Laurence St-Germain de Saint-Ferréol-les-Neiges était souriante après avoir terminé sixième samedi dernier en Finlande.
Laurence St-Germain de Saint-Ferréol-les-Neiges était souriante après avoir terminé sixième samedi dernier en Finlande.

Laurence St-Germain: le ski en temps de pandémie

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Laurence St-Germain a trouvé une façon originale de célébrer ses deux meilleurs résultats sur le circuit de la Coupe du monde de ski alpin: s’enfermer pendant 14 jours dans son sous-sol à Saint-Ferréol-les-Neiges, quarantaine oblige…

Elle aurait préféré souligner le tout avec son entourage, mais la pandémie a ralenti ses ardeurs. Heureusement, la COVID-19 n’a pas été un obstacle pour elle en ce début de saison tenu sur le mont Levi, en Laponie finlandaise.

Le retour à la maison de la skieuse de 26 ans ne s’étirera pas trop puisqu’elle retourne en Europe dès le 14 décembre. Une fois son isolement terminé, elle aura une semaine pour voir les siens dans le respect du confinement.

«Il s’agissait de ma seule fenêtre pour revenir passer un peu de temps chez moi. Quand je suis partie, en septembre, j’ai amené mes trucs pour sept mois parce que je ne savais pas si j’allais pouvoir revenir. Je suis contente d’être ici, mais je dois aussi faire attention de ne pas contracter le virus parce que ça retarderait mon retour à la compétition», racontait-elle dans une entrevue téléphonique, bien sûr.

En confiance

Non seulement a-t-elle pu le faire, mais en plus, elle a voyagé le cœur léger, forte de ses plus beaux résultats en carrière grâce à un sixième rang, samedi dernier, et le huitième, le lendemain.

«Mon ski n’a jamais été aussi bon qu’en ce moment. Je suis en confiance. Il s’agit de la première fois où je termine aussi proche du top 5, autant en position qu’en temps. À Levi, je me sentais bien, je n’étais pas intimidée de faire la seconde manche [chaque course de slalom en compte deux] comme je l’ai déjà été. Je sentais que j’étais à ma place, j’étais moins impressionnée», confiait l’olympienne des Jeux de PyeongChang, en 2018, en référence aux filles qui dominent l’épreuve depuis quelques années, notamment l’Américaine Mikaela Shiffrin et la Tchèque Petra Vlhova, gagnante des deux épreuves du dernier week-end.

«Ce que je vise, cette saison, c’est d’être constante, de finir dans le top 10 plusieurs fois consécutives. Si je peux faire des top 5 et un podium, ce serait vraiment bien, mais je ne veux pas trop m’emballer avec mes résultats», précisait celle qui a dominé la scène nationale américaine lors de ses études à l’Université du Vermont.


« Mon ski n’a jamais été aussi bon qu’en ce moment. Je suis en confiance. Il s’agit de la première fois où je termine aussi proche du top 5, autant en position qu’en temps. »
Laurence St-Germain

Parlant d’emballage, elle n’a pas pu profiter de son séjour au nord de la Finlande pour faire le plein de cadeaux.

«J’adore le village, là-bas, mais on n’avait pas le droit d’y aller. C’est plate, parce qu’on y retrouve un bel esprit de Noël et j’en achetais toujours. Je comprends qu’avec la pandémie, le protocole est un peu plus strict qu’en temps normal.»

Ainsi, les membres du Cirque blanc qui se trouvaient en Europe pour des camps d’entraînement ont tous pris le même vol pour Kittilä à partir de Zurich. À destination, tout le monde a été testé par les autorités et a été transporté au même hôtel.

«On n’avait droit qu’à deux skieurs et deux entraîneurs en même temps dans le portillon de départ, alors qu’habituellement, certains pays ont six personnes pour encourager leurs athlètes. On n’a pas à porter de masque en piste, mais dans l’aire d’arrivée, on nous en remet un. Moi, j’avais le mien, on devait le mettre aussi au chalet.»

Si Laurence St-Germain a vite compris qu’il n’y aurait pas de courses en Amérique du Nord, cette saison, elle savait qu’un calendrier européen allait avoir lieu. La prochaine étape de la Coupe du monde se tiendra à Semmering, en Autriche, fin décembre. Des championnats du monde sont aussi au programme, en février, à Cortina d’Ampezzo (Italie).

En parallèle à sa carrière sportive, elle poursuite ses études en génie électrique à l’École polytechnique de Montréal avec l’espoir d’entrer en génie biomédical. Il s’agit de la première session où elle ne rate aucun cours.

«Tout se fait à distance, c’est plus facile pour moi. J’espère qu’il en sera encore ainsi après la pandémie. Je suis inscrite à temps partiel parce que le ski est prioritaire, présentement, mais je suis contente d’avoir des cours à suivre, surtout qu’on passe beaucoup de temps à l’étranger et qu’on ne peut pas vraiment sortir ni visiter les endroits où l’on se trouve, alors j’ai mes cours pour m’occuper.»