«Depuis 11 ans, je vois des jeunes qui découvrent la persévérance par le sport, l'estime de soi, la confiance, le respect des règles et de l'autorité, dit Joé Juneau. C'est comme cela qu'ils deviennent tenaces dans leur progression. C'est comme cela que leur vie change.»

Joé Juneau: éloge de la persévérance

Superhéros de la persévérance, Joé Juneau trouve le terme étonnant, car il se considère comme un simple porte-parole. «Faire son travail avec coeur en donnant le meilleur de soi-même, ça ne fait pas de moi un superhéros», comme ceux des bandes dessinées, répond le natif de Pont-Rouge d'une voix calme et profonde.
Et pourtant, le côté superhéros ressort lorsqu'il raconte comment il a choisi de faire des études en sciences pures, puis choisi une université aux États-Unis pour compléter son diplôme en ingénierie tout en jouant au hockey collégial, sans oublier sa carrière professionnelle et son grand projet du développement des jeunes par le hockey au Nunavik et dans la région de Portneuf.
«La persévérance, ce n'est pas un acquis», ose-t-il. «Ça se développe avec le temps. Je ne crois pas qu'une personne naisse persévérante. Depuis 11 ans, je vois des jeunes qui découvrent la persévérance par le sport, l'estime de soi, la confiance, le respect des règles et de l'autorité. C'est comme cela qu'ils deviennent tenaces dans leur progression. C'est comme cela que leur vie change.»
Lui aussi a découvert la persévérance dans le sport et dans les études en sciences. «J'ai aussi été chanceux d'avoir des professeurs qui m'ont appris à aimer les sciences et les mathématiques. Ce que j'ai vécu dans les études et dans le sport, j'ai choisi de le mettre en pratique dans le programme que j'ai élaboré depuis 2006.» 
Le programme a fait des petits non seulement au Nunavik, mais aussi dans la région de Portneuf, où son programme est mis en oeuvre à Pont-Rouge, sa ville natale, à Saint-Raymond, à Saint-Marc-des-Carrières et à Donnacona.
Apprendre par le sport
Citant un sociologue, Joé Juneau estime que la clef des comportements sociaux s'apprend dans le sport, car il y a le travail d'équipe où il faut compter sur les autres pour arriver à la victoire. Il y a aussi les techniques à maîtriser, ce qui vient avec la pratique et la persévérance. 
En même temps, il y a le plan de match de l'entraîneur, les règles à suivre qui, si elles ne sont pas respectées, mènent au banc des punitions et nuisent à l'effort collectif. «Si on ne respecte pas l'autorité dans le sport, l'équipe peut se diriger vers une défaite au lieu d'une victoire», continue-t-il.
Alors que son programme au Nunavik a perdu une importante subvention qui permettait de former des équipes d'élite pour venir compétitionner plus au sud, Joé Juneau ne perd pas son calme en entrevue. Il persévère pour trouver des moyens de continuer pour permettre aux jeunes de développer des aptitudes sociales en pratiquant le hockey. 
«La décision de couper cette subvention va nécessairement affecter des jeunes», craint-il. «Mais je cherche des solutions pour continuer le travail sur le terrain en apportant des ajustements. Je n'ai pas l'intention de laisser tomber les jeunes.»
Fier des résultats
L'éducation et le hockey, précise-t-il, permettent aux jeunes participant au programme de développer des aptitudes et des attitudes qui leur serviront tout au long de leur vie. «Je suis fier des résultats atteints jusqu'à maintenant», assure Joé Juneau. «J'ai vu des jeunes changer et se prendre en main. Certains sont maintenant dans le programme comme entraîneur. Pour prendre des jeunes de différents villages, qui n'ont jamais joué ensemble et pouvoir faire de 16 jeunes un groupe d'élite en neuf jours pour gagner un tournoi provincial bantam pour une équipe et pee-wee pour l'autre, ça ne se réalise par uniquement pas le talent. Il faut des efforts et de la persévérance.»
Les résultats de ces efforts et de cette persévérance dans l'apprentissage, ils se traduisent par la fierté, l'estime de soi, la confiance. Et tout cela aide à construire de meilleures personnes dans leur communauté, insiste Joé Juneau.