Germain Lamonde a lancé EFXO avec l’intention d’en faire un leader mondial. «On a atteint tous nos objectifs et, dans certains cas, on les a même dépassés», fait-il observer.

Germain Lamonde: à la hauteur de ses ambitions

Quand il a lancé EXFO en 1985, Germain Lamonde avait déjà l’ambition de devenir un numéro un mondial dans son domaine. Il peut dire mission accomplie depuis le début des années 2000 et ses efforts ont été récompensés en 2018 quand la firme Ernst & Young lui a remis le prestigieux prix de l’entrepreneur de l’année au Canada.

Dès son plus jeune âge, Germain Lamonde se destinait au monde des affaires. La fibre entrepreneuriale était en lui bien avant la fin de ses études à l’Université Laval. «Pour moi, ça a toujours été clair que j’allais me lancer en affaires. J’ai débuté en élevant des lapins sur la ferme, ensuite j’ai opéré une disco-mobile. L’occasion de lancer mon entreprise s’est présentée dès la fin de mes études de maîtrise», raconte-t-il à propos de la naissance d’EXFO dans son appartement de la rue Joffre.

«Au départ, nous avions fait un plan stratégique pour les cinq premières années d’EXFO. Nous avions des ambitions très élevées, mais je dois vous dire qu’on a atteint tous nos objectifs et que, dans certains cas, on les a même dépassés», explique M. Lamonde en entrevue avec Le Soleil. «Notre but était de devenir un leader mondial. Ça a pris 16-17 ans, mais on y est arrivé», indique celui qui demeure toujours le président exécutif du conseil d’administration d’EXFO après avoir laissé la présidence et la direction générale entre les mains de Philippe Morin en 2017.

Numéro un

L’entreprise est numéro un mondial dans le domaine de la fibre optique, parmi les cinq leaders dans le domaine des systèmes sur réseau et parmi les deux plus importantes entreprises pour les tests de réseaux à très haute vitesse. Comme plusieurs entreprises qui réussissent, M. Lamonde avoue avoir reçu de nombreuses offres d’investisseurs intéressés à en faire l’acquisition. «J’ai certainement reçu plus d’une centaine d’offres d’achat. Mais pour moi, c’est très important de continuer à construire une organisation qui fait qu’au Québec, on a des entreprises qui sont des leaders dans leur domaine.»

EXFO gère un chiffre d’affaires annuel de 300 millions $ et engage 2000 personnes à travers le monde, dont 700 au Québec. Ce n’est cependant que 1 % de son chiffre d’affaires qui se réalise dans la Belle Province. «On ramène au Québec de l’argent de plusieurs endroits dans le monde», souligne-t-il.

Aujourd’hui, c’est 40 % du marché d’EXFO qui est consacré aux appareils qui servent à tester les réseaux de télécommunications. «Nous sommes vraiment l’un des plus importants joueurs dans le domaine de la surveillance des réseaux de télécommunication. Par exemple, pour des clients comme AT&T et Verizon, on analyse en temps réel des centaines de milliards de bits par seconde pour trouver les défaillances», indique M. Lamonde.

Pour l’homme d’affaires, créer de la richesse est devenu une responsabilité. «On a la chance d’avoir un système de santé et d’éducation qui a permis à mes six frères et soeurs et à moi, tous élevés sur une ferme, d’aller à l’université et de réussir. Il n’y a pas beaucoup de pays où c’est possible, alors je pense que c’est très important de redonner à la société.»

Ainsi, EXFO est toujours très engagée dans la campagne de financement de Centraide. «Chaque année, nous remettons près de 250 000 $ à l’organisme. Pour nous, c’est une façon d’être un bon citoyen corporatif», poursuit celui qui avait également fait un don personnel d’un million $ à l’Université Laval en 2017 pour appuyer la relève en science et en ingénierie. 

Rendre à la communauté signifie aussi, pour M. Lamonde, s’engager dans des organisations comme le conseil du numérique, qui aide le gouvernement québécois à voir les grandes tendances sur l’horizon 2022-2025, ou alors l’Évolution des services en nuage dans le corridor Québec-Ontario pour la recherche et l’innovation (ENCQOR), qui vise à faire du Canada un joueur clé dans ce domaine. L’homme d’affaires est actuellement le président de ces deux organisations.