Jean Mathieu travaille depuis près de 40 ans dans l’univers du logement social.

Jean Mathieu: l’antidote à une crise du logement

Jean Mathieu a passé sa vie à côtoyer le monde des coopératives d’habitation, des organismes sans but lucratif depuis la fin des années 70, incluant un passage à la Société d’habitation du Québec. Depuis 2002, il travaille pour la Ville de Québec à la division des projets majeurs et de la mise en valeur du territoire en ce qui concerne les logements abordables.

Des logements coopératifs et d’autres abordables, il en a vu naître des milliers dans sa carrière. L’objectif, lorsqu’il était au sein des organismes communautaires ou dans la fonction publique, était toujours le même : faire en sorte que les gens à faible revenu, les personnes seules, les familles monoparentales, les personnes vulnérables puissent avoir un logement convenable.

Cela faisait partie de ses valeurs d’entraide et de respect de la dignité des personnes. Des valeurs qu’il a apprises dès son plus jeune âge dans sa famille immédiate et dans la famille élargie où ses parents, ses oncles et ses tantes prenaient soin des autres dans le besoin ou encore des gens qui vivaient des situations difficiles.

Des sourires

«Mon bonheur, expose-t-il pendant l’entrevue, c’est de voir les sourires des locataires, les clefs à la main, qui prennent possession d’un logement décent dans un milieu sécuritaire adapté à leurs besoins. Je sais que l’isolement sera brisé, que les personnes se sentiront bien dans leur nouveau milieu de vie.»

M. Mathieu prend le temps de raconter son parcours dans ce monde du logement social où les gouvernements fédéral et provincial se sont engagés financièrement, ou se sont désengagés au fil des ans. Un parcours qui est le sien, mais aussi celui de l’histoire des enjeux financiers et politiques variant selon les époques et les priorités des élus.

Et aussi une histoire de la Ville de Québec à une époque où les coopératives ont permis la revitalisation des quartiers, comme Saint-Jean-Baptiste, là où les logements étaient délabrés et soumis à l’appétit des propriétaires.

Il se souvient de l’époque du maire Jean-Paul L’Allier qui avait à cœur la création de logements décents pour la densification des quartiers centraux, de l’aide des programmes fédéraux et provinciaux gérés par la Société d’habitation du Québec. Il note aussi la participation de la Société municipale d’habitation de Québec et les engagements de la Ville. Sans oublier les pressions des groupes communautaires qui avaient à cœur la vitalité de leur quartier.

Et l’actuel maire, Régis Labeaume, montre aussi un intérêt pour les logements sociaux et la densification des quartiers existants. À tel point que la Ville lancera une vaste consultation sur le logement durant les prochains mois.

Un antidote

M. Mathieu souligne les efforts de la Ville. Entre 2002 et 2018, 5100 logements ont été construits par l’entremise du programme québécois Accès Logis. Il ne sait pas encore ce que sera l’avenir du programme, mais sa préoccupation l’amène à souhaiter que les actions entreprises se poursuivent, car les besoins de logements convenables sont toujours aussi présents.

C’était une époque où le taux d’inoccupation des logements était à son plus bas, environ 1 %, laissant les locataires aux prises avec des hausses de loyer difficile à avaler. C’est ce qui a fait dire aux gens d’Action-Habitation de Québec :  «Jean Mathieu est l’antidote par excellence à une crise du logement.» Sa compréhension des enjeux a permis à de nombreuses personnes d’éviter le pire. 

Recevoir le prix Régis-Laurin a étonné et réjoui M. Mathieu. Lorsque la directrice de son département l’a avisé qu’elle soumettrait sa candidature pour cet honneur, Jean Mathieu ne voulait pas. Avec des appuis de l’extérieur, il a finalement accepté que les efforts de sa carrière méritaient d’être reconnus.