Lorsque Me Jocelyn Vallerand a franchi les portes du Relais d’Espérance en 1980, il ne se doutait pas qu’il allait s’embarquer dans une aventure de 38 ans avec cet organisme communautaire. «Il y a beaucoup de choses dans la vie qui sont le fruit du hasard.»

Jocelyn Vallerand: L'aventure inattendue de l'engagement

Lorsque Me Jocelyn Vallerand a franchi les portes du Relais d’Espérance en 1980, il ne se doutait pas qu’il allait s’embarquer dans une aventure de 38 ans avec cet organisme communautaire. «Il y a beaucoup de choses dans la vie qui sont le fruit du hasard.»

Jeune avocat, Jocelyn Vallerand n’avait pas de ligne directrice pour sa carrière lorsqu’il a commencé à pratiquer le droit.

Au départ, il était là seulement pour rédiger les règlements généraux de l’organisme, mais la présidente et fondatrice du Relais, Denise Goyette, voyait plus loin en ce qui concerne l’implication de M. Vallerand.

«Quand tu commences ta carrière en droit, tu ne te vois pas t’impliquer dans une cause bénévole pendant plusieurs années, mais Mme Goyette avait sa façon de convaincre les gens et elle m’a un peu forcé la main pour que je reste.»

Le jeune avocat ouvre rapidement les yeux sur ce que font les gens au Relais. Et une nouvelle motivation s’anime en lui.

«De voir tous ces gens travailler bénévolement pour sauver des vies, c’est exceptionnel. Quand tu es dans la mi-vingtaine, tu ne penses pas vraiment aux problèmes que peuvent vivre les autres dans la société. J’ai vu avec le Relais une facette de la réalité que j’ignorais auparavant.»

Sans être un intervenant de première ligne auprès de la clientèle de l’organisme, l’avocat s’est engagé à aider le Relais d’une autre façon.

«Mes forces ne sont pas sur le terrain avec les gens, car mes aptitudes sont davantage en lien avec la gestion. C’est très bien ainsi, puisque pour qu’un organisme fonctionne bien, il faut une structure bien définie. Nous avons des intervenants dévoués auprès de notre clientèle et je ne veux pas qu’ils se soucient des problèmes de gestion et d’argent. Ça, c’est moi qui m’en charge.»

Me Vallerand se réjouit aujourd’hui d’avoir contribué à l’expansion de l’organisme, même s’il est conscient que des défis importants existent toujours.

Le souci de l’argent en fait partie, mais aussi, et surtout, la visibilité.

«Nous sommes connus, mais nous avons besoin de plus de visibilité. Nous pouvons par contre nous compter chanceux d’avoir un immeuble de 10 000 pieds carrés avec une hypothèque moins couteuse qu’un loyer.»

Cet immeuble, le Relais le doit en partie à l’implication de l’ancien maire de Québec Jean-Paul L’Allier. En 1996, ce dernier a été invité à une activité-bénéfice. Marqué par la mission de l’organisme, il a mis en contact Me Vallerand avec des gens de la Ville pour leur trouver un immeuble.

L’organisme peut également se targuer d’avoir une bonne place au sein du réseau des cégeps et des universités, qui leur envoient des stagiaires chaque année. Ces étudiants se voient offrir une occasion de développer leurs compétences professionnelles en travaillant directement avec la clientèle du Relais.

Au mois d’août, Me Vallerand a vu son implication reconnue par l’Assemblée nationale. Touché par cette récompense, il a tout de même exigé que la remise de la médaille se fasse au Relais, plutôt qu’à la colline Parlementaire.

Récompense collective

«On veut me reconnaître pour mon implication au Relais, ça doit donc naturellement se faire au Relais. Il y avait une question de visibilité : on en manque et il nous en faut. Et grâce au reportage qui a été fait, on a vu une belle fresque murale qu’un de nos bénéficiaires a fait et qui met en valeur le Relais.»

«Le Relais d’Espérance, ce n’est pas moi seulement, c’est le président, mais surtout nos bénévoles et employés qui travaillent tous les jours à redonner de l’espoir aux gens afin de leur sauver la vie.»

Pour Me Vallerand, il n’était pas question que cette cérémonie soit un énième 5 à 7 ou un rassemblement avec des politiciens. De son propre aveu, il souhaitait un «party» avec les gens de l’organisme pour célébrer le travail accompli au fil des années.

Le Relais d’Espérance a été fondé au début des années 80 par Denise Goyette. Son objectif est d’accueillir des gens vivant des difficultés psychologique, sociale, physique et économique. Offrant une pluralité d’activités et services à sa clientèle, l’organisme souhaite aider ces gens à réintégrer la société.