça va en motiver d’autres. Entre Sylvain et moi, il y a plus de 20 ans. J’espère que ce sera moins long pour le prochain champion du monde de Québec. Surtout avec les installations qui s’en viennent dans la région, ça peut donner de la confiance pour les jeunes qui rêvent de cette carrière.»

Avant le prochain vainqueur québécois, Laurent Dubreuil espère surtout ajouter un autre titre à sa feuille de route. Il continue de viser la plus haute marche du podium.

Humble aveu

Laurent Dubreuil imagine remporter un championnat du monde depuis ses débuts sur les patins, c’était son rêve de jeunesse. Bien honnêtement, s’il se replonge en 2012, il avoue qu’il croyait atteindre le sommet beaucoup plus tôt dans sa carrière.

«Ça a été long, neuf ans. Avec ma trajectoire de carrière, mes dernières années chez les juniors, je pouvais penser atteindre ce niveau-là plus rapidement. Il est arrivé un patineur russe qui a gagné plusieurs courses depuis, un rival que je ne savais pas que j’allais avoir. Ça été dur de le battre.»


« Je n’ai jamais douté que j’y arriverais »
Laurent Dubreuil


Surprise : l’année qu’il accomplit son plus grand objectif sera l’année où il a le moins patiné de toute sa carrière, gracieuseté de la pandémie.

«J’avais patiné à peine plus de deux semaines avant d’arriver en Europe pour les coupes du monde. C’est donc très spécial que je remporte le titre cette année, ça part de l’entrainement qu’on fait depuis deux ans. On a passé beaucoup de temps en musculation. Les gains, je les ai transportés sur la glace. Le travail qu’on a fait a payé.»

Nouveau papa

La fille de Laurent Dubreuil est née en juillet 2019, elle aura deux ans cet été. Depuis son arrivée, le patineur a beaucoup plus hâte de rentrer à la maison après de longues périodes hors du pays.

«Dans les premiers six mois de sa vie, j’ai été là deux mois et demi. Cette année, avec la pandémie, j’étais juste parti deux mois! Ça a été difficile de ne pas patiner et de changer la routine. Côté personnel, c’était génial. J’ai pu profiter de plein de moments avec la famille. Je l’ai vue grandir beaucoup plus que si j’avais eu une saison normale», raconte le papa.

Il est évident que les départs pour les compétitions deviennent plus difficiles. «Je dois beaucoup à mon épouse Andréanne, elle me permet de vivre mes rêves.»

«C’est difficile quand je suis parti, mais je n’imagine pas ma vie d’une autre façon. Il faut que ce soit une passion, c’est beaucoup d’efforts. Ce n’est pas dur pour moi de m’entraîner fort. C’est ma vie de rêve. C’est ce que j’imaginais quand j’avais 5 , 10 ou 15 ans. Je me considère extrêmement chanceux. Quand on trouve ce qu’on aime dans la vie, on ne se tanne jamais.»

Le patineur espère transmettre une quantité innombrable de souvenirs positifs à sa petite fille, Rose.

«Je veux laisser une carrière de fierté et de bons souvenirs, les moments où je suis parti, c’est poche, mais le reste c’est positif et c’est de ça que je veux qu’on se souvienne.»

Pour l’instant, Rose ne fait pas la différence entre une bonne et une mauvaise course. Peu importe le résultat, elle demeure heureuse de voir son papa à l’écran lors des appels par Skype.

«Ça m’aide à relativiser l’importance du sport. Oui, ma carrière est importante, mais c’est moins important que le bonheur de ma famille. De la voir contente quand je fais une mauvaise course, ça m’aide à avoir un équilibre que je n’avais pas il y a deux ans», confie l’athlète.