Rapidement devenu un pilier de son équipe, «Vicho» ne connaissait rien du Québec et ne parlait pas français lors de son arrivée du Chili en 2014.

La grande odyssée de «Vicho»

Quand il a quitté le Chili en 2014, à l’âge de 19 ans, Vicente Ignacio Parraguirre Villalobos, alias «Vicho», ne connaissait presque rien du Québec et ne parlait pas du tout français. Presque cinq ans plus tard, il s’exprime parfaitement dans la langue de Molière, aura bientôt en poche un baccalauréat en administration des affaires et, surtout, a autour du cou une médaille de bronze des championnats canadiens de volleyball universitaire, remportée il y a quelques jours devant ses partisans avec le Rouge et Or de l’Université Laval.

«J’aurais aimé finir ça avec l’or, mais en même temps, je n’avais jamais gagné ne serait-ce qu’une ronde aux championnats canadiens. La foule était nombreuse, mes parents étaient venus du Chili pour me voir jouer et nous avons battu les Golden Bears de l’Université de l’Alberta en quatre manches. Ce sont de beaux moments que j’ai vécus ici, à Laval, avec mes coéquipiers, et le Québec gardera toujours une place spéciale dans mon cœur. J’y ai appris tellement de choses en tant qu’athlète et en tant que personne», déclare celui qui terminera sa formation ce printemps pour ensuite tenter sa chance au volleyball professionnel. 

Googler «Québec»

Il en a parcouru, du chemin, le jeune homme qui s’était amené à Québec à l’invitation de son compatriote Daniel Cuzmar Grimalt, qui était alors l’adjoint de l’entraîneur-chef Pascal Clément. «Daniel avait joué avec mon frère aîné et il avait donné mon nom à Pascal, qui avait regardé mon match aux Universiades de Kazan, en Russie. Il a aimé ce qu’il a vu et m’a invité à me joindre à l’équipe. À l’époque, je ne connaissais pas le réseau USports. Pour tout dire, je ne connaissais rien du Québec non plus. J’ai écrit «Québec» sur Google et je suis allé voir ce qui sortait!» rigole-t-il.

À son arrivée en septembre 2014, «Vicho» a donc dû s’adapter à une nouvelle culture, apprendre une nouvelle langue et un nouveau style de jeu. «C’était particulier, car le noyau de joueurs du Rouge et Or se connaissaient presque tous. C’est une très petite communauté, alors ils avaient presque tous joué ensemble par le passé», raconte celui qui n’a pas tardé à devenir un pilier de sa nouvelle équipe.

«Ma première année à l’Université, j’ai fait seulement des cours de français. Et à ma deuxième année, j’ai pu prendre la moitié de mes cours de base en anglais et l’autre moitié en français, ça a aidé à la transition», explique le numéro 5, dont la langue maternelle est l’espagnol, mais qui parle aussi un peu l’allemand. 

Il ne lui reste maintenant que deux cours à compléter pour obtenir son baccalauréat et passer à l’étape suivante de sa grande odyssée : vivre de son sport et, qui sait, peut-être participer aux Jeux olympiques avec l’équipe nationale chilienne. «C’est mon plan à court terme : aller jouer pro. Ça fait longtemps que je rêve de vivre cette expérience. Il y a de bonnes ligues en Europe et Gino (Brousseau, l’adjoint de Pascal Clément) a joué plusieurs années en France. Je laisse retomber la charge émotive des championnats canadiens et je regarde ça, tranquillement, pas vite.»

Rêve olympique

Bien sûr, le rêve olympique est encore bien présent dans l’esprit du volleyeur qui a déjà participé aux Universiades de 2013 et 2015 et qui participera en juillet et en août à ses premiers Jeux panaméricains à Lima, au Pérou. «Les Olympiques, c’est le rêve de n’importe quel athlète et justement, cet été, ce sont les qualifications mondiales pour les Jeux de Tokyo, en 2020. Le Chili fait partie des 24 équipes participantes. Les champions de six groupes de quatre équipes passent directement aux Olympiques et, pour les autres, il y a les qualifications continentales. Si le Brésil et l’Argentine se qualifient, on pourrait affronter la Colombie et le Vénézuéla, des équipes qu’on a déjà battues, en qualifications continentales», analyse «Vicho».

Pour les Jeux de Rio, la délégation chilienne avait raté de peu son rêve olympique avec un système de qualification différent. Engagée dans une lutte à finir avec le Mexique, l’Algérie et la Tunisie, l’équipe chilienne avait perdu contre le Mexique, mais battu les deux autres équipes. «Si le Mexique perdait 3 à 1 contre la Tunisie, on se qualifiait pour les Olympiques, mais le Mexique a perdu 3 à 2 et a obtenu la dernière place...», raconte celui qui compte bien aider l’équipe de son pays comme il a aidé celle de l’Université Laval dans l’atteinte de ses objectifs.