Ian Gailer, le directeur général du Festival de cinéma de la ville de Québec, aurait préféré que toute l'équipe soit nommée lauréat, car selon lui le succès n'est pas le fait d'une seule personne.

Ian Gailer, l'homme qui aime rencontrer des gens

Ian Gailer est arrivé au Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ) parce qu'il avait comparé Lynda Beaulieu à la vedette du hockey Guy Lafleur à cause de son talent, de sa créativité et ses capacités d'organisatrice.
Il travaillait alors pour le Festival Regard à Saguenay, un festival international du court métrage. C'était en 2015. «Est-ce que ça te tenterait de jouer avec Guy Lafleur?» lui lance Lynda Beaulieu pour l'inviter à la direction du FCVQ. 
Deux ans de travail et trois festivals plus tard, M. Gailer explique le succès du jeune festival par une maxime : «Nous sommes meilleur que l'an dernier, mais moins bon que l'an prochain». 
Pour lui, le festival est comme une jeune pousse en affaires. La croissance doit être constante. Surtout pas en dents de scie avec ses hauts et ses bas. La montée doit suivre une pente ascendante progressive.
Chose certaine, il aurait préféré que toute l'équipe soit nommée lauréat, car le succès n'est pas le fait d'une seule personne, mais d'une équipe. «Nous passons tellement de temps ensemble. Nous sommes une belle gang. Nous nous amusons ensemble. Nous rions. Nous nous cassons la tête. Et nous pleurons ensemble.» 
Et il ne veut surtout pas oublier «Bill», Olivier Bilodeau, qui a fondé le festival. «Lui, c'est l'artiste. Moi je suis celui qui trace la ligne de démarcation entre l'Église et l'État, entre les arts et les affaires», confie-t-il.
Québec est une ville d'événements, une ville festive. Il y a les grands et les incontournables comme le Festival d'été et le Carnaval qui donnent le ton aux nombreuses autres organisations qui font rayonner la ville à l'international. Un festival qui s'installe doit nécessairement suivre la voie que la population souhaite vivre en terme d'événement et de divertissement. «Les gens ont le droit d'avoir des moments festifs qui leur ressemblent, qui leur font du bien, qui les rendent heureux», estime-t-il.
«C'est aussi une ville d'histoire, de patrimoine et de culture, continue--t-il. Il ne faut pas oublier les autres formes d'art avec le FCVQ. Si le cinéma est le septième art, il y en a six autres avant lui. Alors, nous avons choisi d'allier l'histoire, le Vieux-Québec, la musique, la bande dessinée avec nos présentations.»
Formation éclectique
L'organisation d'événements, il a ça dans le sang. «Je suis un gars de party. J'ai commencé ça quand j'avais 12 ans parce que je voulais voir des gens et rencontrer des blondes», explique-t-il, sourire en coin.
Sa formation éclectique l'a amené à toucher à tout, au monde des médias, aux arts, au marketing, à la finance et à la comptabilité. Il se considère comme un facilitateur. Celui qui connaît quelqu'un qui peut le mettre en contact avec un George Lazenby, l'acteur ayant incarné James Bond dans le film Au service secret de Sa Majesté.
«Mon plaisir, avoue-t-il, c'est de connaître et de rencontrer des gens. Sans le festival, je n'aurais pas connu Agathe, de Limoilou, ni Lazenby, ni le maire Labeaume et de nombreux autres bénévoles.»
Pour lui, un festival existe pour rendre la ville vivante et la faire rayonner. Alors, il reprend le bâton de pèlerin pour rencontrer encore plus de personnes sur son chemin d'ici le prochain Festival de cinéma.