Jonathan Lévesque montre son invention, un cœur artificiel nouveau genre.

Jonathan Lévesque: un coeur aussi vrai que celui des humains

Passionné de sciences, Jonathan Lévesque affirme même avoir une personnalité intense en décrivant les huit mois de travail, quasiment jour et nuit, pour mettre au point son cœur mécanique nouveau genre qu’il a présenté à diverses Expo-sciences pendant son secondaire 5.

Cette rencontre scientifique regroupant quelque 600 jeunes du secondaire et du collégial au pays avec leur projet scientifique retenu pour la compétition se tenait à Ottawa cette année. Pour 

Jonathan Lévesque, âgé de 17 ans, il s’agissait d’une deuxième participation à la compétition pancanadienne, chaque fois avec un nouveau projet. La première fois avec un drone conçu pour l’analyse des gaz et la détection des anomalies. Cette année avec un cœur mécanique totalement différent de ce qui existe sur le marché.

«J’ai remporté un prix dans la catégorie innovation et une médaille d’or avec mon cœur artificiel. Le fait d’être parmi les gagnants me donne une bourse d’admission pour m’inscrire dans diverses universités canadiennes, dont l’Université Laval et celle d’Ottawa», raconte-t-il avec fierté.

Déjà à 10 ans, il s’intéressait à la science. «J’ai commencé avec des ordinateurs que je transformais en serveurs. Je voulais trouver des trucs qui seraient utiles pour la maison. Rapidement je me suis davantage intéressé à l’ingénierie», souligne-t-il.

Le déclencheur

L’élément déclencheur de la recherche sur le cœur mécanique est arrivé soudainement lorsqu’une amie proche de sa famille a été victime d’un infarctus deux semaines avant son mariage. 

«J’ai commencé à m’intéresser au système cardiaque de l’être humain pour trouver des manières d’améliorer la situation des personnes qui ont des problèmes avec leur cœur», expose le jeune chercheur.

Pour mettre en œuvre son projet, Jonathan a consulté un anesthésiologiste cardiaque pour comprendre les contraintes à respecter pour la transplantation d’un cœur artificiel. Son cœur artificiel tient dans la paume de la main. Plus petit que ceux qui existent actuellement, il l’a conçu dans sa forme et ses fonctions pour qu’il soit le plus semblable possible au cœur humain avec un poids de 250 grammes seulement,

Il décrit la membrane flexible qui reproduit le mouvement des battements du cœur tout en expliquant les composantes mécaniques invisibles, dont les matériaux biocompatibles, les nombreux capteurs et moteur de la pompe centrifuge moins énergivore que les moteurs utilisés aujourd’hui, mais qui réagit à la demande en oxygène si la personne est au repos ou fait une activité. Il y a même des capteurs qui tiennent compte de l’altitude, car en altitude le cœur doit pomper davantage pour oxygéner le corps.

Un moteur qui s’adapte

«Mon moteur n’a pas qu’une seule vitesse, mais il s’adapte. Puisqu’il consomme moins d’énergie, la personne n’aura pas à porter un sac à dos pour transporter la pile. Elle tiendra dans un brassard et elle sera plus facile à recharger», précise l’inventeur qui veut continuer ses recherches pour améliorer son cœur artificiel. Si tout se déroule bien, ce cœur-là pourrait bien être transplanté un jour dans un corps humain.

Dans cette aventure scientifique, Jonathan admet avoir eu le soutien de ses parents, notamment dans sa période de nuits blanches où il voulait mettre au point le concept et la mécanique de son projet. Les prix ont été non seulement une grande reconnaissance du travail accompli, mais aussi un baume sur les hauts et les bas qu’il a vécu tout au long de sa démarche avant de se lancer dans une première présentation devant des juges à l’Expo-sciences locale.

Expliquer, décrire, faire comprendre, tout cela n’a plus de secret. Ces recherches, souhaite Jonathan Lévesque, devraient lui ouvrir la voie vers une carrière en médecine ou dans un domaine proche des biotechnologies.