L'historien Jean-Marie Lebel continue d’apprendre pour transmettre ce qu’il découvre.

Jean-Marie Lebel: le curieux voyageur dans le temps

L’historien Jean-Marie Lebel a déjà reçu des prix et des mentions. Il a même été honoré par l’Assemblée nationale. Des honneurs qui lui ont fait un grand plaisir. Mais le Prix des Dix, c’est autre chose; comme un cran de plus dans l’indice du bonheur, car ce prix annuel lui a été remis par ses pairs pour souligner l’ensemble de sa carrière.

Enseignant, auteur, chercheur, chroniqueur, Jean-Marie Lebel a exercé différentes facettes de son métier d’historien. Il définit ainsi sa passion : «Je suis un curieux voyageur dans le temps. Je raconte ce que j’ai observé, ce qui m’a étonné, indigné ou émerveillé».

Pour raconter l’histoire, il faut savoir apprendre. Justement, c’est ce qui le motive depuis l’enfance. «Enfant, les livres que je préférais étaient les manuels d’histoire. Je voulais apprendre tout ce que je pouvais sur l’histoire», affirme-t-il avec conviction.

Il a donc continué d’apprendre inlassablement jusqu’à l’université, et encore plus après. Même aujourd’hui, il ne cesse de vouloir apprendre. C’est ce qui a coloré la première partie de sa carrière.

Pourquoi apprendre tout le temps? «Il faut apprendre pour savoir transmettre», précise-t-il. «J’ai mis 20 ans à maitriser mon métier. Et c’est à 41 ans que j’ai compris que je maîtrisais ce que j’avais accumulé comme savoir et comme connaissances. Pour transmettre, il faut aussi apprendre à communiquer, mais ce n’est pas en trois années d’université que l’on apprend cela.» Cet art s’est développé au fil des ans.

Apprendre et transmettre

Il faut savoir communiquer non seulement pour transmettre, mais aussi pour vulgariser l’histoire, pour lui donner une âme. S’il parle de personnages morts depuis longtemps, admet-il, ceux-ci prennent vie dans ses discours, dans les traces qu’ils ont laissées dans leur quotidien jusqu’à aujourd’hui.

À 61 ans, apprendre et transmettre sont encore les deux mots marquants de sa carrière qui se poursuit toujours dans différents milieux, dans des conférences, dans des écrits. Il le fait aussi pendant l’entrevue dans la classe où il se prépare à parler des premiers ministres canadiens et québécois. Dans sa présentation, il redonnera une voix aux personnages historiques, car ceux et celles qui arrivent dans l’auditorium veulent eux aussi en apprendre plus.

«Il y a deux manières de raconter l’Histoire», ose celui qui aime apprendre depuis toujours. «On peut donner des faits bruts et laisser les gens se faire une opinion. Ou encore, exposer les faits, les mettre en contexte, raconter ce que j’y ai découvert. Lorsque je raconte la pendaison de Louis Riel, je suis indigné aujourd’hui, comme je l’aurais été si j’avais été sur place. Je constate que les gens veulent les faits et mon opinion. Et je sais très bien qu’ils sauront construire leur propre opinion dans tout ce que j’aurai exposé».

Dans l’ère de l’instantanéité, des nouvelles en continu et des réseaux sociaux, il constate un engouement plus grand que jamais pour l’histoire. Il en donne pour preuve les 21 400 abonnés et amis de la page Facebook de la Société Historique de Québec. Sans compter les activités des 13 sociétés d’histoire des municipalités fusionnées de la grande ville de Québec, elles qui n’ont jamais cessé d’attirer des milliers d’amants de l’histoire dans leurs activités. Depuis 20 ans, son enseignement se poursuit à l’Université du troisième âge de Québec de l’Université Laval devant des centaines de personnes session après session.

Comme Jean-Marie Lebel ne cesse d’apprendre, il ne veut pas arrêter de transmettre ses découvertes. Il prépare un nouveau livre qui s’intitulera Mes fantômes du Vieux-Québec pour faire vivre d’autres personnages méritant d’être connus.